Depuis quelque temps, je reçois des messages de personnes qui pensent que je participe au tourisme de masse dans les Cyclades.
Si j'avais réellement une telle influence, j'en serais presque flattée : cela voudrait dire que des milliers de voyageurs choisissent leur destination uniquement parce que je leur en parle. La réalité est bien plus modeste.
Depuis plus de dix ans que j'anime Visiter les Cyclades, je défends exactement l'inverse.
Je parle de slow tourisme. Je conseille de rester plusieurs jours, voire plusieurs semaines sur une même île plutôt que d'enchaîner cinq destinations en une semaine. J'ai la chance de pouvoir travailler à distance et, lorsque je viens en Grèce, j'y reste souvent au minimum un mois. C'est cette façon de voyager que j'essaie de transmettre : ralentir, prendre le temps, vivre au rythme grec plutôt que de consommer des lieux.
Les plages remplies de sunbeds hors de prix, les restaurants qui ressemblent à ceux que l'on retrouve partout dans le monde ou les adresses pensées uniquement pour Instagram ne me font pas rêver. J'ai plutôt tendance à les éviter.
C'est aussi pour cela que j'aime tant Tinos. On y retrouve encore une Grèce simple, vivante et profondément authentique.
L'image qui résume le mieux ce que j'aime, ce sont ces hommes âgés qui jouent au backgammon sur une chaise en bois, devant un café, pendant des heures. Personne n'est pressé. Personne ne cherche à produire une photo parfaite. La vie suit simplement son cours.
Quand je suis à Tinos, je passe l'essentiel de mon temps avec des Grecs. J'aime apprendre leur culture, discuter avec les habitants des petits villages, écouter leurs histoires et comprendre leur quotidien.
Je préfère mille fois une petite taverne familiale à un restaurant qui mise davantage sur son image que sur son accueil.
C'est précisément cet esprit que j'essaie de raconter dans mon magazine : les portraits de locaux, les traditions, les artisans, les histoires des habitants des îles, mais aussi celles des Français qui ont choisi d'y construire une nouvelle vie.
Enfin, il ne faut pas oublier une réalité essentielle : les habitants des Cyclades vivent en grande partie du tourisme. Le sujet n'est donc pas de savoir s'il faut des visiteurs ou non, mais quel tourisme nous souhaitons encourager.
Si mes articles donnent envie de découvrir les Cyclades, j'espère surtout qu'ils donnent envie de les découvrir avec respect, de prendre son temps, de rencontrer ceux qui y vivent et de contribuer à l'économie locale plutôt que de consommer les îles comme un produit.
Alors, quand on me dit que je participe au tourisme de masse, je pense surtout que mon message n'a pas été compris. Depuis le premier jour, mon objectif est exactement l'inverse : montrer qu'on peut voyager dans les Cyclades autrement.
Aucun post

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.