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Virginie Dessine Newsletter · Feb 15, 2026

Ma première collaboration #35

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Virginie Dessine Newsletter · Virginie Dessine Newsletter

Bienvenue dans cette newsletter gratuite, écrite et illustrée sans IA. Je partage mon cheminement d’artiste autodidacte, mes projets et mes sources d’inspiration.

Cette semaine j’étais en pause jeudi après-midi et vendredi, j’ai passé une grande partie de mon temps libre devant ma table de dessin et je me rends compte combien la main est un muscle comme un autre. Une fois échauffée, les gestes sont beaucoup plus sûrs et aisés. J’ai terminé (enfin je crois) la série sur laquelle j’ai travaillé ces dernières semaines. Il me manque encore des titres à trouver (je rejoins mon amie Catherine, les titres sont loin d’être anecdotiques).
Plutôt que de demander “où vais-je ? dans quel état j’erre ?” en refermant cette série, je me suis lancée dans l’esquisse d’un couple de danseurs et je me suis rendue compte que leurs têtes étaient légèrement disproportionnées par rapport au reste de leur corps (d’où l’expression “avoir la grosse tête”), j’ai fini un dessin resté en rade sur mon bureau et le résultat ne m’a pas convaincu ….la magie n’opère pas à tous les coups, loin de là.
Hier, je me suis rendue compte que j’étais en rupture de blocs de papier de format carte postale, une raison pour sortir de ma tanière et aller dans le magasin de Beaux Arts où je me ruine régulièrement (car oui globalement le coût du matériel pour le dessin et la peinture est assez élevé). Je suis ressortie avec les blocs de papier en question mais aussi avec deux tubes de gouache extra-fine (rien à voir avec la gouache de l’école primaire). J’ai hâte d’expérimenter les idées que j’ai en tête ! Ce dimanche matin, j’ai bossé sur un collage de plusieurs illustrations sur le modèle de l’affiche du Café Crema…

et me voici devant mon écran pour vous raconter ma première collaboration.

En janvier j’ai été contactée par Lyon City Crunch, un site de bons plans lyonnais avec comme proposition : illustrer leur prochaine pochette surprise édition hivernale. Cette pochette a le format d’une mini enveloppe et son concept est le suivant :

La Pochette Surprise de CityCrunch c’est 5 cadeaux à aller consommer dans nos adresses lyonnaises coups de coeur. Bars, restos, activités insolites : tout y est, mais chut, le contenu reste top secret jusqu’à l’ouverture ! Tous les 3 mois, une nouvelle édition vous permet d’explorer la ville, de découvrir de nouvelles adresses à Lyon et de vous régaler entre amis ou en amoureux.

L’équipe m’a communiqué quelques indications à savoir une ambiance hivernale, des dimensions pour la version imprimée, une disposition des différents éléments qui laisse suffisamment de place pour insérer du texte (un titre et des mentions). Si vous jetez un œil à mon portfolio, vous remarquerez que je dessine beaucoup plus de scènes ou de natures mortes estivales et que je choisis principalement des couleurs chaudes. J’ai donc commencé par chercher des associations de teintes plus hivernales (les gribouillis dans mon carnet à gauche ci-dessous).

J’ai réfléchi à tout ce qui évoquait pour moi, dans un intérieur, l’hiver : les plats comme les boissons, les douceurs comme la déco ou les objets. J’ai repris aussi des éléments qui reviennent souvent dans mes illustrations : des mains, une manche de pull rouge (très présent dans ma dernière série).

J’ai échangé à nouveau avec l’équipe de Lyon City Crunch, qui souhaitait que le visuel fasse écho avec un des partenaires de leur pochette (exit mon grilled cheese et mon idée de fondue ou de raclette). Elle m’a demandé si je pouvais intégrer un ramen dans l’illustration.

Nouvelles recherches sur les ingrédients présents dans ce plat mais aussi sur la vaisselle des restaurants servants des ramens. J’ai beaucoup aimé cette étape de défrichage.
Pour le choix des couleurs, j’ai débuté par le contenu (un ramen avec de la viande en premier plan et un ramen végétarien au second plan) avant le contenant, par la couleur de la table, de la chaise et du fond en finissant pour les bols (pourquoi ? je ne sais pas !).

Et voilà le résultat : une illustration en ligne sur le site Lyon City Crunch et en version imprimée sur les pochettes à offrir ou à s’offrir.

Merci à l’équipe de Lyon City Crunch pour leur confiance et pour ce coup de projecteur dans leur article (après les 6 adresses présentées).

lumière du matin dans mon quartier

La Fondation Bullukian présente jusqu’en juin prochain l’exposition Le mur invisible de Sarah Jérôme. Je pourrais vous faire croire que j’ai lu le livre éponyme de Marlen Haushofer, source d’inspiration de l’artiste, d’autant plus quand il est revenu sur le devant de la scène en 2019 suite à une chronique littéraire improvisée de l’illustratrice Diglee mais je vous aurais menti.
Dans le roman, une femme se retrouve coupée du monde pour un mur transparent et invisible. A travers les œuvres exposées :

Sarah Jérôme peint un monde complexe, où les émotions nous traversent autant qu’elles nous entravent. A travers une palette intense, sa peinture évoque nos enfermements -ceux que l’on subit, ceux que l’on porte et ceux dont il faut apprendre à s’extraire. (extrait du livret de visite)

Je suis allée voir cette expo car (honte) je n’avais encore jamais mis les pieds à la fondation Bullukian (pourtant très centrale puisqu’en bordure de la place Bellecour à Lyon) où les expos sont gratuites. J’ai découvert un lieu avec un petit jardin incroyablement calme et où je me suis imaginée revenir au beaux jours. Un lieu qui travaille main dans la main avec l’Abbaye de Fontevraud (le site est assez incroyable, j’ai appris qu’après avoir été un monastère, une nécropole des rois et reines d’Angleterre, elle s’est transformée en maison de correction en 1814 et était alors considérée comme une des prisons les plus dures de France) sous la forme d’une résidence d’artistes.


J’ai été attirée par les couleurs utilisées par l’artiste, par la lumière qui baigne ses œuvres. Je me demandais quelle technique elle utilisait et j’ai appris pendant la visite que Sarah Jérôme réalise ses peintures à l’huile sur un papier calque épais. Et puis forcément cette idée de mur invisible qui nous empêche d’agir plus ou moins souvent, selon notre condition sociale, selon notre timidité aussi peut-être, m’intéressait.

Il me semble avoir déjà évoqué À pied d’œuvre, le livre de Franck Courtès et l’épisode du podcast Thune “Il gagnait bien sa vie puis il a décidé d’écrire” dans une newsletter précédente. Le roman est devenu un film avec l’angle choisi par Valérie Donzelli. Bastien Bouillon y incarne avec justesse un écrivain qui tombe dans la pauvreté peu à peu. Quand j’entends dire dans la bande-annonce, “vous cherchez un boulot qui vous laisse du temps”, vous vous doutez bien que cela fait écho ! Bien au delà du portrait de cet homme (dont on ne sait pas grand chose du passé et de son déclassement social, aspect plus creusé dans le livre), Valérie Donzelli montre un monde où la recherche de la main d’œuvre la moins chère prime sur tout, où le système de notations renforce l’esclavagisme moderne.

On comprend, si besoin, au passage que vivre de sa plume est réservé en France à une poignée d’écrivains. C’est aussi le thème de la dernière bande dessinée de Florence Dupré La Tour, Jeune et Fauchée (que je n’ai pas encore lu) :

Florence Dupré La Tour confie aussi qu’on se sent comme honteux d’être pauvre (alors que selon une note de la fondation Jean Jaurès, une grande partie de la richesse ne vient pas du travail mais de l’héritage).

crédit photos : compte instagram Bokbar
Café Bokbar

Depuis que j’ai vu qu’il existait à Paris dans le 20ème, une librairie-café nordique, Bokbar, qui en plus sert des spécialités sucrées nordiques, je suis prête à mettre en ligne une pétition pour un lieu du même type à Lyon.

Un timbre Paul Bocuse

Pour célébrer les 100 ans de la naissance de Paul Bocuse, La Poste a émis un timbre à l’effigie du Chef, tiré à plus de 700 000 exemplaires (et comme les lyonnais sont très chauvins, tous les lyonnais en parlent). Ce que j’ai surtout retenu c’est que c’est le fruit du plus jeune graveur de timbre de France (un métier peu commun, ils sont 13 en France), Louis Genty et je me suis dit “ça, au moins, l’IA ne le fera jamais !

Danse dans la neige

Qui a déjà marché dans la neige fraîche et épaisse sait combien cela demande un effort plus important que sur du sec. Alors imaginez deux danseuses en combinaison et moon boots suivre les pas d’une chorégraphie avec des portés, des lancés de jambes, des sauts dans un paysage enneigé du Vercors ? Prenez 12 minutes de votre temps pour admirer leur corps à corps avec des lumières différentes, des angles de vue différents (moi qui ai toujours préféré la mer, j’étais à deux doigts de chanter “Que la montagne est belle “ avec Ferrat) dans Seasons of Dancer : Winter de la chorégraphie Emilie Leriche et avec la musique de Max Richter. (et j’ai rangé dans mon dossier “regarder plus tard”, les volets Spring et Summer pour les jours où je n’en peux vraiment plus de l’hiver).

Visiblement mes faux titres amusent au moins quelques personnes parmi vous alors je rempile :

- Je peux enfin tout vous dire !
- Celle qui la ramen-ait
- La bohème
- Pas si nouille
- Celle qui faisait le mur
Quel est votre préféré ?

Je termine cette newsletter avec (carrément) une playlist entière, celle de Vincent Delerm, intitulée “Sentiment nouveau”. Le 6 janvier dernier, il avait publié (sur Instagram) une photo du Palais Royal enneigé à la nuit tombée. J’avais trouvé la photo magique, d’autant plus qu’elle était accompagnée de la chanson éponyme d’Alain Chanfort (j’aime bien aussi la version en duo Jane Birkin/Alain Souchon). Dans le texte accompagnant la photo, Vincent Delerm expliquait que Palais Royal était une des rares chansons d’amour qui évoque les débuts et pas la fin d’une histoire d’amour. Il nous mettait au défi de lui prouver le contraire en citant des contre-exemples dont il ferait une playlist. La voici avec entre autres, une de mes chansons préférées de tous les temps (rien que ça )), Ouverture d’Etienne Daho.

écouter la playlist

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Mentionnés dans cette newsletter :

Lyon City Crunch
La fondation Bullukian et exposition le Mur Invisible
artiste plasticienne Sarah Jérôme
Le mur invisible de Marlen Haushofer
illustratrice Diglee
Abbaye de Fontevraud
Il gagnait bien sa vie. Puis il a choisi d’écrire. Avec Franck Courtès (auteur de À pied d’oeuvre), épisode du podcast Thune
Film À pied d’œuvre
Café Bokbar, le café librairie nordique à Paris
artiste et graveur de timbres Louis Genty
Seasons of Dance : Winter
chorégraphe Emilie Leriche
musicien compositeur Max Richter

Playlist Sentiment Nouveau de Vincent Delerm
Palais Royal d’Alain Chamfort (version Birkin/Souchon)
Ouverture d’Etienne Daho

Read the original on virginiedessine.substack.com

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