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Une vie de papier · Dec 24, 2025

Avent littéraire 2025, jours 22 à 24 🎄

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Une vie de papier · Une vie de papier

Chaque année sur Bookstagram, Nicole Grundlinger et Delphine-Olympe proposent 24 catégories pour un calendrier de l’Avent composé de livres. J’adorais me prêter à cet exercice lorsque je tenais mon compte littéraire sur Instagram, alors j’ai décidé d’importer le concept jusqu’ici. En décembre, je vous ai donc déjà parlé de 21 livres parmi les plus marquants lus cette année. Il y en a eu pour tout le monde : de la jeunesse, de la BD, des romans et même un essai.
Quelques points à noter :
- je ne vous ai pas fait de résumés des livres mais en cliquant sur les couvertures vous pouvez accéder aux sites des différentes maisons d’édition avec toutes les infos ;
- j’ai changé quelques catégories qui ne m’inspiraient pas trop ;
- la lecture, ce n’est pas une compétition, si vous n’avez pas lu 24 livres cette année, who cares ? Rappelez-vous que je suis libraire et que lire est une énorme partie de mon métier.
Aujourd’hui, on termine le calendrier avec les trois dernières cases !

P. Djèlí Clark nous offre le titre le plus énigmatique de l’année. Que dis-je ? De la décennie ! Avec La Guilde des Queues de chats morts (tant de mots que je n’aurais jamais imaginés accolés les uns aux autres (“chats” et “morts” notamment)), l’auteur, historien et chercheur américain poursuit avec brio la décolonisation des genres de l’imaginaire entamée en 2021 avec la parution de ses premières novellas. Ici l’horreur côtoie la fantasy, un peu de merveilleux et une intrigue digne des plus grands films d’espionnage dans un paysage qui mêle références orientales et africaines. Visiblement Djèlí Clark ne sait pas choisir, et moi non plus. J’ai donc lu tous ses livres et je vous recommande d’en faire de même !
[J’évoquais un autre de ses titres dans cette newsletter.]

La Guilde des Queues de chats morts, P. Djèlí Clark, traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Montier, 208 pages, 15,50 €, paru en mai 2025 aux éditions L’Atalante (maison d’édition indépendante).

Je n’en ai toujours pas grand-chose à faire des prix littéraires, donc j’ai modifié la catégorie pour la consacrer à ces livres qui brisent le cœur en tant que libraire : les bangers dont personne ne veut. C’est quelque chose qui, malheureusement, arrive très souvent en jeunesse. Comme ce sont majoritairement les adultes qui achètent pour les enfants, iels plaquent leurs présupposés sur les goûts des enfants, et ce n’est JAMAIS une bonne chose. Ce phénomène se cristallise notamment sur les livres que l’on pourrait qualifier de tristes. S’il y a des deuils, des drames, des accidents, ou que sais-je, on voit certain·es adultes se raidir et réclamer quelque chose de joyeux. Alors, évidemment, je comprends d’où vient cette envie. Mais c’est oublier un peu vite que certains des plus grands succès de la littérature jeunesse sont remplis de tragédies et que ce sont les livres qui (en tout cas pour ma part) provoquent les émotions les plus intenses et nous habitent jusqu’à l’âge adulte. Évidemment je pense à un grand nombre d’albums de Claude Ponti, à la trilogie À la croisée des mondes, Harry Potter ou Matilda, à Nos étoiles contraires et j’en passe. Cette année j’ai lu une BD absolument bouleversante, Golem Nanny, qui aborde la question du deuil de manière très frontale, mais aussi l’amitié et tous les petits gestes du quotidien qui aident à avancer malgré tout, à accueillir la tristesse pour mieux se reconstruire. Tout cela dans un univers magique ultra choupi, avec une héroïne géniale (Lytha), pleine de complexité et entourée de personnages secondaires craquants (un golem et une poule). Le genre de BD que j’aurais lue et relue petite. Mais malgré mon enthousiasme et plusieurs mois passés sur table, Lytha et ses ami·es sont parti·es dans les cartons de retour. Et ça c’est vraiment tragique !

Golem Nanny, Zidra, 112 pages, 19,90 €, paru en avril 2025 chez Drakoo (label du groupe Bamboo).

J’ai choisi une BD qui m’a complètement bluffée en cette fin d’année : Detroit Roma d’Elene Usdin et Boni. Tout est remarquable dans cet album : le format à l’italienne, la pagination importante (plus de 300 planches), le poids (presque 2 kilos de papier), les techniques d’illustration hyper variées utilisées par les deux auteurices, l’histoire à tiroirs déroutante et fascinante, l’intertextualité avec la pop culture, la mythologie, le cinéma presque à chaque page, la représentation lynchienne à souhait de la ville de Détroit, les personnages… Bref, c’est un vrai chef-d’œuvre à découvrir de toute urgence (tout comme l’était la première BD d’Elene Usdin, René·e aux bois dormants).

Detroit Roma, Elene Usdin, Boni, 352 pages, 35 €, paru en novembre 2025 chez Sarbacane (maison d’édition ayant été rachetée par le groupe Madrigall en 2020).

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Merci à toutes et tous pour votre lecture de cet Avent littéraire. J’espère que vous y aurez pioché de belles envies, pour vous ou pour vos proches. En attendant la prochaine lettre qui arrivera en janvier avec une GROSSE annonce (#teasing), je vous souhaite de passer une belle fin d’année, avec ou sans célébrations.
Et n’oubliez pas, quoi qu’il arrive :

Merci à Chloé pour la correction ; toutes les fautes restantes sont de mon fait !

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Read the original on uneviedepapier.substack.com

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