« La durabilité est un objectif mondial qui ne pourrait être atteint qu’à travers une action soutenue et concertée entre les principaux acteurs mondiaux. Cela n’arrivera jamais. La résilience est un objectif local qui peut être atteint par des individus grâce à une action locale et à court terme. C’est déjà le cas. »
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Voilà. Comme souvent dans la vie c’est quand on arrête de chercher qu’on finit par trouver les réponses à nos questions existentielles. Et aussi par retrouver sa carte d’identité coincée en page 419 de Guerre et Paix parce qu’on aime utiliser tout ce qui n’est pas un marque page pour faire office de marque page. Mais c’est un autre sujet.
Et moi en matière de questions existentielles. C’est dans la ré-édition de la préface du rapport Meadows que j’ai trouvé les mots qui manquaient au puzzle que je n’arrivais pas à terminer depuis plus de 4 ans maintenant.
Chercher la durabilité dans un monde aussi vaste avec autant d’inégalités, c’est comme chercher la paix intérieure en passant 5h par jour sur Instagram, c’est peine perdue. En revanche on peut chercher la résilience. Et on va en parler de résilience aujourd’hui.
Mais avant la dissertation.
Comme chaque semaine.
Petit rappel.
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Si vous débarquez dans cette Newsletter, notez deux choses :
1/ Elle est rédigée par les équipes de TrustSociety. Un media-boutique de sensibilisation et d’éveil écologique avec d’un côté un Média et de l’autre des boutiques de shampoing solide (Rennes, Paris et Levallois). Avec pour particularité que le média est financé par nos boutiques.
2/ Elle est rédigée en considérant qu’elle s’adresse à des « personnes ». Ce qui explique les accords féminin pluriel dans l’écriture, que personne ne se sente vexée. Pas besoin d’en dire plus pour le moment.
Sur ce,
Pour toutes les personnes qui s’ennuient le mercredi
Bonne lecture.
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Vous voyez ce moment où quelqu’un vous dit « t’inquiètes pas ça va aller » mais que les mots n’ont aucun effet sur vous puisque vous savez très bien que ça ne va pas aller.
Quand on traverse une période compliquée, que ce soit une rupture, une mauvaise passe professionnelle, ou une élimination difficile à digérer en coupe du monde. Le corps étant beaucoup plus intelligent que le cerveau, seuls des mots vraiment justes peuvent permettre au corps d’aller vraiment mieux.
On peut dire au cerveau que ça va aller et réussir à le tromper pendant quelques jours. Mais si le corps sait que ça ne va pas aller. Il va le sentir. Et lui on ne peut pas lui mentir. C’est là toute la magie des personnes qui arrivent à trouver ces mots justes pour nous aider à avancer.
À ce sujet,
Je me permets une petite parenthèse.
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En 2022 j’ai connu ma première rupture amoureuse. Quand on reste 9 années avec la même personne, on développe dans son corps tout un tas de sentiment mais je retiens principalement celui de l’attachement.
Certes, on était pas fait pour vivre ensemble. Déjà quand l’une veut partir aux Seychelles en février et que l’autre suggère d’aller faire du camping en Ardèche c’est un signal à ne pas sous-estimer. Je vous laisse deviner qui est « l’autre » dans cet exemple.
Mais ne pas être fait pour vivre ensemble ne veut pas dire que sur une période de 9 ans on ne peut pas s’aimer très fort. Très, très, très, très fort même. Et quand tout s’arrête, si les seuls mots qui arrivent à vos oreilles sont « mais t’inquiète pas ça va aller » c’est normal que ça imprime pas.
Et moi, fin 2022 je n’arrivais pas à sortir de ce nouvel état émotionnel qui m’était inconnu. D’un côté la logique rationnelle et mon animal intérieur qui étaient tous les deux ravis mais alors vraiment très, très, très, très ravis que ça s’arrête. Et de l’autre mon cœur qui n’arrivait pas à se dire qu’après 9 années de vie commune, la personne qui m’avait accompagné jusqu’ici n’allait plus m’accompagner par la suite.
C’était deux énergies qui n’arrivaient pas à cohabiter. Ou plutôt qui n’arrivaient pas à communiquer. Et faisait qu’aucune des deux n’arrivait pleinement à s’exprimer ce qui est pourtant vital afin que le corps puisse avancer. Pour la simple raison que les émotions sont conçues pour être vécues.
Et puis un jour,
Une personne m’a juste dit :
« Tu sais la tristesse, ça se traverse »
Ouah.
Trop fort.
Le truc c’était qu’il était parfaitement inutile de venir me dire ce que je savais déjà « oui mais tu sais c’est un mal pour un bien vous étiez pas vraiment fait pour être ensemble blablabla » ça je le savais déjà très bien. Et qu’il était aussi parfaitement inutile de me dire « tu vas voir ça va passer » parce que j’avais pas vraiment envie que ça passe.
Et donc quand on dit
« La tristesse ça se traverse »
On ne dit pas :
« Souris Bobby »
On ne dit pas non plus :
« Pleure jusqu’à la fin de tes jours »
On dit juste :
« Tu vas vivre une émotion un peu sous-cotée de nos jours mais incroyablement puissante et créatrice qui s’appelle la tristesse et t’as intérêt à la vivre pleinement jusqu’à ce qu’elle s’estompe complètement parce que ton corps en a besoin pour se reconstruire. »
Mon animal intérieur et mes doigts de pieds étaient ravis d’apprendre que cette phase de tristesse serait passagère parce qu’il faut admettre que c’était plus possible cette situation. Et ma tristesse était d’accord pour aller mieux plus tard tant qu’on la laissait exister un moment maintenant. Du coup, les deux ont enfin réussi à cohabiter. Et à faire la paix.
Il fallait juste les mots justes.
S’en est suivie l’une des plus grandes périodes de créativité dans mon histoire personnelle et puis surtout Victoria qui est passée par là avec son caractère de Bélier qui préfère avancer plutôt que se poser mille questions en me disant « écoute mon petit traverse ta tristesse et parle avec tes doigts de pied autant que tu veux mais moi je sais déjà qu’on va finir ensemble alors fais-moi signe quand t’auras fini ta grande introspection personnelle et tu vas voir on va être bien tous les deux. »
J’ai dû lui faire signe au bout de 4 jours et demi. Parce que c’était assez évident. Et que les évidences faut éviter de passer à côté. Mais je retiens qu’il fallait d’abord passer par une phase d’acceptation d’un nouvel état inconnu qui n’était pas « tout va bien » et qui n’était pas non plus « tout va mal ». Mais un peu des deux et c’est tout à fait normal.
Voilà, gardez bien ceci en tête, ce sera important pour la suite. Mais maintenant juste avant d’attaquer notre super raisonnement, place à la revue d’actualité des 168 dernières heures sur la planète où tout allait très bien avant l’arrivée des humains, des gens qui n’ont pas compris que la tristesse était une émotion merveilleuse et aussi des gens qui n’ont pas compris que si la tristesse était une émotion merveilleuse il ne fallait pas pour autant en faire un objectif de vie.
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(1) La loi Duplomb a finalement été adoptée dans la nuit du 20 juillet. Dans une démarche politiquement engagée mais apartisane, on vous laisse simplement constater le nom des partis qui ont jugé opportun de donner une dérogation pour les pesticides tueurs d’abeille. Histoire que cela pèse dans la balance en 2027 au moment de savoir qui est vraiment source de chaos dans nos sociétés. Source (BonPote).
(2) Toujours sur la loi Duplomb, les équipes de Vert qui arrivent si souvent à trouver les mots justes pour nous faire sourire arrivent cette fois-ci à nous faire sourire avec un dessin sacrément sympathique. Alors on vous le partage sans commenter outre mesure. Source (Vert le Media)
(3) L’Etat de New-York devient le premier Etat à interdire la construction de Data Centers. Comme le précisent les équipes de Reporterre « Le moratoire prononcé par les autorités de l’État de New York porte un coup d’arrêt à la construction de nouveaux centres de données, pour une durée d’un an. Une première historique, sûrement loin d’être la dernière. » L’occasion pour nous de vous rappeler que si l’IA est le cheval de Troie de nos sociétés en matière de cohésion sociale, en matière de consommation d’eau l’IA reste anecdotique par rapport à l’élevage ou aux transports. Source (Reporterre)
(4) Pour le reste, on a aimé le nouveau reportage d’Hugo Décrypte sur le partage de l’eau entre les États-Unis et le Mexique, l’intervention du climatologue Serge Zaka au micro du Greenletterclub sur l’adaptation des cultures au dérèglement climatique et l’intervention de la personne qui se moque de moi quand je parle avec mes pieds pour organiser ses menus quand on traverse non pas des phases de tristesse mais de températures extrêmes.
Voilà pour la revue d’actualité. Vous pouvez retourner dans votre hibernation digitale jusqu’à mercredi prochain si vous le souhaitez. Et pour les autres, c’est parti pour la grande réflexion du jour.
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Quand des personnes disent « oui mais la France c’est que 1% des émissions de CO2, alors arrêtez de nous embêter avec vos histoires d’écologie » en fait elles ont raison. Pas raison au sens « puisque tout le monde pollue, faisons comme tout le monde et polluons nous aussi ».
Ce monde est beaucoup trop beau pour le polluer d’un centimètre au prétexte de faire comme tout le monde. Non elles ont raison au sens que « nos actions à nous ne vont pas changer la face du monde »
Et à force d’entretenir un discours du type « mais si, nos petites actions peuvent faire une grande différence » j’ai la sensation qu’on abîme notre crédibilité intérieure vis-à-vis de nous-mêmes.
Si chaque mardi soir on se dit « demain matin je me lève à 6h pour envoyer la Newsletter à l’heure à 14h » mais qu’on se lève jamais à 6h et qu’on envoie la Newsletter à 18h. Au final le corps finit par dégrader la note de crédibilité attribuée aux messages en provenance du cerveau. Et à ne plus croire à grand chose.
Pour les petits gestes c’est pareil. Le corps sait très bien que le récit mental que l’on se construit autour des petits gestes qui vont sauver la planète n’est pas en accord avec le réel, et suivre ce récit quoi qu’il en coûte crée d’abord un peu d’espoir, puis de la frustration et enfin une immense fatigue.
Or moi quand mon corps est fatigué c’est pas que j’ai besoin de dormir davantage. Peu de personnes mis à part les marmottes qui hibernent dorment plus que moi sur cette planète. Quand mon corps est fatigué c’est que j’ai besoin de changer de direction. Ou plutôt de considérer de nouvelles options.
Et jusqu’à aujourd’hui,
Je voyais deux options :
(1) Continuer de dire qu’on peut sauver le système et nous diriger vers un happy end. Chose absolument impossible quand on sait que 99% de mon entourage révolté par les canicules a pris au moins un long courrier au cours des 12 derniers mois et se cache derrière « oui mais le gouvernement ». Il a bon dos le gouvernement. C’est vrai qu’il faut des politiques publiques. Mais les politiques publiques elles émanent pas de mes doigts pieds. Elles émanent de mouvements citoyens qui se positionnent en opposition avec le système actuel. Et c’est vrai qu’un long-courrier n’est pas l’incarnation du problème. Mais il ne fait pas partie de la solution ça c’est certain. Bref.
(2) Abandonner et se dire que l’histoire va mal finir sans qu’il soit nécessaire d’élargir ou de décrire davantage ce qu’il va se passer si l’histoire finit mal.
Problème, aucune des deux options n’était source d’énergie pour mes doigts de pied. C’est pas qu’elles étaient purement mauvaises. C’est simplement qu’il y en avait une troisième bien plus adaptée :
« La durabilité est un objectif mondial qui ne pourrait être atteint qu’à travers une action soutenue et concertée entre les principaux acteurs mondiaux. Cela n’arrivera jamais. La résilience est un objectif local qui peut être atteint par des individus grâce à une action locale et à court terme. C’est déjà le cas. »
La fameuse résilience.
On est pas ici pour sauver le monde. On est pas ici pour se résigner. On est ici pour accepter ce qui est, et traverser cette période sans couleur pour mieux nager plus tard. Je voulais écrire « sans couler » mais faute de frappe c’est sorti « sans couleur » et ça vibre plus à l’intérieur comme ça alors je laisse tel quel. Cette résilience implique d’accepter deux choses.
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Petit (a) - On ne va pas empêcher la fin du monde. Les Etats ne vont pas naturellement se concerter et trouver une sortie de crise en douceur. C’est normal qu’après des siècles de colonisation les pays en voie de développement n’aient pas envie de continuer d’être les bonnes poires de l’histoire. On parle de la déforestation de l’Amazonie et du Brésil comme d’un pays d’affreux criminels sans cœur incapables de protéger les forêts tropicales. Je vous rappelle quand même que la plus grande forêt du monde il y a quelques siècles c’était l’Europe. Quand vous prenez le TGV pour faire Paris-Marseille et qu’à la fenêtre vous voyez des champs et des tracteurs, il y a pas si longtemps c’était des forêts. Et dire que « franchement les Brésiliens ils polluent » même mes doigts de pieds ils trouvent que c’est un peu abusé. Pour ne pas dire lâche, hypocrite, égoïste, petit et dépourvu de toute forme d’honneur ou de grandeur.
Petit (b) - Dire que le monde tel qu’on le connaît va disparaître d’ici l’horizon 2030 - 2035 ne veut pas dire qu’un nouveau monde plus juste ne pourra pas naître à l’horizon 2035 - 2040. Et la clé c’est justement la résilience.
Plier, faire le dos rond,
Mais ne pas lâcher.
Et garder espoir,
Pour une raison très simple :
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Sur le terrain de la rhétorique les écolos ont définitivement perdu. Force est de constater que ce que j’appelle « Les discours simplistes de Donald » fonctionnent mieux que des rapports complets de 4000 pages. Donald est plus convaincant qu’un rapport du Giec quand il dit que les immigrés mangeurs de chats sont la source de tous nos problèmes.
Mais un jour ou l’autre les discours de Donald vont se confronter à la réalité. Sur le plan marketing, dire aux Occidentaux que le dérèglement climatique est une invention des méchants chinois sans aucune morale ça marche plutôt bien puisque les Occidentaux sont encore perdus dans un complexe de supériorité par rapport au reste du monde. Alors qu’il suffit de creuser le sujet de la guerre de l’Opium pour voir c’est qui les gentils, c’est qui les méchants et où est la morale.
Bref.
Le fait de dire « Green Scam »
Le fait de dire « complot des chinois »
Ça marche super bien quand l’auditoire est composé d’Occidentaux qui pensent que c’est tout à fait normal de se sentir supérieurs au reste du monde. Qu’au fond la colonisation c’était pas pour le pétrole mais pour aider les pauvres petits pays sous développés à connaître la civilisation.
Mais le fait de dire « Green Scam » ça ne peut pas marcher à long-terme. On l’a vu avec les canicules, il n’y a pas plus efficace pour déclencher un réveil collectif qu’une forêt qui brûle. C’est bizarre mais on a pas beaucoup entendu CNews nous dire que « ça va il faisait déjà chaud en 1976 » quand la forêt de Fontainebleau s’est mise à brûler. Un jour où l’autre le discours « Green Scam » va se faire rattraper par la réalité c’est une réalité physique.
Et c’est là qu’intervient notre notion de résilience. Le but ce n’est plus de chercher l’accord concerté et soutenu de tous les pays du monde. Le but c’est de préserver tout ce qu’il est crucial de préserver aujourd’hui pour être en mesure de reconstruire un monde plus viable demain.
Et pour ça il faut pas grand chose. Vous avez bien vu qu’une pousse d’herbe arrive à pousser entre un trottoir et deux abri-bus en plein centre-ville. C’est la propriété numéro une du vivant. J’ai aucune source crédible pour l’affirmer mais je l’affirme. Tant qu’il n’est pas complètement exterminé, le vivant est toujours en mesure de se régénérer.
Et ça me va bien,
D’être dans une phase d’énergie basse.
Moi, j’ai plus envie de résister.
J’ai envie d’accepter et préserver.
J’ai plus envie d’essayer de construire des grands chênes massifs pour résister à la tempête. J’ai plus la force d’être un grand chêne massif qui résiste à la tempête de toute façon. J’ai envie de devenir de devenir un petit roseau. Un petit roseau qui plie et résiste moins que le gros chêne mais sera encore là après la tempête. J’ai envie de contribuer à la grande résilience collective.
Accepter qu’on va plier,
Mais surtout pas rompre.
Voilà c’est encore en construction chez moi,
Mais ça va pousser et grandir.
Et on développera.
La semaine prochaine,
On fera le lien entre la résilience et le PGCD.
Le plus grand commun diviseur.
Pour savoir où commence la résilience.
Ou plutôt à quel niveau,
J’ai toute une réflexion sur la question.
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Plus que jamais,
Si vous découvrez cette Newsletter, sachez qu’elle est rendue possible par notre clientèle dans nos trois boutiques à Rennes, Levallois et Paris ainsi que celle de notre site internet TrustSociety.fr et que jour après jour nous mesurons la chance d’avoir cette indépendance éditoriale, alors à toutes ces personnes qui nous soutiennent, un immense merci.
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Et voilà.
C’est fini pour aujourd’hui.
C’était un immense honneur.
D’être le porte-parole de TrustSociety.
Et d’avoir votre attention aujourd’hui.
Bises à toutes et tous.
Et prenez soin de vous.
Pablo & co
😘😘
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PS : En règle générale quand les mots justes arrivent, le corps tout entier se met à vibrer. Et on sait sans avoir besoin de se le dire qu’on a entendu les mots justes. Et la magie c’est qu’on peut pas décider quand ils vont tomber les mots justes. Faut juste être dans une démarche de présence. En revanche, on peut savoir quand on est confrontée aux mots pas justes. Tenez faites l’exercice avec moi au point où j’en suis j’ai plus peur d’être catalogué écolo-marginal-bizarre et puis ça me convient bien comme définition. Fermez les yeux, prononcez le mot « Résister » et observez comment réagit votre corps. Si vous avez le ventre qui pétille c’est que l’univers a besoin de vous pour aller saboter des usines. Fermez ce powerpoint mettez votre énergie à grimper aux arbres qui résistent encore sur l’A69. Moi quand je ferme les yeux et que je dis « résister ». J’ai une vague de fatigue qui emporte tout sur son passage. Elle part de la plante des pieds, remonte dans le haut des cuisses, elle est lourde dans les avant-bras et très compressée dans la poitrine. En revanche. Quand je dis « résilience ». Pouah.
Juste, ça vibre. Ça vibre très fort. Et c’est parce que la réaction de votre corps aux mots est le plus grand des signaux de l’univers pour vous dire quoi faire. Moi quand j’entends « Il faut remettre l’écologie et la circularité au cœur des débats dans nos sociétés. Se ré-approprier la notion de sobriété et accepter d’engager une démarche plus éco-responsable ». Dans mon corps il se passe exactement la même sensation qu’après avoir bu un Gin Tonic trop chargé. J’ai un peu la nausée. Quand on me dit qu’il faut « lutter ». Là j’ai l’impression d’être à deux doigts d’aller affronter un Ouzbek en quart de finale des poids légers aux Jeux Olympiques. Et quand on me dit qu’il va falloir être « brave ». J’ai l’impression que je viens d’être élu maire de la Friendzone. Ou qu’on va avoir besoin de moi pour partir en croisade. Ça m’active pas. Ça reste plat. Alors que le mot résilience. J’entends patience, j’entends renaissance, j’entends présence et puis un peu résistance quand même parce qu’une armée de petits roseaux c’est mignon dans une Newsletter mais pas forcément suffisant face à monsanto. Mais voilà. Ce petit mot là fait vibrer mon organisme tout entier. Parce que c’est doux et puissant à la fois. Et aussi parce que j’y crois.
PPS : Juste, sur la partie écolo-marginal-bizarre. Je tire une partie de mes propos du livre de Rick Rubin « The Creative Act, a way of being » qui dit que les humains sont juste des interfaces. Que nous sommes des interfaces entre l’univers et le monde réel. Que l’univers passe son temps à nous envoyer des signaux et que c’est à nous humains de les interpréter. D’où mes histoires avec notre plante Valentine et compagnie. Et c’est sûr que c’est plus difficile de les interpréter en étant sur son téléphone 8 heures par jour. Nos capteurs deviennent moins efficaces. Là, l’univers il me dit de faire acte de présence et de creuser cette notion de résilience. Que l’on creusera avec quiconque aurait envie de creuser avec moi à partir de mercredi prochain.
PPPS : Ma première relation a duré 9 ans. Et on m’avait dit qu’il faudrait la moitié du temps de la durée de la relation pour en sortir réellement. C’est-à-dire 4 ans. On est 4 ans plus tard et c’est vrai que je sens que la cicatrice n’est plus une cicatrice, mais un mouvement de terrain un peu ancien, une forme de jolie montagne, pas lisse, pas nette, sacrément escarpée, mais qui fait partie de moi, dont je suis fier et qui ne m’empêche plus d’avancer. Après le nouveau paysage qui m’entoure depuis 4 ans est pas neutre dans cette évolution. Allez. On repart pas en looping sur une nouvelle digression. Surtout qu’il y avait une private joke en gras que seule une personne sur Terre pourra comprendre. Et que c’est tout ce qui m’importe après avoir comparé mon ex à une jolie montagne escarpée. Va falloir être résilient en rentrant à la maison ce soir. Alors je vous embrasse. Et puis faites-vous confiance. Bisous les petits roseaux.
PPPPS : Voilà c’est fini pour aujourd’hui. Et si vous avez lu jusqu’au bout. Encore une fois merci beaucoup. 😘😘
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