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TheBoldWay Newsletter · Jun 21, 2026

The Catch-up avec Sarah Andelman

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TheBoldWay · TheBoldWay Newsletter

Salut à tous,

Cette semaine : un nouvel épisode avec Jeanne Damas, On The Radar et un Catch-up avec the one and only Sarah Andelman.

Cette semaine j'ai reçu Jeanne Damas, fondatrice et directrice artistique de Rouje — et, fait rare, c'est seulement son deuxième podcast. À 24 ans, sans plan ni levée de fonds, elle lance huit modèles : sold out en moins d'une heure. Dix ans plus tard, c'est 120 personnes, cinq boutiques, une ligne beauté et une communauté mondiale fidèle depuis le premier jour. On remonte à ses racines — l'enfance au-dessus du restaurant de ses parents, la mère qui cousait ses vêtements — et à sa trajectoire improbable, de MSN avec Jacquemus à 13 ans jusqu'à IMG. Puis on attaque le vrai sujet : comment garder la magie et l'authenticité quand la marque grandit et que les chiffres s'invitent dans les décisions. Bonne écoute. Écouter l’épisode. Regarder l’épisode.

Ce qui a retenu mon attention cette semaine : news, ouvertures, lancements, projets, sorties. Ce qui a attiré mon œil, ce qui dessine les contours des industries créatives. Une news à partager ? Répondez à cet email.

Crosby Studios dévoile Future Objects à Saint-Germain, une exposition Transformism montée avec OpenAI comme partenaire créatif, pendant la Fashion Week homme de Paris. (le 25 juin)

Le château de Versailles inaugure Versailles à Morellet, exposition célébrant le centenaire de François Morellet (en partenariat avec le Centre Pompidou). (le 28 juin)

Hermès ouvre une maison géante sur Bond Street à Londres : 55 salles, cinq étages et six bâtiments d’époque où l’histoire britannique devient l’argument de luxe.

Toteme, la marque suédoise, lance une ligne masculine en pariant sur la même recette côté hommes.

Loro Piana (LVMH), désormais dirigée par Frédéric Arnault, bascule vers un modèle de vente directe alors que le vieux schéma du wholesale s’éteint doucement.

20 ans plus tard, le nouveau magazine féminin de Delphine Plisson destiné aux femmes de 45 ans et plus, débarque en kiosque pour le plus gros lancement presse de l’année (100 000 exemplaires).

À force d’interviewer des entrepreneurs, des artistes et des créateurs, je vois à quel point un projet devient réel le jour où il existe quelque part.
Un site, c’est souvent cette première maison : l’endroit où l’on raconte son histoire, présente son travail, vend ses produits ou construit sa communauté.
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La section carrière que je voulais construire depuis longtemps : les opportunités qui circulent dans la communauté TheBoldWay, et les profils de mon réseau que je trouve brillants et qui cherchent leur prochaine aventure. Si c’est vous, faites-moi signe. (Pour publier une annonce c’est par ici ou pousser votre profil : répondez à l’email. )

Depuis presque dix ans, j’ai la chance de parler avec celles et ceux qui construisent les industries créatives. J’ai envie de prolonger ces conversations. Comprendre ce qui a changé, ce qui émerge, ce qui arrive ensuite. Parfois ce sera un Catch-up avec un ancien invité. Parfois une interview exclusive. Parfois un correspondant qui nous raconte ce qui bouge à New York, Tokyo ou Copenhague. Parfois un cas concret d’IA appliqué à un métier. Vous êtes la bonne personne pour une ville, un sujet ou une stack IA ? Répondez à l’email.

Adrien : Je me rappelle, lors de notre dernier échange, tu étais assez inquiète, ou plutôt dubitative vis-à-vis de l’arrivée de l’intelligence artificielle, de la créativité, de la création. Tu attendais de voir ce qui allait se passer. Qu’est-ce que tu as vu, toi, dans ces industries créatives depuis l’arrivée de l’IA ? Est-ce que tu trouves que ça a affaibli les propositions créatives ou est-ce que, au contraire, tu as vu des choses très surprenantes et intéressantes ? C’est quoi ton ressenti ?

Sarah : Non, eh bien, je pense qu’on voit le meilleur comme le pire. Je pense que c’est devenu un outil, pas indispensable, mais avec lequel il faut vivre et l’accepter. Ce que je trouve toujours troublant, c’est de ne pas savoir ce qui est fait avec ou pas. Il y a des évidences, mais il y a des choses un peu trop...douteuses. Mais je pense que c’est un outil fantastique pour les créatifs, pour des agences, pour gagner du temps, pour mettre en image des idées. Et tant qu’il y a une réflexion derrière — j’ai envie de dire tant qu’il y a quelqu’un qui prompte avec une certaine réflexion pour obtenir quelque chose qu’on a déjà en tête plutôt que de laisser la machine penser pour soi — je pense qu’il faut faire avec.

On voit des images géniales qui jouent justement sur la rapidité. Moi qui adore quand ça va vite je trouve ça très excitant. Tu me parles du PSG, j’ai vu cette image, je pense le lendemain de la victoire en Ligue des Champions, où on voit Désiré Doué sur la coupe en parallèle de Wemby.

Ou plus récemment le contenu de Fanatics sur NYC qui peut enfin dormir :

C’est assez extraordinaire, non ?

Bon, bah, c’est clairement une image créée par l’IA et ça fait sourire, ça parle de l’actualité. Par contre, voir des pubs, je ne sais pas, de voitures où on se dit : « Ah, mais ça, c’est entièrement fait par IA », alors que peut-être ça ne l’est pas... Oui, c’est un peu troublant.

Adrien : Toi, tu l’utilises ? Et de quelle manière ?

Sarah : Peu, et surtout pour de la vérification de texte ou du contrôle de traduction. Ça se limite à ça. Ou peut-être quelques decks parfois pour un rendu d’un produit, en sachant que c’est vraiment juste pour une preview, une conversation, ce ne serait pas l’image finale.

Adrien : Ouais, une projection. Donc, tu l’utilises un petit peu. Tu t’es accaparé l’outil.

Sarah : Oui, oui, oui. Bah, ça serait stupide de passer à côté, c’est sûr. Mais je reste encore fidèle à Google pour certaines recherches... Bon après, voilà, c’est peut être une question de génération. Je vois des gens qui demandent tout, tout, tout à ChatGPT.

Adrien : Toi, ton processus, ta façon de travailler n’a pas vraiment changé. Tu restes avec ton crayon et ta tête.

Sarah : Oui ! (Rires)

Adrien : On s’était parlé au tout début de Mise en page. J’ai l’impression qu’il y a eu une résonance extraordinaire autour de cet événement. Qu’est-ce que tu en retiens ? Depuis, tu en as fait d’autres des événements comme celui-ci : on t’a vue au Landmark à Hong Kong, à Tokyo, au Grand Palais avec l’exposition Virgil Abloh: The Code, et tout récemment à La Villette pour l’expo Beyond the Streets. Tu as multiplié ces prises de parole qui sont des pop-up stores, un peu le nouveau format de feu Colette. Quelle est d’après toi la recette ? Comment tu abordes chacun de ces événements ?

Sarah : (Rires) Je crois qu’on te le dit régulièrement, mais là, tu es en train de poser quinze questions en même temps ! Pour le Bon Marché, Mise en page, ce qui est sûr, c’est que c’était fantastique de collaborer avec Jean Jullien, et que ça a marqué effectivement pas mal d’esprits. Il y a des gens qui croient que je continue de travailler avec le Bon Marché sur les suites des projets qu’ils ont faits après, ce qui n’est pas le cas, même si je suis en très bons termes avec eux. Quand je peux glisser une idée, je le fais.

Mise en page était vraiment fait pour le Bon Marché par rapport à l’espace qu’ils proposaient. Et c’est sûr que ça reflétait ce que je faisais aussi chez Colette. C’est vrai que l’on va utiliser le terme “pop-up” parce que ça reste des expériences temporaires de retail, que ça soit ce que j’ai pu réitérer à Milan chez Plan C pour la Design Week ou en ce moment pour Beyond the Streets. Je me mets au service de ce qu’on veut raconter, du cadre, du décor. Il y a des comebacks de certains créateurs que j’aime bien et que j’intègre, mais ce ne sont pas non plus des copiés-collés. Oui, il y a toujours certains signes qui reviennent, c’est d’avoir des produits rares avec un certain prix aux côtés de goodies très accessibles.

Mais après, voilà, quand c’est Plan C, le design est autour de l’objet, autour de créateurs qui ont du sens avec l’identité de Plan C. Là, Beyond the Streets, c’est vraiment le scope du street art, des artistes qui sont dans l’expo. Donc beaucoup de prints, de livres, de goodies, mais dérivés des artistes qui sont dans l’expo. Je ne peux pas forcer des créateurs, même que j’aime bien et que j’ai eus sur d’autres projets, dans ce cadre-là. On va dire qu’à chaque fois, je m’adapte. Et évidemment, pour Virgil Abloh: The Code, oui, il y avait les codes de Colette, mais c’était entièrement dédié à Virgil.

Adrien : Tu mets combien de temps pour travailler sur ce type de projet ? À chaque fois, je me dis : « Mais comment elle fait pour gérer ça ? » Tu as une équipe ou tu es toute seule ?

Sarah : Je suis toute seule. Et c’est vraiment la partie émergée de l’iceberg parce que c’est ce qui est visible. À côté de ça, je continue de faire beaucoup de consulting pour les marques sur des projets, des inputs sur des activations, et je ne communique pas dessus. Je fais des sessions de travail sur ce qui aurait du sens pour eux afin d’avoir de la visibilité qui touche de nouvelles communautés par rapport à celles qu’ils ont déjà. Donc, je travaille énormément... J’allais dire, je gagne plus ma vie avec le côté consulting et missions auprès des marques sur le retail, les collaborations ou les activations, qu’avec ces pop-ups que je fais, j’ai envie de dire, presque plus pour le plaisir.

Mais c’est vrai que c’est chouette d’apprendre à chaque fois, d’essayer de ne pas répéter les mêmes erreurs. Et d’avoir une équipe quand c’est sur Paris, de pouvoir travailler avec, par exemple, Sandrine, qui travaillait déjà avec nous chez Colette plutôt pour la partie réseaux sociaux. Aujourd’hui, elle forme les équipes de vente. Pour moi, c’est comme un pilier sur lequel je sais que je peux me reposer parce qu’elle sait comment je travaille, comment des détails sont importants : comment tu ranges le stock, comment tu accueilles le client, des petits détails logistiques comme ça. Écoute, je fais ce que je peux. Je suis loin d’arriver à faire tout ce que je veux, mais je me débrouille.

Adrien : Ça se prépare quoi, six mois ou un an à l’avance ?

Sarah : Beyond the Streets à La Villette, ça s’est fait en très, très, très last minute parce que c’est une exposition qui remplace une autre expo. Donc, je pense au début d’année... Ça s’active toujours sur les trois derniers mois, ça s’accélère. Plan C à Milan, ça s’est fait aussi très vite. Ouais, trois mois. Trois mois, c’est bien. (Rires)

Adrien : Comment tu arrives à trouver tes concepts et à conceptualiser les choses, pour à chaque fois arriver avec quelque chose de frais et de surprenant ?

Sarah : Eh bien, il y a un cadre et j’essaie de remplir pour cet environnement. J’essaie en parallèle de suivre l’actualité. Dès que je vois une nouvelle marque, un nouveau créateur qui génère un petit coup de cœur, j’essaie de l’intégrer. L’année dernière, j’avais fait un projet pour Snoopy, rue de Turenne, en invitant aussi bien des créateurs à habiller Snoopy et Woodstock qu’à proposer un assortiment pour la partie gift shop. Là, ça va aller à New York en septembre. Donc il y a une continuité puisque c’est toujours Snoopy et la mode. Il y a quelques produits et marques avec qui on avait travaillé, mais après, on adapte parce que c’est un espace plus grand, une durée plus longue de pratiquement trois semaines. On a envie de rebondir sur le fait que ça se passe à New York, donc d’inviter plus de marques new-yorkaises. C’est très simple.

Adrien : Pourquoi est-ce qu’on vient chercher Sarah Andelman pour faire du conseil ? J’imagine que tu es sous NDA avec plein de marques, mais est-ce que tu peux nous dévoiler un petit peu des business cases sur lesquels tu interviens ?

Sarah : Je pense qu’on vient me chercher pour l’expérience, les connexions, le fait que je navigue toujours aussi bien dans le domaine de la mode, du luxe, de la beauté, de l’art, que du design ou de la food. Comme depuis l’époque de Colette, tout m’intéresse et, malheureusement, j’ai un avis sur tout ! (Rires) Donc je vais donner des idées et après, les marques les suivent ou pas.

Après, il y a les “happy connections”. Par exemple, il y a des projets où ce sont vraiment des rapprochements qui se font spontanémenent. En ce moment, il y a JR au Pont-Neuf. Pour qu’il y ait des souvenirs, je lui ai présenté au Vieux Campeur Congés Payés (par l’équipe de Merci), Arteum et la Samaritaine, et hop, on a le shop de la Caverne au bout du Pont-Neuf et cela a du sens pour tout le monde, et ça me rend très heureuse !

Collaboration JR x Au Vieux Campeur

Typiquement, là, tout s’est fait de mon côté très spontanément. Et ça aurait été pareil si ça avait été une commande de je ne sais pas lequel de ces acteurs pour me dire : « Je veux soit développer des produits dérivés, soit avoir une activation autour du Pont-Neuf. » C’est tisser des liens avec le temps et après, quand ça se présente, créer les connexions pour tout le monde.

Adrien : Par exemple, tu as travaillé pour le PSG ?

Sarah : Non, on a fait des collaborations à l’époque de Colette, à l’époque du Grand Palais. Mais travailler officiellement pour le PSG, non. J’espère que je n’oublie pas ! (Rires) Quand j’ai fait le projet pour le Japon avec Edifice, qui est aussi le partenaire du PSG Japon, c’était l’occasion de faire cette collaboration “Le Petit Nicolas x PSG”. Je trouvais que ça avait vraiment du sens parce que quand on lit le livre, le Petit Nicolas joue tout le temps au football sur le terrain vague. Dans le genre icône française et parisienne, je trouvais que c’était une chouette collaboration. Je suis très proche d’eux, mais non, je n’ai pas eu une mission officielle.

T-shirt de la collaboration Le Petit Nicolas x PSG

J’ai aussi participé au projet Goat People of Paris, pour avoir des ambassadeurs. J’avais répondu présente, très honorée. Mais ils n’ont pas vraiment besoin de moi. Je connais bien Fabien Allègre, Guillaume Salmon... Ils savent identifier les marques, qu’il s’agisse d’une marque de chocolat ou d’une marque de streetwear. Tout le monde a envie de collaborer avec le PSG aujourd’hui, donc je pense qu’ils ont une longue liste d’attente.

Adrien : Plus que jamais.

Sarah : En ce moment, ils font cette “Maison PSG” qui voyage, ils ont Julien Pham pour la partie food, je trouve ça vraiment intéressant d’intégrer l’expérience avec des chefs parisiens dans le monde entier.

Adrien : Et tu travailles pour des géants de la tech comme Amazon, Snapchat ou du design comme IKEA ou bien Nike et Adidas ?

Sarah : Alors, effectivement j’aime accompagner des “géants” comme tu dis, ce sont toujours des super expériences.

Adrien : Ça marche. Quand tu es sur des lancements internationaux et globaux comme ça, comment est-ce que tu arrives à te nourrir du reste du monde pour que ça soit pile dans le mille ? Est-ce que finalement, Paris est le centre du monde et ça te permet de comprendre et de sentir le monde entier ? Ou est-ce que tu continues de voyager comme une dingue en Chine, au Japon, en Corée, en Amérique du Sud ?

Sarah : Non, je dirais qu’évidemment, Paris, c’est mon centre du monde à moi. Et je trouve que pour n’importe quelle marque, être présente ici, faire des événements et des rendez-vous ici, c’est capital. On est vraiment une ville au top. Je sais que ce sont des cycles, mais pour moi, Paris aujourd’hui, que ce soit via les galeries, les musées, les restos... Tu touches beaucoup de monde globalement pendant les rendez-vous, que ce soit la Fashion Week ou Art Basel. Donc c’est toujours intéressant pour n’importe quelle marque de faire des lancements ici. J’aime bien les accompagner parce qu’au moins, je peux être là au quotidien et voir.

Après, il y a des villes privilégiées comme New York ou Tokyo, où je vais régulièrement, ou Los Angeles, où je me sens à l’aise d’accompagner des pop-ups. Mais si demain tu me disais Séoul... Si c’est dans l’enceinte d’une marque avec qui je travaille, que je connais bien, et s’il faut ramener des marques ou des créateurs liés à Paris, je serais à l’aise. Mais si tu me demandes de faire un projet en Corée avec des marques coréennes, non, je ne suis pas légitime là-dessus. On m’a proposé pas mal de projets en Chine où, pareil, j’ai besoin de voir, de comprendre pour vraiment me lancer. Encore une fois, si c’est lié à une curation des livres que j’édite ou de marques avec qui je travaille pour les faire venir parce qu’elles ne sont pas présentes, oui, avec un partenaire je me sentirais à l’aise parce que j’aurais des repères. Mais voilà, je ne dis pas oui partout dans le monde si je ne suis pas à l’aise. C’est important d’être sûre que le projet ressemble à quelque chose. Des marques et des créateurs me font confiance si je les fais voyager, entre guillemets, donc je veux être sûre que ça ait du sens pour tout le monde.

Adrien : Qu’est-ce qui est désirable aujourd’hui ? Qu’est-ce qui toi, t’excite particulièrement ?

Sarah : C’est bateau, c’est cliché, mais je vais dire ce qui est authentique. Les créateurs qui inventent quelque chose, qui sont derrière leur marque au quotidien, qui racontent un message, des valeurs, et qui ne ressemblent pas à la nième copie de la copie de la copie de quelque chose d’autre. Il faut qu’il y ait de l’humain derrière, je trouve, des personnalités.

Sur Beyond the Streets, j’ai insisté pour avoir un corner avec Pablo T-Shirt Factory. Parce que c’est vrai que Pablo Attal est quelqu’un d’hyper attachant qui, pour le coup, court le monde et est présent partout. Je pense qu’il y a la jeunesse, le feu derrière. Il développe avec son projet, dans le bas du Marais, quelque chose qui vit, où il n’a pas peur de faire un pop-up pour un jour ou deux jours avec aussi bien un musicien qu’un artiste. Je vois que ça bouge et je trouvais ça logique d’avoir un peu de sa vibe sur l’exposition, avec les t-shirts à la demande. Non seulement c’est intéressant pour les visiteurs de pouvoir personnaliser leur t-shirt — là, c’est avec Carhartt où tu peux écrire ton nom —, mais en plus, tout ce qui se dégage derrière, je trouve ça intéressant. C’est désirable parce qu’il est là, parce qu’il draine sa communauté, il m’inspire. Après, je pense à plein d’autres créateurs avec qui j’ai pu travailler régulièrement, je pense à En Vrac Paris, à Orfeo Tagiuri avec ses wish cards ... Ce sont presque plus des marques d’objets que de mode.

Pablo Attal de Pablo T-Shirt Factory

Adrien : Que de mode, oui. On sent qu’il y a un glissement du monde de la mode vers le design et vers l’expérience. On a l’impression que le vêtement ou le sac ne font plus rêver. Toi personnellement, tu es plus excitée par l’hospitality, la food, le design que par la mode ? Il n’y a rien qui t’excite en ce moment dans la mode ?

Sarah : Évidemment, j’adore toujours le travail de certains créateurs comme Jonathan Anderson chez Dior ou Michael Rider chez Céline, mais est-ce toujours pertinent. Quand on voit ce qui s’enchaîne à Los Angeles et New York, un jour Dior, un jour Louis Vuitton, un jour Gucci, ce sont tellement d’investissements. Bien sûr, ce sont beaucoup de views sur le moment, mais après, il y a autre chose et... c’est too much peut-être ?

Évidemment, quand j’étais à fond dans Beyond the Streets, j’ai trouvé extraordinaire que Louis Vuitton collabore avec un Keith Haring. Tu te poses des questions : oui, non, pourquoi ?

Aujourd’hui, J’ai envie de voir qui va être le prochain KidSuper, la prochaine Marine Serre ou le prochain jeune créateur qui arrive à se faire une place au milieu de tous ces géants.

J’aime beaucoup Emeric et sa démarche pour 3.paradis.

Adrien : Tu le vois arriver ? Tu sens que ça bouillonne ou pas trop ?

Sarah : Je vieillis, j’essaie de suivre, mais je suis moins sur le terrain qu’à une époque, je pense. J’espère que je le verrai venir.

Couvertures des nouveaux livres chez Just An Idea : Tom Binns et Helga Stenzel

Adrien : Tu sors de nouveaux livres chez Just An Idea. Six nouveaux livres, c’est ça ? Tu peux nous dire en preview de qui il s’agit et pourquoi tu les as choisis ?

Sarah : Jusqu’à maintenant, je sortais toute la collection d’un coup. Là, je vais les sortir petit à petit. Celui qui a été annoncé aujourd’hui même, c’est Tom Binns. C’est ce créateur avec qui on travaillait à l’époque chez Colette. C’est quelqu’un qui a eu beaucoup d’influence dans les bijoux, même s’il n’est pas ultra reconnu. Entre autres, il avait fait ma bague de fiançailles ! Chez Colette, il avait des lignes très différentes les unes des autres : des lignes très épurées qui ont pu inspirer des marques comme Tom Ford (époque Tom Ford) et des lignes beaucoup plus punk avec des objets trouvés, des détournements. C’est quelqu’un qui est toujours à Los Angeles, à faire des pièces presque uniques ou spectaculaires. Je pense qu’il aura un livre avec une vraie rétrospective de tout son travail chez un éditeur un jour, mais en attendant, ce sont surtout ses pièces avec des objets trouvés que j’ai voulu mettre en avant. C’est Sandrine Merle, de The Jewelry Post, qui a accepté d’en écrire l’intro. Je pense que ça peut être une référence pour des créateurs de bijoux, pour des inspirations mode. Il n’a pas de limites dans ce qu’il fait, je trouvais ça intéressant.

L’autre qu’on a annoncé, parce qu’on fait la signature ce samedi, c’est une artiste basée à Londres qui s’appelle Helga Stenzel. Elle fait des installations et des images avec des objets du quotidien : une pince à linge, du linge qui pend, et ça forme une silhouette d’animal. Elle était au Royal College of Art en même temps que Jean Jullien. Je trouvais son travail très amusant, un peu comme ce que j’avais pu faire à l’époque avec Nicole McLaughlin qui utilise des objets du quotidien pour faire des accessoires. C’est quelqu’un que j’avais envie de mettre en avant.

Adrien : Tu me dis les quatre autres ?

Sarah : Il y a Marc Azoulay, qui travaille avec JR. Ce sont ses photographies de l’atelier de Christo à New York, qui est resté tel quel, intact, après la disparition de Christo et Jeanne-Claude. Il y en a un avec Stéphane Manel, qui a fait des dessins autour d’une date précise avec toutes les personnes qui sont nées, mortes, ou les inventions de ce jour-là. C’est via des posts sur Insta que j’ai découvert cette série de son travail. C’est très joli.

Il y a aussi Tim Klein qui, en suivant les découpes de vieux puzzles, s’est rendu compte qu’ils avaient les mêmes formes. Il mélange les images pour en faire des puzzles-montages assez étonnants. Et le sixième, le plus mode, c’est Derek Blasberg, avec ses photos de 2009 à 2012 issues de sa rubrique Fast + Louche sur Interview Magazine. C’est toute une époque de soirées avant les réseaux sociaux, qu’il a complétée avec des petites anecdotes.

Couvertures des nouveaux livres chez Just An Idea : Marc Azoulay

Adrien : Très drôle. Et on les retrouve où ?

Sarah : Sur mon site. Et je vais faire des lancements. Pour Marc Azoulay, ce sera chez Cahiers d’Art, là où Christo avait fait une vitrine, j’en suis ravie. Pour Stéphane Manel, ce sera chez Yvon Lambert avec une petite expo. Et pour Derek Blasberg, on fera le lancement chez 7L le 7 juillet.

Adrien : Merveilleux. Merci beaucoup Sarah ! À bientôt !

Sarah : Merci Adrien, bonne fin de journée. Bye !

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Adrien.
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