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★ Spirit Of Free Speech · Aug 20, 2026

👁‍🗨 Comment la Finlande s’autodétruit pour l’OTAN

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Par Nate Bear, le 18 août 2026

La Finlande, souvent considérée comme le pays le plus heureux du monde, affiche désormais le taux de chômage le plus élevé d’Europe, la demande d’aide alimentaire a explosé de plus de 70 % et le nombre de sans-abri, en baisse depuis plus de dix ans, a augmenté de 34 % en seulement deux ans. La situation dans le pays est si grave que près de 20 % de la population finlandaise est désormais considérée comme menacée par la pauvreté,

Autrefois considérée comme le modèle d’une vie meilleure, d’une gouvernance compétente et d’un État-providence fort, la Finlande s’effondre à une vitesse fulgurante. Que s’est-il passé pour que tout aille si vite de travers ?

En trois mots : OTAN, austérité et russophobie.

Ces trois éléments sont étroitement liés. La Finlande réduit son État-providence à peau de chagrin pour atteindre l’objectif de l’OTAN consistant à consacrer 5 % du PIB aux dépenses militaires, un objectif rendu nécessaire par l’abandon de la neutralité du pays et ses choix de privilégier l’État militariste au détriment de l’État-providence après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

La rapidité de cet effondrement a été stupéfiante.

En 2019, le risque de pauvreté était de 11 % et, en 2022, le pays était en passe d’atteindre un taux de chômage historiquement bas.

Mais tout a changé après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la réaction hystérique et disproportionnée du pays face à une menace imaginaire. Et ce n’est pas seulement mon avis.

Plusieurs universitaires finlandais, dont Heikki Patomäki, professeur de politique internationale à l’université d’Helsinki, ont déclaré que les circonstances ne justifiaient tout simplement pas que la Finlande adhère à l’OTAN, qu’elle rompe ses liens économiques précieux avec la Russie et qu’elle militarise sa frontière.

Les faits le confirment.

Au moment de l’invasion de l’Ukraine, la Russie ne disposait que de quelques milliers de soldats répartis dans diverses bases le long de sa frontière de 1 340 km avec la Finlande.

Ces bases abritaient une poignée de batteries de défense antimissile et quelques dizaines de chars. Une grande partie des troupes et du matériel a ensuite été déployée en Ukraine, laissant les bases vides. La menace d’invasion était manifestement inexistante, et Poutine l’a souligné en mai 2022 lors d’un entretien téléphonique avec le président finlandais de l’époque, Sauli Niinistö.

Mais à ce stade, la russophobie et l’hystérie autour de l’adhésion à l’OTAN avaient déjà pris une ampleur considérable. Sanna Marin, la jeune Première ministre finlandaise de l’époque, chouchoute des médias libéraux, s’est révélée une porte-parole particulièrement efficace. Bien qu’elle ait affirmé, dans les jours qui ont suivi l’invasion russe, que la menace était inexistante, son ton est devenu nettement plus belliciste au cours des mois suivants. Elle a affirmé que la Russie “représente une menace pour nous tous” et s’est mise à adopter un discours digne d’un dirigeant en temps de guerre, déclarant en septembre 2022 que

“la Russie peut défier la Finlande, nous faire chanter et nous menacer, mais nous ne capitulerons pas”.

Il faut garder à l’esprit qu’à ce moment-là, la Russie ne disposait pratiquement d’aucune troupe ni d’aucun équipement à sa frontière occidentale avec la Finlande. La menace russe invoquée était purement imaginaire, fruit de son imagination.

Néanmoins, en avril 2023, la Finlande a adhéré à l’OTAN, quelques jours seulement après la défaite de Marin face à la droite et à l’extrême droite lors d’une élection où la ligne politique vis-à-vis de la Russie faisait l’unanimité, les conservateurs, les ethno-nationalistes et les sociaux-démocrates de Marin partageant tous le même discours.

Après sa défaite, Marin s’est précipitée pour travailler avec Tony Blair, tandis que le nouveau gouvernement conservateur-nationaliste s’est attelé à démanteler l’État-providence finlandais pour financer le privilège de l’adhésion à l’OTAN.

Le gouvernement finlandais a désormais bien avancé dans son programme de réduction de 9 milliards d’euros de dépenses publiques d’ici 2027, comprenant d’importantes coupes dans la sécurité sociale (notamment les aides au logement, les allocations familiales et les allocations chômage), la santé, l’éducation et les budgets des collectivités locales, tout en augmentant les impôts des salariés aux revenus moyens. Les coupes dans les services de santé ont été particulièrement brutales, avec notamment une forte réduction des effectifs hospitaliers, des soins aux personnes âgées et des services aux personnes en situation de handicap, tout en redéfinissant les “obligations de service minimum” pour justifier une baisse de la qualité des soins prodigués aux patients. Le gouvernement a également sabré le financement des organisations œuvrant pour la paix et des initiatives destinées à apaiser les relations avec la Russie, qui s’apparentent désormais à une nouvelle guerre froide.

De plus, le nouveau gouvernement a définitivement fermé tous les postes-frontières avec la Russie déjà partiellement supprimés par les sociaux-démocrates de Marin, et s’est attelé à la construction de longs tronçons de clôture frontalière, sécurisés par des troupes, des caméras de vision nocturne et des détecteurs de mouvement.

Et tandis que le pays entier souffre désormais de la paranoïa belliciste qui s’est emparée des dirigeants finlandais, ses villes frontalières ont été particulièrement touchées.

Avant la guerre, les Russes traversaient régulièrement la frontière pour faire leurs courses, boire un verre, séjourner à l’hôtel et se rendre dans leurs résidences secondaires situées dans les villes et villages le long de la frontière. Tout cela a disparu. Une estimation citée dans une récente étude finlandaise évalue la perte liée au tourisme russe dans la région frontalière de la Carélie du Sud à près d’un million d’euros par jour. Le chômage dans certaines régions frontalières avoisine désormais les 20 %.

La frontière constituait également autrefois une importante porte d’entrée commerciale entre l’UE et la Russie, mais sa fermeture a entraîné la disparition d’une grande partie du trafic routier de marchandises et des activités de transport en général. L’OCDE affirme que l’est de la Finlande est passé du statut de “passerelle économique” à celui de “barrière de sécurité”, une transition qu’elle salue bien sûr plutôt qu’elle ne la déplore, alléguant que s’opposer à la Russie compte non seulement pour la Finlande, mais aussi pour l’Europe dans son ensemble.

Viennent ensuite les matières premières comme le gaz et le bois.

En 2021, la Russie représentait environ 92 % des importations de gaz de la Finlande. La Finlande a remplacé la totalité de ces importations par un cocktail de fournisseurs, y compris du GNL bien plus onéreux en provenance des États-Unis, de sorte que la Finlande, qui affichait auparavant certains des prix du gaz les plus bas d’Europe, présente désormais les prix du gaz les plus élevés.

Quant au bois, 70 % des importations de bois de la Finlande provenaient de Russie en 2021, et ce bois représentait environ 10 % de l’ensemble du bois brut utilisé par l’industrie finlandaise. Les usines de pâte à papier finlandaises ont par la suite fait faillite et le secteur a été confronté à des pénuries qui persistent encore aujourd’hui, après que l’UE, avec le soutien de la Finlande, a interdit aux pays européens d’acheter du bois à la Russie.

Les décisions de la Finlande, tant indépendantes que collectives dans le cadre de l’UE, ont plongé plusieurs millions de citoyens finlandais dans la misère. Pourtant, alors même que le pays démantèle l’État-providence, il dépense plus d’argent que jamais, environ 8,1 milliards de dollars en 2025, en armement de guerre pour lutter contre une menace auparavant inexistante. Une menace que la Finlande vient de rendre bien réelle par son nouveau militantisme anti-russe au sein de l’OTAN, Poutine ayant promis de réagir au renforcement des effectifs à la frontière finlandaise.

Et parmi les bénéficiaires d’une Finlande désormais agressive et nouvellement armée figurent les marchands d’armes du complexe israélien d’apartheid et de génocide, qui, en 2024, ont vendu à la Finlande leur système de défense aérienne “David’s Sling” à l’efficacité douteuse pour 316 millions d’euros. La Finlande a également acheté des missiles pour chars et navires à la société israélienne Rafael, qui a fourni l’essentiel des armes et équipements utilisés pour commettre le génocide de Gaza. Le gouvernement finlandais a déclaré que le génocide de Gaza perpétré par Israël ne l’empêchera pas d’acheter des armes à ce pays, position qui cadre parfaitement avec l’attitude générale des dirigeants européens totalement dépourvus de toute intégrité morale.

La Finlande consacre également 10 milliards d’euros à l’achat d’avions de chasse américains, ainsi que quelques milliards d’euros à des missiles et bombes planantes destinées à être tirées depuis ces avions tout en accordant à l’Ukraine 2,3 milliards d’euros d’aide militaire directe sur trois ans.

Tout cela est complètement dément, mais nullement surprenant compte tenu de la russophobie omniprésente dans toutes les sphères du pouvoir européen et désormais profondément ancrée sur le continent.

La Finlande a en effet détruit tout ce qui faisait d’elle, aux yeux de nombreux observateurs, une nation enviée par le monde entier. Le pays a mis à mal le modèle qui lui a assuré un niveau de vie exceptionnel, un modèle fondé notamment sur la neutralité et de relations harmonieuses avec la Russie.

Mais Helsinki a préféré se lancer dans un programme d’ajustement structurel qu’elle s’est lui-même imposé pour financer son adhésion à une alliance militaire dont elle n’avait nul besoin, cette adhésion créant un ennemi jusqu’alors inexistant, un ennemi qui se trouve être une superpuissance nucléaire avec laquelle il partage une très longue frontière.

Le prix à payer a été, et restera, très élevé, et ce sont bien entendu les Finlandais lambda qui en feront les frais pour longtemps.

Mais cela ne se limite pas à la Finlande.

Nous assistons, partout en Europe, à la honteuse substitution de l’État-providence par l’État militariste, tandis que les marchands de génocide et de mort s’en mettent plein les poches.

Traduit par Spirit of Free Speech

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