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Gang de Plumes, la newsletter de Sophie Gliocas · Jul 4, 2026

Devinez quoi ? Je me suis mariée !! 💐

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Sophie Gliocas · Gang de Plumes, la newsletter de Sophie Gliocas

💌 Bienvenue sur la newsletter Gang de Plumes !

👋 Je m’appelle Sophie Gliocas, j’ai 32 ans, je vis à Paris et je suis romancière. Ici je raconte mon quotidien d’autrice publiée, mais surtout mon expérience en tant que femme désormais trentenaire, ainsi que tout ce qui m’a façonné avant : l’enfance, l’adolescence et puis la vingtaine.

🩷N’oublie pas de liker cette lettre une fois que tu l’auras lue : un micro-geste pour toi, et une grande aide pour moi !

Ce soir-là d’août 2017, il fait chaud si bien que je n’arrive pas à dormir. Je zone sur mon ordinateur portable dans mon salon plongé dans l’obscurité. À cette époque, je vis encore à Rennes. J’y habite d’ailleurs depuis moins d’un an et, si les premiers mois d’habitation furent chaotiques pour ma santé mentale1, je me remets sur pied doucement.

Sans surprise, tout n’est pas toujours rose.

J’ai l’impression d’osciller entre les bonnes nouvelles (je sors de clinique psychiatrique pour dépression sévère depuis peu) et les plus moroses (je suis célibataire depuis quasiment ma sortie d’HP. outch). Bref, je fais au mieux en prenant chaque jour après l’autre. La vie en soi me semble déjà une épreuve à elle toute seule.

Mais ce soir-là, alors que rien ne le présageait, je rencontre un mec sur Twitter. Il s’appelle Geoffroy, il a 29 ans et il est journaliste. On discute par messagerie privée d’un sujet d’actualité qui n’a rien de très joyeux. La conversation est fluide, naturelle, elle en effacerait presque la gravité du sujet.

Bon. Vous devinez que cette conversation ne s’est jamais véritablement arrêtée depuis. Elle a repris dès le lendemain matin au réveil, s’est poursuivie tout au long de la journée, le soir suivant… Les sujets politiques se sont mêlés à des discussions plus intimes, émotionnels. Tout était si simple, si facile. Sans même s’être vus en vrai, nous sommes devenus deux aimants incapables de passer une heure sans s’écrire, échanger, rire ou se confier.

La suite fut une évidence. J’ai profité de l’anniversaire d’un copain à Paris fin septembre pour qu’on organise notre premier date. Je me souviens de cette journée comme si elle datait d’hier. Je me souviens de mon stress couplé à mon excitation, puis de notre besoin irrépressible de s’enlacer, s’embrasser, de se tenir par la main. Malgré toutes ces journées à discuter ensemble à distance, nous avions encore tant de choses à nous dire !

Ce soir-là, je suis rentrée à Rennes avec la conviction que nous nous reverrions très rapidement. Nous avions besoin de plus. Nous n’étions qu’au début. Je le sentais au creux de mon estomac. Avec Geoffroy, tout avait été beau, lumineux et doux en seulement quelques heures. Et je voulais retrouver cette sensation qu’il me procurait. J’ai eu de la chance car lui et moi partagions les mêmes envies. Ce besoin de se retrouver n’importe où et n’importe quand. Cette envie de ne jamais se quitter, de tout faire, tout voir et tout vivre ensemble. Nous avons été très rapidement sur la même longueur d’ondes concernant nos attentes et nos projets.

C’est d’ailleurs ce qui me surprend toujours le plus dans notre relation : la capacité que nous avons à être les deux facettes d’une même pièce. Nous sommes si différents en termes de personnalités et de réactions et pourtant, tellement fusionnels quant à nos valeurs, nos idées et nos aspirations.

Avec Geoffroy, tout est une évidence permanente, une ligne toute tracée qui n’a rien de déprimante ou d’ennuyeuse. Au contraire. Elle me stimule, suscite ma curiosité, me donne toujours envie de savoir ce que le futur nous présage.

Car malgré mon anxiété, mes angoisses existentielles qui peuvent être envahissantes, cet homme m’a offert un confort incomparable. Avec Geoffroy, je me sens en sécurité. Bien sûr, cela ne retire en rien ma vulnérabilité (je reste incorrigible quant à mes inquiétudes), mais il m’a offert le cadre doux et apaisant dont je manquais cruellement.

Notre relation à distance s’est poursuivie pendant deux ans à coups d’allers-retours en TGV, de rendez-vous manqués lorsqu’il y avait des grèves pour se retrouver encore plus fort quelques semaines plus tard. Je lui ai fait découvrir Rennes, ses restaurants accueillants, ses crêperies délicieuses et ses petites boutiques situées dans le centre historique. J’en ai aussi profité pour lui faire découvrir Saint-Malo, Saint-Lunaire, Dinard ou encore le Mont-Saint-Michel. À Paris avec lui, j’ai retrouvé mes vieilles habitudes que je n’étais finalement jamais parvenue à lâcher.

Chaque séparation, chaque « au revoir » promis d’un « à bientôt » était un déchirement permanent. Ma frustration était sans limite. Pourquoi devoir subir une telle distance alors que nous étions inséparables ? Pourquoi est-ce que le pragmatisme de la vie d’adulte venait s’insinuer au milieu de notre amour si pur, si joyeux et débordant ? Je refusais ces limites. Je les considérais saugrenues, révoltantes, fades.

En octobre 2019, j’ai fini par rentrer à la maison. Paris, mon chez moi. J’ai retrouvé les métros bondés, les vélos qui filent à toute vitesse, cette ville qui à la fois épuise et insuffle un regain d’énergie permanent. J’y suis revenue sans regret, une nouvelle fois aspirée par tout ce qu’elle a à offrir. Et il y avait désormais Geoffroy au plus près, dans son petit appartement de Ménilmontant en cohabitation avec son chat Ninja et qui n’attendait que mes allers-et-venues entre chez lui et chez mes parents.

Et puis… il y a eu le COVID. Comme tout le monde, nous avons vécu un temps d’arrêt. L’impossibilité pour moi de pouvoir passer des entretiens d’embauche et par conséquent de trouver un emploi qui nous permettrait d’enfin vivre ensemble. L’impossibilité de se voir à cause des règles sanitaires. Si proches et si éloignés à la fois. Quand allions-nous enfin pouvoir nous créer notre foyer ? Notre petit nid d’amour ?

Quelques mois plus tard, tout s’est débloqué. En mai 2021, nous avons pu poser nos cartons dans cet appartement dans lequel nous vivons toujours avec Ninja et que nous aimons tant. Nous avons enfin pu vivre notre vie à deux, connaître tous ces plaisirs à la fois simple et précieux. Cet empressement de se retrouver le soir après le travail, ce plaisir de se réveiller le matin l’un près de l’autre. Sans oublier nos rituels qui continuent de s’empiler au fil du temps qui passe : les viennoiseries quand la vie est un peu fatiguante, le cinéma le week-end, les dîners devant la télé à regarder des séries, les runnings dans le quartier, se dire « je t’aime » à longueur de temps, les brunchs et les mimosas dont je raffole.

Nos fondations sont si profondément ancrées dans le sol, les murs si épais et solides, que nous avons le privilège immense de pouvoir nous préoccuper seulement de tout le reste.

J’aurai pu accueillir tout ce bonheur à bras grands ouverts, mais depuis le temps, vous me connaissez. Ma santé mentale s’est à plusieurs reprises méchamment cassé la gueule. Longtemps, je ne me suis pas crue légitime à vivre autant de belles choses dans ma vie. La certitude qu’un événement horrible allait m’arriver en retour était présente en permanence, telle une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Rien que d’écrire ces mots me collent des frissons car ces pensées restent encore un peu tapies au fond moi. Elles ne pourraient d’ailleurs être que des pensées intrusives, mais elles ont longtemps été un lierre qui m’étouffe au point de rendre mon cerveau malade.

Mes épisodes dépressifs sont chroniques, certains plus graves que d’autres. Et même si j’essaie de faire preuve de douceur envers moi-même, de me porter un regard conciliant, il m’arrive encore de haïr mon cerveau. Je m’en veux d’être ainsi. Parfois même, je me déteste. L’impression de tout gâcher sans savoir si c’est vraiment moi qui gâche tout ou si justement je me prépare au pire qui arrivera inévitablement. Et pourtant, Geoffroy a toujours fait preuve d’une patience incomparable. Il n’est pas seulement une béquille, il est une épaule réconfortante sur laquelle je peux me reposer, des bras dans lesquels je me sens en sécurité, une voix qui me rappelle que même s’il ne peut pas contrôler le monde entier pour m’apaiser, il est là.

Geoffroy fait partie de cette catégorie d’humains que j’admire : les forces tranquilles. Il est la gentillesse incarnée. Il déborde d’affection, de générosité, d’attention. Son intelligence m’épate, son humour m’est indispensable. Je le vois évoluer d’année en année, devenir un humain encore et toujours plus exceptionnel et le simple fait de poser ce regard sur lui me procure une fierté incommensurable. Plus incroyable encore, il m’a aidé à prendre conscience de ma valeur, de mes ressources, de ma force. Geoffroy est devenu mon pilier.

Alors, sans surprise, il y a quelques années nous avons commencé à parler de nous unir pour la vie. Je suis une pragmatique qui conçoit le mariage seulement comme un contrat avec des droits et des obligations, mais à mes yeux, ce contrat était sans doute l’un des plus beaux qu’on pouvait s’accorder.

Parce que nous ne voulons pas d’enfants, mais nous voulons être officiellement reconnue comme une famille. Parce que nous voulons nous assurer une protection légale et juridique mutuelle. Parce que nous avions besoin de laisser une empreinte durable et immuable de cet amour que j’espère éternel.

Je savais que je voulais une cérémonie intime, presque en catimini. Il y a un mot pour ça en anglais : « elopement ».

Un élopement ou elopement désigne un mariage intimiste, réalisé de manière discrète, pouvant être directement suivi d’un voyage de noces ou être célébré durant un voyage mais ne donnant pas lieu à un grand rassemblement. Le terme était à l’origine utilisé dans le monde anglo-saxon pour définir un mariage conduit de façon clandestine, impliquant généralement la fugue d’un couple amoureux, dans l’intention de se marier. Il est généralement présenté de cette manière dans les œuvres romantiques mettant en scène des mariages impossibles. (définition Wikipedia)

Moi qui suis déjà si nerveuse à l’idée d’organiser ne serait-ce que mon anniversaire2, qui peux ruminer pendant six mois tout ce que j’aurai pu mieux faire après une soirée, il était hors de question que je me rende malade pour un tel événement. Je n’aime pas être le centre de l’attention aussi longtemps, je refusais donc de finir dévorée par l’angoisse.

Geoffroy était sur la même longueur d’onde3, mais il a tout de même fallu couper la poire en deux entre mes envies de noces secrètes (😬) et ses propres considérations (moins radicales, dirons-nous). Nous avons donc invité seulement nos parents et frères et sœurs (ainsi que leurs conjoint.e.s et enfants) pour notre cérémonie à la mairie. Nous étions moins de 20 personnes et c’était la jauge idéale pour ma propre sérénité.

Le samedi 20 juin, nous nous sommes dit « oui » officiellement. Nous sommes entrés sur la musique “L-O-V-E” de Nat King Cole que j’aime tant, celle qu’on entend dans « À nous 4 », l’un des films de mon enfance. Déjà petite, je me disais que je voulais que ce soit la musique de mon mariage. And I did it !

Nous avons ensuite fait un tour des lieux emblématiques de Paris à bord d’un autobus Renault TN (ceux des années 30 mis en circulation jusqu’à la fin des années 60) puis nous avons célébré cette journée par une soirée au restaurant avec tout ce petit monde. Il faisait 33 degrés, nous dégoulinions sous la chaleur écrasante, mais cela ne nous a pas empêchés de vivre une journée merveilleuse.

Encore mieux, je n’ai pas dérogé à mes envies, peu importe les recommandations et les avis qu’on pouvait me souffler de part et d’autre. Je n’ai pas porté de longue robe blanche car ça ne me correspond pas. Je n’avais pas de bouquet (parce que me connaissant, je me serai trouvée un peu ridicule avec). Nous n’avons pas échangé d’alliances (car nous ne portons pas de bijoux). Je n’ai pas non plus fait de brushing, ni de manucure, encore moins de maquillage par une professionnelle. Je voulais me sentir à mon aise et, pour y parvenir, je savais qu’il me fallait un minimum d’artifices. Je suis tellement heureuse de m’être écoutée jusqu’au bout, de n’avoir pas cédé à l’appel des sirènes au loin.

Je suis convaincue que tout le monde doit vivre cette journée comme il l’entend sans se préoccuper des avis des uns et des autres.

Il faut que cette journée soit à votre image. Un point c’est tout.

Ce mariage que nous avons attendu durant des mois a filé à une vitesse folle. J’y pense encore chaque jour avec émotion. Et c’est pour ça que je voulais vous le raconter aujourd’hui. On ne se connait pas personnellement vous et moi, et vous savez ce que je pense des relations parasociales. Mais justement, il m’arrive de déborder de joie pour des inconnus dont je ne connais que des bribes de vie à travers les réseaux sociaux. D’une certaine manière, je trouve ça beau, cette capacité qu’on a de se réjouir pour les autres, de se satisfaire de leurs bonnes nouvelles alors qu’elles ne nous apportent pas grand-chose sur le plan personnel.

C’est aussi ma manière de vous expliquer pourquoi ces derniers mois j’ai souvent été fatiguée (le fameux ZONA haha) et pourquoi j’ai sous-entendu dans ma dernière lettre que mon mois de juin ne s’annonçait pas de tout repos. J’ai gardé mon mariage secret, loin des réseaux sociaux, afin de ne pas me mettre encore plus la pression, mais au fond je savais que j’avais hâte de vous en parler une fois que le stress se serait envolé.

Alors voilà, à mon tour d’ajouter une petite pierre à l’édifice de ce que le monde peut avoir de beau, de joyeux et de doux. Je crois qu’on en a besoin.

Je me suis mariée à l’homme de ma vie, j’en suis très heureuse et j’espère que vous l’êtes pour moi.

A bientôt,

Sophie 🩷

PS : toutes les photos de cette journée lumineuses ont été prises par la photographe @SabrinaSako dont j’ai découvert le travail par hasard sur Substack un jour que je scrollais mon fil d’actu dans l’appli. Comme quoi, la boucle est bouclée 😉. Et si vous voulez en voir d’autres, ça se passe sur mon compte Instagram aujourd’hui (et demain hihi).

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👋 Je m’appelle Sophie Gliocas, j’ai 32 ans, je vis à Paris et je suis romancière. Ici je raconte mon quotidien d’autrice publiée, mais surtout mon expérience en tant que femme désormais trentenaire, ainsi que tout ce qui m’a façonné avant : l’enfance, l’adolescence et puis la vingtaine.

🩷N’oublie pas de liker cette lettre une fois que tu l’auras lue : un micro-geste pour toi, et une grande aide pour moi !

1

Rien à voir avec la ville en soi, je précise. J’aime toujours autant Rennes, même après l’avoir quittée !

2

Ne blaguez pas mais la dernière fête d’anniversaire que j’ai organisé remonte à mes 30 ans (j’en ai à présent 32 pour rappel) et j’avais d’ailleurs raconté par ici à quel point j’avais été dévorée par le stress UN MOIS AVANT.

3

Il refusait lui aussi de stresser à cause de trop de préparatifs.

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