Je sors d’un rendez-vous prospect et je suis déçue, une fois de plus il n’a pas compris l’importance de ma proposition.
Avant, je me serais énervée. “C’est pourtant évident, comment peut-il ne pas voir ça ?!”
Aujourd’hui, je comprends mieux : j’ai loupé le coche.
Dans mon explication de ce que je pouvais faire pour lui, j’ai voulu aller trop vite, j’ai sauté des étapes, je n’ai pas utilisé ma stratégie miroir.
Je ne l’ai pas aidé à voir ce qu’il ne voyait pas.
Et c’est là tout le problème que l’on rencontre quand on est expert.
Quand on maîtrise un sujet, on a cette impression que tout le monde voit ce qui nous paraît logique.
On va droit au but en n'imaginant pas un instant tout ce que notre interlocuteur ne sait pas, ne voit pas, ne perçoit pas comme nous.
Résultat ? On n’embarque personne. On ne fait pas avancer. On reste coincés.
La vraie question n’est pas “Pourquoi il ne comprend pas ?” mais bien “Comment l’aider à VOIR ce qu’il ne voit pas ?”
C’est exactement pour répondre à cette question que j’ai développé ce que j’appelle la méthode M.I.R..
Un outil puissant pour progresser soi-même, faire progresser les autres, faire bouger des collectifs entiers... et oui, aussi mieux vendre ses idées. 😊
Parce que finalement, comme toujours, c’est en comprenant nos mécanismes collectifs qu’on peut les utiliser pour nous, pour nos idées, pour nos projets.
Je suis Sophie Frantz, consultante en marketing et facilitatrice en intelligence collective.
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Avant de vous parler de la stratégie miroir, il faut comprendre quelque chose de fondamental sur notre façon de penser.
Notre cerveau est câblé pour réagir à ce qu’il observe chez les autres.
Dans les années 1990, en étudiant le cerveau de macaques, Giacomo Rizzolatti et son équipe découvrent les neurones miroirs.
Leur particularité ? Ces neurones s’activent dans deux situations :
Quand le singe effectue lui-même une action (comme saisir une cacahuète)
Quand il observe quelqu’un d’autre faire cette même action
Chez l’humain, le même phénomène existe.
Notre cerveau simule automatiquement ce qu’il observe.
C’est pour ça que vous souriez quand vous voyez quelqu’un sourire, que vous baillez quand vous voyez quelqu’un bailler.
Réfléchir n’est pas un acte solitaire dans une tour d’ivoire.
C’est un processus fondamentalement mimétique.
Le philosophe et anthropologue René Girard a d’ailleurs consacré toute sa théorie à ce concept : le désir mimétique. Selon lui, nous désirons, pensons et agissons toujours en miroir des autres. Nos désirs ne naissent pas spontanément en nous, mais par imitation de ce que nous observons chez autrui.
Nous pensons :
En réaction à ce que les autres disent
En écho à ce que nous observons
En miroir de notre environnement social
Les interactions avec les autres révèlent les angles morts de nos réflexions.Une question inattendue, une reformulation... et soudain, vous voyez ce qui manquait.
Le collectif facilite cette prise de conscience. Et c’est pour cela que la reformulation est si puissante pour embarquer.
Quand vous reformulez avec clarté, vous activez les neurones miroirs de votre interlocuteur. Son cerveau se voit penser à travers vos mots.
Ce qui était flou devient net, il peut avancer.
Si notre cerveau fonctionne naturellement en miroir, si nous pensons toujours en référence aux autres... Autant utiliser ce mécanisme de façon consciente et stratégique.
C’est exactement ce que fait la stratégie miroir.
C’est une reformulation améliorée qui fait émerger ce qui était invisible pour l’autre.
Et je me rends compte que cette compétence du quotidien est clé pour guider les gens dans les directions où l’on souhaite les emmener.
C’est là qu’intervient la méthode M.I.R.
M.I.R. = Miroir - Impact - Risque
Ces 3 étapes ne sont pas arbitraires. Elles suivent le chemin que prend votre cerveau quand il comprend vraiment quelque chose :
M = MIROIR : Refléter le diagnostic (identifier le problème)
I = IMPACT : Mesurer le coût actuel (prise de conscience)
R = RISQUE : Projeter les conséquences (urgence d’agir)
C’est ce parcours mental qui crée l’envie d’embarquer.
L’enjeu principal ici : l’écoute et la sélection.
Lors de cette étape, il faut d’abord écouter attentivement et questionner beaucoup.
Pour faire un bon diagnostic, il faut être ouvert, curieux et enquêter.
Ensuite, il faut synthétiser en sélectionnant les problèmes clés qui expliquent la situation.
Pas tout. Pas 10 problèmes. Disons, les 3 qui comptent vraiment.
Vous pouvez dire : “Ok, laissez-moi résumer ce que je vois...”
Puis vous structurez votre diagnostic de façon claire et factuelle : premier problème [X], deuxième problème [Y], troisième problème [Z].
D’ailleurs, c’est exactement pour cette phase d’écoute active que j’aime et défends le marketing depuis des années.
En marketing, il est clé de se mettre sincèrement dans les chaussures de l’autre !
L’enjeu ici : rendre tangible le coût actuel.
Vous montrez ce que la situation coûte déjà : temps perdu, opportunités manquées, frustrations d'équipe, stagnation business, énergie gaspillée.
Le but ? Faire prendre conscience que le statu quo a un prix.
Exemple :
“Est-ce que vous vous rendez compte que vous passez plus de temps à débattre qu’à décider. Vos équipes sont frustrées. Pendant ce temps, vos concurrents avancent.”
L’enjeu ici : créer une deadline légitime.
Vous montrez que le temps joue contre eux : la fenêtre de tir se referme, le problème va s’aggraver, les opportunités vont disparaître, le coût va augmenter.
Le but ? Créer un sentiment d’urgence légitime (pas artificiel).
Et là, je vous entends déjà : “Ah oui, l’urgence... c’est vraiment un truc de marketeur ça !”
Ma réponse ?
Oui, et savez-vous pourquoi on utilise cette technique ?
Parce qu’elle fonctionne.
Nous sommes tous des procrastinateurs en puissance.
Nous adorons le statu quo.
La décision, le choix, l’action... tout ça peut nous faire très peur.
Alors oui, montrer l’urgence légitime (et j’insiste : légitime, pas artificielle) est essentiel si votre enjeu est de mettre en mouvement.
Est-ce de la manipulation ? Un peu, peut-être oui. Mais je suis convaincue que nous devons apprendre nous aussi à faire sortir de l'inertie pour embarquer à nos côtés.
Après ces 3 étapes, validez : “C’est bien ça ?”
Si oui, le mouvement peut partir.
Si non, creusez encore.
Parce qu’elle respecte trois principes psychologiques fondamentaux :
Etape 1 = Clarté : Vous transformez le flou en diagnostic précis
→ Les gens embarquent quand ils comprennent enfin leur propre situation
Etape 2 = Tangibilité : Vous rendez le problème concret et mesurable
→ Les gens embarquent quand ils prennent conscience du prix du statu quo
Etape 3 = Urgence : Vous créez une deadline légitime
→ L'urgence fait passer de la réflexion à l'action
C’est cette combinaison M.I.R. qui crée le mouvement.
La prochaine fois que vous voulez embarquer quelqu’un, un prospect, votre équipe, un partenaire, votre communauté :
Résistez à la tentation d’aller trop vite.Allez-y étape par étape en gardant en tête que :
Clarté + Tangibilité + Urgence = Mouvement.
Merci pour vos retours et commentaires, faisons vivre les échanges et l’Intelligence Collective! 🙏
Et rendez-vous le 9 février, pour explorer ensemble un nouveau pouvoir collectif 🌟
À très vite
Sophie FRANTZ
Hôte du podcast Les Intelligences Collectives et fondatrice de l’agence Co-Marketons.
Retrouvez-moi sur Linkedin.

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