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Hello 👋
Le 4 juin dernier, j’ai animé une table ronde à Bruxelles dans le cadre de l’événement B Corp x Fairtrade Belgium. Autour de la table : Frédéric Bostyn, fondateur de The Nutty Farmer (licencié Fairtrade depuis le premier jour), Alexandre Helson, co-CEO de Maison Dandoy (certifiée B Corp en 2024), et Bernard Gouw, ex-Senior Manager Social Standards chez B Lab Global et l’un des architectes des nouvelles normes B Corp.
Pendant 45 minutes, ils ont tout dit. Les doutes, les coûts, les vrais bénéfices, les illusions à démonter. Voilà ce que j’en retiens et ce que ça change pour toi.
La phrase qui a tout ouvert dans cet échange, c’est celle d’Alexandre Helson de chez Maison Dandoy :
“Le plus grand changement de mentalité pour nous, ça a été de mesurer. On ne mesurait rien. Absolument rien. Même le mot ‘client’ n’était pas vraiment prononcé chez Maison Dandoy.”
Deux siècles d’artisanat, d’excellence produit, de transmission. Et aucun indicateur.
Pas parce qu’ils s’en foutaient. Mais parce que la conviction ne demande pas de preuve. On sait qu’on fait du bon travail, on le sent, ça suffit.
Le problème : une conviction ne se partage pas avec un investisseur, un partenaire ou une recrue qui pose des questions. L’impact invisible ne compte pas pour les autres.
C’est exactement là que B Corp devient utile, pas comme badge, mais comme miroir. La certification pose une question simple à chaque niveau de l’entreprise : Tu dis que tu fais X. Peux-tu le documenter ?
Gouvernance, conditions de travail, impact environnemental, satisfaction des équipes. Mesurer, ce n’est pas devenir une machine à KPI. C’est se donner les moyens d’être pris au sérieux.
Soyons honnêtes, parce que c’est ce que les trois intervenants ont fait.
Ce que ça change :
Les partenariats B2B. Pour Frédéric, entrer chez Oxfam, Delhaize ou Carrefour avec Fairtrade n’aurait pas été possible sans le label. Pour Maison Dandoy, le partenariat avec WWF-Belgique s’est construit sur la crédibilité que donne B Corp. “Tu dois avoir les mains propres. Et ça aide.”
Le recrutement des profils bureau. Alexandre est direct : pour les équipes de boutique et de production, les gens ne connaissent pas B Corp. Mais pour les profils avec lesquels tu construis ta direction, ça devient un critère de choix. Un signal de cohérence qui ne demande pas d’explication.
Les subventions. À Bruxelles, les entreprises certifiées B Corp reçoivent des aides majorées. Pas négligeable quand tu prends des décisions d’investissement.
Ce que ça ne change pas :
Les client·es grand public ne viennent pas parce que tu es certifié·e. Ils viennent d’abord pour le produit.
Ce n’est pas une baguette magique. Bernard l’a dit sans détour : “La certification n’est pas la destination, c’est le point de départ.”
63% des client·es de Dandoy ignorent leurs engagements. Et pourtant Maison Dandoy continue. Parce que l’objectif n’est pas de vendre le label, c’est de tenir une promesse dans la durée.
C’est l’angle que j’ai le moins entendu avant ce panel, et qui m’a le plus marquée.
Bernard a rappelé un chiffre : pour chaque B Corp certifiée, il y a des dizaines d’entreprises qui utilisent la plateforme d’évaluation gratuite sans chercher la certification. Des centaines de milliers d’entreprises dans le monde qui utilisent B Corp comme outil de gestion d’impact, sans logo, sans audit.
Pourquoi ? Parce que la plateforme répond à une question que beaucoup n’osent pas poser à voix haute : Dans notre vision, à quoi ressemble une entreprise qui fait bien ?
Sur les droits humains, l’environnement, la gouvernance, les conditions de travail. Adapté à ta taille, à ton secteur. Gratuit. Sans engagement.
Fairtrade, c’est la même logique mais par une autre porte. Là où B Corp demande “Comment fonctionne ton entreprise ?”, Fairtrade demande “D’où viennent tes ingrédients et dans quelles conditions ?”. Deux outils. Deux niveaux de la chaîne. Complémentaires.
Ce qui les unit : ils te donnent un cadre pour sortir du flou. Passer de “on essaie de faire bien” à “voilà ce qu’on fait, voilà comment on le vérifie, voilà comment on s’améliore.”
👉 Prends un sujet qui te tient à cœur dans ton activité (impact environnemental, conditions de travail, relation fournisseur, diversité...) et pose-toi ces 3 questions :
On pense qu’on fait bien : sur quelle base ? (intuition, convictions, retours informels ?)
Est-ce qu’on pourrait le prouver à quelqu’un d’externe ? (chiffre, document, processus ?)
Quelle est la prochaine chose mesurable qu’on pourrait mettre en place ?
Pas besoin de te certifier pour commencer. L’outil B Impact Assessment est gratuit. Tu as deux heures et tu veux savoir où tu en es ? C’est par là.
Ce que nous rappellent Frédéric, Alexandre et Bernard, c’est que l’impact commence quand on accepte de le regarder en face, avec ses zones d’ombre, ses limites, ses preuves à construire.
Croire qu’on fait bien, c’est le point de départ. Le mesurer, c’est le début du sérieux.
📕 Retrouve le transcript en français et les ressources ici
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À très vite pour un nouvel épisode,
Anaïs 🦖

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