Les semaines se suivent et à chacune son lot de rapports sur le numérique en France et dans le monde. Tant mieux pour moi, ça m’évite de me gratter la tête pour trouver des sujets d’article.
C’est évidemment faux, j’ai un backlog rempli de trucs à vous raconter et je dois régulièrement choisir entre écrire cette newsletter et passer du temps avec ma famille.
Certain de ces rapports valent le (modeste) coup de projecteur que je peux braquer sur eux, tant ils offrent à leur tour un éclairage pertinent sur le secteur. Alors, il serait dommage de se passer.
C’est le cas de l’annuel rapport d’orientation stratégique du Cigref1. Au-delà de leur habituel travail de prospective, qui expose chaque année un panorama éclairé des tendances à suivre pour s’orienter dans le secteur, le collectif a apporté cette année une nouveauté à ce rapport.
Parce que connaitre le terrain dans lequel on va s’aventurer ne suffit pas pour déterminer la marche à suivre, le rapport propose de nous aider à tracer le chemin en s’enrichissant de 4 archétypes de la fonction numérique du futur.
Sans se vouloir être des modèles normatifs pour les DSI, ces archétypes sont là pour accompagner les réflexions stratégiques et aider à répondre à une question que l’on devrait retrouver dans toutes les organisations :
Quelle est la DSI que nous voulons pour les prochaines années ?
J’aillais écrire “la DSI que nous voulons être”, mais ce serait limiter ce périmètre de réflexion uniquement à la Direction des Systèmes d’Information. C’est aujourd’hui un fonctionnement bien trop risqué pour une entreprise.
Je ne retrouve plus quel grand patron (je dirais Luca De Meo, mais sans certitude) affirmait qu’aujourd’hui les entreprises n’utilisent pas la tech, elles sont des entreprises tech, tant le numérique est présent de façon transverse dans nos activités. Le choix du type de DSI est stratégique et doit être porté (et soutenu) par le COMEX. Je le dis souvent ici, la DSI n’est pas une direction qui gère des postes de travail depuis un box sans fenêtres, elle pilote aujourd’hui des assets qui sont clés dans les modèles d’affaires.
Et pour piloter ces assets sur les 15 années qui viennent, et naviguer à travers des tendances prospectives allant des conditions de santé des travailleurs IT à la bascule quantique, en passant par la consommation des ressources abiotiques, le Cigref propose les archétypes suivants.
Le Labo : potards aux max sur l’innovation, dans une DSI en mode Labo, on investit sur les technologies de pointes. Ce n’est pas seulement un levier de compétitivité, c’est une façon de se positionner comme leader de l’écosystème, de l’influencer.
Le caméléon : agilité, scalabilité et adaptabilité sont les maitres mots de cette organisation de la fonction numériques. Pas toujours proactive, elle est en revanche capable de répondre à n’importe quel besoin ou changement, suivre les règlementations sans inquiétude.
L’équipe responsable : animée d’une forte conscience environnementale, cette DSI aborde le métier avec une approche aussi bien GoodTech que TechForGood. Les choix y sont raisonnés, mais surtout, ils visent l’impact, en soutien (voire en moteur) d’un business vertueux.
Le système (D)SI : c’est un roc, une organisation fait pour tenir, pour assurer que, quelle que soit la situation, la lumière restera allumée. Focalisé sur le fait de maintenir l’activité, sa gestion des risques est pointue. Si elle peut être vue comme un peu traditionnelle, c’est un groupe de techno-spécialistes, d’experts des systèmes critiques.
Évidemment, le rôle d’une entreprise n’est pas de choisir un de ces 4 archétypes et de l’implémenter. Mais il faut comprendre qu’à courir tous les lièvres en même temps, on arrive assurément à l’épuisement. L’innovation n’est pas antinomique à la fiabilité ou à l’écologie. Pour autant, ce sont des enjeux qui demandent qu’on y consacre du temps, temps qui n’est pas extensible et il faut faire des choix.
Ces méga-tendances ont le mérite de nous inviter à réfléchir à la position que l’on veut adopter, aux choix que l’on prend, et donc aux missions que l’on veut confier à la fonction numérique.
Définir les bons principes d’action pour la DSI et les mettre en œuvre en alignement avec une stratégie globale n’est pas un plus. C’est désormais un impératif stratégique pour les entreprises et une boussole pour naviguer dans les années à venir dans le paysage géopolitique, technologique et socioenvironnemental qui nous attend.
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Je m’appelle Cédric Spalvieri. Blogueur et conférencier, j’ai accompagné ces 20 dernières années la transformation digitale d’entreprises allant de la PME au groupe international. Curieux des mutations que subit notre société, je m’intéresse à la manière dont les évolutions du numérique impactent le monde dans lequel nous vivons.
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Club informatique des grandes entreprises françaises

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