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Super Super · Jan 15, 2026

Question assassine

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Une question est un point de départ. Autant éviter d’en faire un point de non-retour.

Dans le premier numéro de Cocurieux, je racontais comment une curiosité plutôt saine peut produire exactement l’inverse de ce qu’elle cherchait : crispation, distance, solitude.

J’ai proposé l’Impromptu Networking pour faire émerger des questions sans forcer et une Cible grandeur nature pour les faire vivre.

J’aurais aussi pu te parler du Conversation Café (une autre Liberating Structure redoutable pour faire germer des questions).

Si tu me le demandes en commentaire, je te feraisun article dédié pour que tu puisses vraiment t’en servir.

Laissez un commentaire.

Aujourd’hui, on s’attaque à un classique de la vie d’équipe : la question qui arrive en mode “bonne intention”… et qui finit entre les deux omoplates. 🩸

Une question est assassine quand elle provoque une tension négative, blesse, ou produit d el’animosité.

Elle ne tue pas forcément un projet, mais elle rigidifie toutes les étapes.

Et dans une équipe rigide on n’ose plus, on contourne, on se tait, on se protège.

Le problème, c’est que la question assassine c’est rarement “un méchant” face à “un fragile”.

C’est plutôt un trio d’angles morts assez efficaces pour notre plus grand malheur.

  • Côté émetteur : on veut comprendre, mais ça sort trop vite et on formule comme un contrôle surprise. Fatigue, pression, maladresse, pas assez de contexte… la forme dérape.

  • Côté récepteur : la question n’arrive pas comme une phrase anodine. Elle arrive accompagnée d’un coup de sifflet intérieur : “on me juge”, “je vais devoir me justifier”, “je risque d’avoir tort”. Quand la confiance est déjà fragile, l’interprétation se fait à charge.

  • Côté organisation : elle promeut l’ouverture, l’audace, le feedback… mais sans donner le début d’un mode d’emploi. Résultat : chacun se débrouille avec son style, ses biais et sa susceptibilité. C’est le carburant favori de la curiosité cocue.

Donc oui : il nous faut une règle du jeu. Mais une règle qui tienne sur un post-it.

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Il sufit de poser une définition, de l’afficher, la faire connaitre.

👉 Une question, c’est une tentative sincère et honnête de porter un regard critique et constructif sur une situation, une idée, un projet. Ce qui compte le plus, c’est le fond. La forme, elle, subit des variations humaines. Donc on augmente notre tolérance à la forme… sans éxagéré mais avec de la marge.

On peut aussi se mettre d’accord sur un point fondamental : Une question appartient à celui qui la pose. Ce n’est pas une vérité à révéller. Elle ne devient mon problème que quand je décide d’en faire quelque chose, après une analyse ou je détermine ce qui est bon dans cette question.

Sinon ? Out !

Si tu veux réduire de moitié les questions assassines, change juste l’ordre des opérations.

Avant de me jeter dans l’évaluation ou le jugement, je passe systématiquement par la clarification.

Le petit réflexe utile pour ne pas que ça chauffe : QQOQCCP
Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ?

Ça “refroidit” la question et ça ramène tout le monde sur le terrain du réel et permet tout de suite d’avoir une meilleure acuité avant de poursuivre.

Questionner c’est produire plus de valeur pour la réflexion, pour le projet sinon tu n’es pas dans la régle du jeu. C’est clair, non ?

Quand la question devient évaluatrice notre premier allié c’est le temps. Ce qui veut dire que le piège, c’est de répondre du tac au tac.

C’est là que la discussion se transforme en duel, même si au départ personne n’avait prévu de croiser le fer.

Dans ce cas, je demande toujours aux participants à mes ateliers : ne répondez pas tout de suite. Faites une pause. Notez. Cherchez ce que la question révèle. Ce qu’elle pointe. Ce qu’elle essaie de relier.

Seulement ensuite, plus tard, à un autre moment, vous répondez, si c’est nécessaire.

Parce qu’on peut aussi conclure qu’une question n’est pas pertinente. À condition de le faire sérieusement : identifier ce qui manque, ce qui est hors contexte, pourquoi cet angle ne produit rien d’utile et la refuser.

C’est le tampon entre la question et la susceptibilité. Ca marche très bien.

Toutes les questions en entreprise ne méritent pas une hypothèse. Sinon on n’avance plus.

Mais sur les sujets fondamentaux, ceux qui demandent réflexion, créativité et problem solving, l’hypothèse est une arme de paix.

Elle évite le “qui a tort/qui a raison” et remet l’attention sur un objet testable. On dépersonnalise on préserve les égos.

Si c’est l’outil de base en science c’est qu’il y a une bonne raison. Pour moi c’est que l’hypothèse embarquedès le premier mot l’humilité.

Elle commence par un SI.

Elle ne sait pas, elle ne juge pas, elle suppose.

Format minimal :

  • Si … (variable dépendante, ce sur quoi j’agis)

  • Alors …(variable indépendante, ce qui va bouger/réagir)

  • (éventuellement Parce que … pour expliciter le lien de cause à effet qu’on imagine)

Exemple :
La question assassine : “Pourquoi on n’y arrive jamais ?”
L’hypothèse : “Si nous définissons au démarrage un objectif principal précis et un objectif secondaire, alors nous aurons moins d’allers-retours et une meilleure atteinte des résultats (parce que chacun pourra prioriser ses actions).”

Ça change tout : on n’accuse plus, on suppose. On ne juge plus, on relie.

Sur la cible Co-curieuse (voir épisode 1), la sélection se fait simplement : les questions qui ont avancé au fil de la semaine et qui arrivent le plus près du centre passent dans la zone “Hypothèse”.

Puis on se donne un temps court (45 minutes à 1 heure), avec les personnes les plus concernées, en équipe de 2 ou 3 et si il y a plusierurs questions il y a plusieurs sous groupes.

On commence par collecter ce qu’on sait, ce qu’on croit savoir, et ce qui manque pour répondre à la question.

Et on assume qu’une hypothèse peut être imparfaite : on note les informations manquantes / à vérifier. Parfois, le premier pas du test, c’est juste d’aller chercher ça.

Une hypothèse n’est pas une conclusion. C’est un lien supposé. Le protocole sert à organiser, l'experimentation, l’observation et le retour, sereinement.

On réalise à la main un poster (taille Paper board ou A3) qui indique les informations relatives au test que l’on a prévu pour faire avancer cette hypothèse (la valider ou l’écarter)

  • Hypothèse (Si… Alors… + éventuellement Parce que…)

  • Les informations manquantes / à vérifier

  • Ce que l’on fait et quand ? (d’ici 48h à 7 jours max)

  • Qui est impliqué ?

  • Observations à relever ?

  • Feedback (1 date + 10 minutes) : Ce que j’ai vu / Ce que ça confirme ou infirme / Ce que ça amène + ajustement éventuel de l’hypothèse

C’est ni plus ni moins qu’un mini projet et tu adaptera ce template pour qu’il te corresponde au mieux, itération après itération.

À partir de là, on discute moins des intentions. On discute plus de ce qu’on observe. Et c’est quand même plus reposant e tsurtout beaucoup plus constructif et productif.

Et si tu as besoin d’aide pour le faire en équipe. C’est ma spécialité

Quelle formulation transforme une critique bas de gamme qui bloque en une exploration enrichissante qui fait avancer ?

Prends une question qui “pique”. Fais-la passer par QQOQCCP (pour revenir au réel), puis reformule-la en “Si… Alors…Parce que…”.

Si les échangesqui suivent respirent mieux, tu es entrain de voir la différence entre une question assassine et une question co-curieuse.

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Read the original on ronandolle.substack.com

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