Silent night.
Tu connais la chanson qui nous promet calme et contemplation ?
Sauf que Décembre c’est le contraire : un mois frénétique.
Je laisse volontairement de côté la famille, les cadeaux, les repas, tout ce tatouin, que, personnellement, j’adore.
Ici, je te parle travail. Résultats, bilans, clôtures, récapitulatifs, projections.
Tout ce qui s’accumule avant de “tourner la page”.
On empile, on enchaîne, on accélère.
Avec la nouvelle année arrivent les nouvelles perspectives.
Un nouveau territoire à conquérir, encore.
Douze mois à valider, à sécuriser, à justifier.
Et c’est précisément à ce moment-là qu’on devrait appuyer sur pause.
Se demander “pourquoi”. Chercher comment faire autrement. Éviter de reconduire mécaniquement les mêmes erreurs.
Mais c’est rarement ce qui se passe.
On bourre. On tasse. On appelle ça du travail parce que c’est dense, fatigant, et que ça donne l’impression d’avancer.
La pause viendra après, bien méritée, forcément.
Malheureusement ce n’est pas propre à décembre, ce mois-là le rend simplement plus visible.
On retrouve cette frénésie tout au long de l’année, dans les semaines surchargées, dans les journées pleines, jusqu’à saturation.
C’est quelque chose que je constate très concrètement dans mes ateliers.
Quand je propose de questionner la façon de travailler plutôt que les résultats, un silence s’installe presque toujours.
Un flottement et les regards refusent de lâcher la balle : la production, le client, ce qu’on délivre.
Comme si le travail ne pouvait être évalué qu’à travers ce qui sort.
Or le travail n’est pas là.
Le travail se joue en amont. C’est une mécanique d’interactions, souvent triviales, rarement visibles, presque jamais questionnées.
C’est paradoxal : on s’émerveille devant les aiguilles qui bougent sur le cadran tout en oubliant les rouages, les ressorts et les cliquets qui rendent ce mouvement possible.
Le résultat attire l’attention. La mécanique, beaucoup moins.
Pourtant, le travail n’est pas le résultat. Le travail, EST la mécanique.
On me rétorque souvent les processus que toute entreprise digne de ce nom ammasse.
Écrits, formalisés, parfois même labellisés.
Rassurants sur le papier mais devenus inquestionnables. Alors on les contourne, et au passage, la bureaucratie marque un nouveau but contre son camp.
On oublie l’essentiel : on ne devrait pas passer une année, un mois, une semaine, ni même une journée sans se demander comment rendre les choses plus simples.
La pause, la réflexion, la maturation ne sont pas des parenthèses ni des luxes. Ce sont des composants du travail.
Un peu comme le blanc en neige (plein de vide) dans un appareil à gâteau. Il change la texture. il allège et qui rend l’ensemble moelleux.
À force de bourrer, tasser, expédier, les problèmes finissent toujours par revenir. Ils empêchent de penser et offrent de bons prétextes pour blâmer.
Retour à la case départ.
Alors pour Noël, je te souhaite simplement ça : prendre un instant pour regarder ton travail sans complaisance et trouver comment y introduire ton propre blanc en neige, pour le faire passer à un autre niveau.
J’aime imaginer que, quand on y arrive, c’est comme activer un sens resté jusque-là en veille : une capacité supplémentaire à voir les liens, à repérer les frottements, à comprendre ce qui bloque vraiment.
Et ça, ça libère du tems, de l’énergie et beaucoup d’envie !
Si tu as besoin d’un coup de pouce je suis là :
https://www.supersuper.fr/libere-toi-du-temps
Joyeux Noël 🎄
Ronan

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