RSS Amplifier

Super Super · Jan 29, 2026

Contradictions et désaccords

0
Sign in to vote or save

SUPER SUPER · Bipède - la transformation, pas à pas

Déjà quatre numéros.

On a vu comment une question peut tuer une discussion, et comment la rendre plus sûre en la transformant en hypothèse : Si… Alors…
On a vu aussi comment croiser les regards pour éviter les angles morts, avec un Conversation Café et une mind map des trouvailles.

Maintenant on touche à ce qui fait mal : le désaccord.

On avait posé un protocole simple : hypothèse → recherche → test → observation → feedback.

L’article précédent zoomait sur la recherche.

Aujourd’hui, je zoome sur ce qui se passe juste avant le test : la contradiction organisée.

Parce qu’une hypothèse qui n’est jamais contredite, ce n’est pas une hypothèse. C’est une croyance déguisée.
Et une équipe qui ne se contredit pas, c’est une équipe qui se raconte des histoires.

Quand plusieurs points de vue s’affrontent sur la même hypothèse avec le même objectif (voir juste, pas avoir raison), les biais apparaissent.

Les idées molles deviennent visibles. Et on évite un truc très coûteux : tester une hypothèse fragile “comme si” elle était solide.

L’objectif, c’est de passer de la prise de tête générale au désaccord productif.

Tu connais la scène.

Quelqu’un remet en question ton hypothèse et ton corps se raidit. Ton cerveau passe en défense. Tu ne cherches plus à comprendre, tu cherches l’angle pour répondre.

Et tu te surprends à penser :
“Il/elle n’a rien compris.”
“C’est juste pour me bloquer.”
“Encore un gros malin.”

C’est là que la curiosité se fait cocufier : on confond une hypothèse avec son identité. On pense protéger une idée, alors qu’on protège surtout son ego.

Or une hypothèse, ce n’est pas une vérité à défendre. C’est un pari à vérifier.
Et pour vérifier sérieusement, il faut organiser sa propre contradiction.

La bascule co-curieuse, elle est là : ne pas juste supporter la contradiction. L’utiliser.

Partager

Nommer les hypothèses, pas les personnes. Tant qu’on dit “l’idée d’Émilie”, contredire l’idée ressemble à attaquer Émilie.

Quand on nomme l’hypothèse, on change de registre : ce n’est plus “toi contre moi”, c’est “quelle version tient mieux la route”.

Exemples :

  • ❌ “L’idée d’Émilie sur les coûts” → ✅ “L’hypothèse des coûts de revient décroissants”

  • ❌ “Ce que Thomas propose” → ✅ “L’hypothèse du levier marketing externe”

  • ❌ “Notre vision” → ✅ “L’hypothèse de l’approche intégrée”

À partir de là, l’idée sort de la tête d’une personne. Elle devient un objet commun. On peut la manipuler ensemble, sans régler des comptes.

Et surtout : ça rend possible un état d’esprit joueur.

Pas “on plaisante sur tout”mais plutôt on accepte qu’une hypothèse puisse perdre et que tout le monde gagne.

Le principe : pendant 10 jours, tu deviens l’avocat de l’hypothèse pour laquelle tu es sceptique.

Pas pour être cynique. Pour vérifier si elle cache un angle mort.

Quelques questions pour monter le dossier :

  • Qu’est-ce qu’on rate en la rejetant trop vite ?

  • Quel biais nous fait la sous-estimer ?

  • Dans quel scénario elle devient la meilleure option ?

  • Quelles données (terrain, chiffres, exemples) plaident en sa faveur ?

  • Comment la reformuler pour qu’elle soit plus testable (Si… Alors…) ?

Ce qu’on cherche : sortir du confort de ses certitudes, renforcer l’hypothèse… ou la rendre plus facile à invalider.

L’Avocat inversé construit le dossier. Ici, on fait un truc complémentaire : on incarne.

On prend l’hypothèse et on la met dans des scènes concrètes du quotidien. Une réunion client, un arbitrage budget, une friction d’équipe, une discussion avec un partenaire. Pas de discours. Des situations.

Format simple (30–40 minutes) :

  • Une petite équipe “défend” une hypothèse en 2–3 idées courtes sur 3 minutes

  • Les autres notent ce qui convainc / ce qui ne tient pas (sans débat immédiat).

  • On ajuste. On rejoue.

  • Débrief : ce qui a résisté, ce qui s’est effondré, ce que ça change pour la phase de test.

Ca marche car l’incarnation oblige à quitter le confort du déabt de principe. On voit tout de suite si l’hypothèse produit quelque chose dans la vraie vie… ou si elle ne tient que sur le papier.

Le calsh prototyping est une adaptation de l’Improv Prototyping des Liberating Structures si tu veux te former j’ai ça en magasin

Si tu veux le déroulé détaillé du clash prototyping fait moi signe.

“Quel signal concret vous ferait changer d’avis sans perdre la face ?”

Poses cette question à ton équipe cette semaine.

Si personne ne sait répondre, ce n’est pas un drame. C’est un diagnostic : vous ne testez pas encore des hypothèses. Vous défendez des croyances.

Si vous avez besoin d’un coup de main pour installer ce type de désaccord productif, c’est un terrain que je connais bien.

Fais moi un message et on prend 30 minutes pour faire le point.

Read the original on ronandolle.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.