En remontant de l’eau Trez avait froid alors je l’ai enveloppé dans sa serviette, j’ai senti son corps se détendre et il a ri “je suis bien”. J’ai eu un flash de la même sensation, la serviette sèche et dure qui entoure le corps après la baignade comme un câlin. J’ai pensé, il y a des choses qui ne changent pas, il y a quand même des choses qui restent, je ne sais pas dans quel monde tu vas habiter mon enfant, mais il restera encore quelques permanences, comme la serviette rêche. Merv a aussi découvert la joie d’écouter de la musique en voiture et elle m’a demandé tout le temps “maman, la mousique” ou “maman, balance ton quoi”. Elle m’a engueulé à chaque coupure pub à la radio comme si c’était de ma faute. Même si c’est l’été le plus frais du reste de ma vie, c’est aussi l’été ou Merv a découvert la musique, c’est encore l’été, ça sert à ça putain l’été normalement.
Nous avons fui la canicule et les 40 degrés à Paris, j’étais sûre que la crèche allait fermer, elle a bel et bien fermé, comment accueillir des jeunes enfants dans des salles avec 36 degrés au compteur ? C’était doux et c’était amer, comme l’est de fuir la catastrophe pour essayer de trouver un peu de plaisir. Je connaissais déjà ce sentiment étrange, que j’avais rencontré quand je prenais un uber pendant le confinement pour aller voir un mec, avec écrit “soin à une personne fragile” sur mon autorisation de sortie. Je suis toujours étonnée d’entendre ceux qui disent avoir vécu “leur meilleure vie” pendant les confinements, comme si ça ne faisait aucun bruit, aucun impact, tous les morts, autour, même si on n’est pas concerné directement. Je ne juge pas ces personnes, enfin pas si mais pas méchamment, je pense juste qu’elles se mentent à elle-même.

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.