Bonjour ma sista,
Ce qui est agaçant avec le libre-arbitre, c’est qu’il faut en assumer les conséquences. En ce moment je n’arrête pas de me dire que j’aurais voulu être mutée à Rennes, parce que je n’arrête pas de me demander si j’ai fait le bon choix. Et c’est épuisant cette investigation interne que je mène en sourdine en plus de tout ce que je dois faire pour m’adapter.
Si j’avais été mutée, ce serait plus facile de me dire “allez on est là, on avance”. C’est comme si dans le fond je doutais toujours un peu de ma capacité de discernement. Il y a toujours une petite voix méchante et nasillarde qui me susurre “allez, assume maintenant.” Le choix implique de renoncer à quelque chose. Je ne sais pas exactement quoi. Au droit de se plaindre ? Au droit d’être aidée ? Au droit de faire des ajustements ?
Cette période me rappelle très fort le post-partum. Le “tu l’as voulu, assume” qu’on assène aux jeunes mères en galère. Comme si le fait de pouvoir choisir de faire ou non des enfants, de vivre ou non à un endroit, était déjà une faute, qu’on devait expier en renonçant à des droits futurs.
Les doutes après un choix, je crois que tout le monde en a. C’est là que le patriarcat ou d’autres idéologies de la domination s’engouffrent dans la brèche. Tu vois bien que quand tu décides toute seule ma cocotte tu galères, c’est donc bien dans ton intérêt d’être sous tutelle masculine ! Dans ma tête, la voix nasillarde, c’est celle de l’ancien monde.
C’est tentant parfois de vouloir se reposer sur la domination.

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