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Plan à 4 · Aug 6, 2026

Peut-on avoir le droit de ne pas savoir si on veut un enfant ?

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Plan à 4 · Plan à 4

“Faire un enfant dans ce monde, c’est complètement insensé.” “Tu comptes faire un enfant, toi, même si t’as un trouble psy ?” “Dis donc, il va bientôt falloir y penser sérieusement.” Les phrases tombent, cash, presque anodines dans la bouche de ceux qui les prononcent, mais elles bousculent à chaque fois quelque chose en moi. Et si j’avais juste envie qu’on me foute la paix ?

Une amie qui annonce sa grossesse par message, cœur et échographie à l’appui. Puis une autre. Puis une autre encore. Des discussions avec mes amies d’enfance, encore “résistantes” à la pression sociale, qui se sentent obligées de justifier le choix de ne pas vouloir, ou surtout de ne pas savoir. Des soirées où l’on parle prénoms et poussettes pendant que je hoche la tête. Et puis il y a les gens croisés au hasard d’un dîner, les yeux brillants, qui me confient que devenir parent est la plus belle chose qui leur soit arrivée, comme une évidence qu’il suffirait de vouloir pour l’atteindre. Et la question : à quand mon tour ? Et ce doute qui m’habite. Car si une partie de moi se meurt d’envie à l’idée de devenir mère un jour, la vérité vraie, c’est que je ne suis absolument pas prête à passer le cap aujourd’hui. Le respect que j’éprouve pour mes amies devenues parents est immense, sincère, sans réserve. Mais le plus déroutant, c’est de constater que je ne sais pas. Et si, avant toute chose, je n’en avais tout simplement aucune idée ? Et si cette histoire de “prête” ou “pas prête” n’était finalement qu’une injonction de plus, une case à cocher qu’on m’impose avant même d’avoir le droit de me poser la question sérieusement ?

J’ai eu la chance, récemment, de discuter avec une journaliste marseillaise brillante, qui m’a parlé de l’indécision non pas comme d’un manque, mais comme d’une force à part entière. Ne pas savoir, laisser la question grande ouverte, refuser de trancher dans l’urgence pour rassurer tout le monde : et si c’était justement ça, la vraie liberté ? Je n’ai pas envie de devoir choisir un camp pour avoir le droit d’exister aux yeux des autres. Ni celui du “oui, un jour, avec certitude”, ni celui du “non, jamais, point final”. J’ai envie, tout simplement, du droit de ne pas savoir. Depuis que j’ai l’âge de comprendre ce qu’a été mon enfance, et depuis que j’essaie, tant bien que mal, de savoir ce que je veux en faire. Mais finalement : qu’est-ce qu’être mère ? Que symbolise ce lien qu’on nous vend comme une évidence biologique, mais qui charrie en réalité des siècles d’images, d’injonctions et de silences ? En somme : c’est quoi, être une bonne mère, quand on n’a pas soi-même eu la meilleure des origines ?

Alors, dans cette newsletter, j’ai eu envie de dérouler ce doute, puis d’aller questionner ma propre enfance, et surtout ce lien extrêmement fusionnel que j’ai avec ma mère, pour comprendre ce que j’ai envie de garder de ce modèle, et ce que j’ai envie d’en faire différemment. Enfin, une déclaration que je dois à celle qui m’a construite, avec ses failles et sa force. Ce sont ces questions-là que cette newsletter va tenter d’ouvrir, sans prétendre les refermer.

Read the original on plan4.substack.com

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