Hi everyone, c’est Zeitgeist.
Je vais aussi vous raconter comment Donald Trump essaie désormais de faire peur non seulement aux sources, mais aux journalistes eux-mêmes. Le ministère de la Justice a réclamé les relevés téléphoniques de reporters du New York Times, de leurs conjoints et même de la mère de l’un d’eux. Derrière l’enquête sur les fuites, cette méthode d’intimidation va-t-elle refroidir toute la presse américaine ?
Et puis, en Food for Thought, je vais vous parler d’un essai magnifique de Yair Lapid sur la solitude américaine. L’ancien Premier ministre israélien renverse le diagnostic habituel : et si cette solitude n’était pas seulement une maladie, mais le moteur secret d’un pays né de l’arrachement, de l’invention de soi et de la capacité à recommencer ?
Il reste trois mois et demi avant les élections de mi-mandat, et Donald Trump a recommencé à tisser.
Il était il y a quelques heures à Marietta, en Géorgie.
Je vais vous raconter ce discours, parce qu’il est toujours intrigant d’observer Trump sur des tréteaux électoraux.
Et parce que celui-ci est particulièrement intéressant.
Il n’est jamais aussi à l’aise qu’en campagne. C’est là qu’il teste ses arguments, guette les réactions de la salle, abandonne une formule qui tombe à plat, en rallonge une autre qui fait rire, puis finit par transformer une intuition en ligne politique.
Dit comme cela, on pourrait croire à un travail de dentellière.
Trump appelle plutôt cela le “weave”, le tissage. Je vous en avais parlé ici pendant la campagne de 2024. Il commence une histoire, l’abandonne pour une autre, ouvre une parenthèse dans la parenthèse, oublie parfois le fil, puis jure qu’il finit toujours par retomber sur ses pieds.
Le résultat ressemble moins à une tapisserie qu’à une pelote jetée sur scène.
Mais depuis 2015, Trump a démontré que ces monologues décousus étaient redoutablement efficaces. Ils percent le mur de l’attention, produisent des images que tout le monde reprend (ça marche, même dans Zeitgeist, la preuve) et permettent de faire passer, sous le désordre apparent, quelques messages très simples.
C’est ce qui s’est passé il y a quelques heures dans le gymnase d’un lycée de Marietta, en Géorgie.
Donald Trump sait qu’il est le seul à pouvoir empêcher une déculottée des républicains lors des élections de mi-mandat. Les sondages montrent qu’il est bien plus populaire dans son camp que ne l’étaient Obama et Bush au même moment de leur mandat.
Il se dit que lui seul peut mobiliser sa base. L’électriser. Il n’a pas tort.
Ses conseillers ont dû constater comme tout le monde dans les sondages que l’électorat républicain semble (pour l’instant) moins motivé que celui des démocrates.
Il faut donc recréer de la peur, de la colère et un sentiment d’urgence.
Donald Trump est le meilleur pour cela.
Je vous raconte.

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