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La solitude d'un auteur · Mar 6, 2025

💡Exploiter une nouvelle idée de roman

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Pauline Perrier · La solitude d'un auteur

Il y a des personnages qui nous traversent, tel un orage d’été, puissants sur l’instant mais incapables de s’attarder. Puis il y a ceux qui s’entêtent, qui posent leurs bagages et commencent à rameuter toute leur clique dans notre esprit. Famille, amis, ennemis… Voilà que ça s’agite, que ça cause, et parfois même que ça s’engueule.

Cela fait quelques mois qu’un personnage m’est apparu. Avec lui, un univers qui n’existe que par flashs imagés, des couleurs, une ambiance, quelque chose d’indescriptible… Presque intangible, et pourtant, il m’appelle, m’invite à explorer ses secrets. Je laisse ce nouveau venu arriver, examiner les lieux, s’en aller puis revenir, poser timidement un lit de camp dans l’attente d’être prêt à faire son nid.

Ses bagages ont l’air lourds. Une famille haute en couleur, bien toxique sur les bords - et au milieu - mais pas la version qu’on livre à son psy, plus celle qu’on confie à la police.

Petit à petit, je devine un caractère, des liens qui l’unissent à d’autres qui, à leur tour, font irruption. Leurs discussions me distraient pendant que je prépare à dîner, ils voyagent avec moi sur le siège passager quand j’avale les 100 bornes du mercredi (parce que, oui, j’ai eu la bonne idée d’habiter aussi loin de mon travail).

Les semaines défilent, je laisse le temps à toute la bande de s’implanter, leur laisse champ de décamper. Quelque part, peut-être que je les teste. Je questionne leurs motivations, cherche à comprendre quelle histoire ils ont à me raconter. C’est encore brouillon, tout ce que je sais, c’est qu’il y a une tension qui me donne envie de creuser. Une tension que j’espère être en mesure de retranscrire sur le papier.

Plus j’essaie de détricoter la pelote, plus de nouvelles questions apparaissent. Des personnages tombent du fil, se dessinent en relief dans les fibres de la laine. Quel sac de nœuds ! J’ai écrit 6 romans, en ai commencé une poignée de plus, et pourtant j’ai toujours l’impression d’arriver au pied d’une montagne dont je ne sais par quel flanc l’attaquer.

Voilà comment je me sens, au pied de cette montagne dont je sais que l’ascension sera périlleuse, mais la vue imprenable si j’atteins mon but. Il m’est arrivé d’abandonner l’aventure en cours de route, pour passer à un autre sommet, plus fiable, plus prometteur, mais généralement, quand je me lance, c’est pour de bon. C’est que les personnages se sont glissés sous mes doigts, qu’ils s’agitent, veulent prendre les commandes.

Pour l’instant, je les sens encore trop désorganisés.

L’univers me fascine, mais il baigne dans une brume opaque.

Le héros ? Encore sans relief, c’est à me demander pourquoi c’est lui qui m’est apparu le premier.

Son frère, en revanche… Ah ! Son frère, il annonce de la couleur. Du juron, du remue-ménage, des désastres en pagaille. On ne devrait pas s’ennuyer. Je comprends ses motivations, sans doute car il est sans filtres, il est arrivé en déballant tout de ses intentions, sans rien me cacher. Sauf un enfant ou deux - mais ça, on aura l’occasion d’en discuter.

Les soeurs, des niveaux de profondeurs que je me languis de décortiquer, d’analyser, d’animer.

Mais qu’est-ce qui les lie, si ce n’est un ADN ? Qu’est-ce qui les rassemble ?

C’est là tout le secret, pour commencer à écrire il ne faut pas toujours savoir où l’on va (c’est une question de tempérament, certains écrivains ont un itinéraire appuyé par 18 plans, d’autres partent à l’aventure comme Bilbon Sacquet), en revanche il est important de savoir d’où l’on part.

  • Qui sont les personnages principaux ?

  • Quelles sont leurs motivations ?

  • Qu’est-ce qui les lie ?

  • Comment réagissent-ils vis-à-vis de ce lien ?

  • Que leur arrive-t-il qui mérite un roman de 300 pages ?

  • Qu’est-ce que chacun a à me dire ?

Pour l’instant, je ne sais pas répondre à toutes ces questions. Alors je cogite, je ménage le vide pour leur laisser la place de s’exprimer, je les laisse tourner en tâche de fond jusqu’à ce qu’ils soient prêts à surfer sur mon curseur word. Et, surtout, je prie pour qu’ils restent… Car ils m’ont l’air de cacher de sacrées histoires, dans leurs valises !

Et vous, comment démarrez-vous une histoire ? Comment savez-vous que vous êtes prêts à vous lancer ?

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Read the original on paulineperrier.substack.com

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