Hello à toutes et à tous ! 👋
Nous nous retrouvons pour la 15ème édition de cette newsletter, pour vous partager mes aventures et mes réflexions sur des thématiques qui me passionnent :
L’humain | Le changement | Les enjeux sociétaux
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J’ai voyagé un an en Europe et en Asie pour explorer les dynamiques de transformation qui accompagnent l’humain dans une transition profonde vers une société consciente et vivante.
Quelques news (📍De retour en France)
Thème du mois : Et si prendre soin des transitions, signifiait finalement prendre soin de la vie ?
Instant Slow #16
C’est parti ! 👇
Encore et toujours d’émerveillement face aux montagnes népalaises majestueuses.
Une retraite Vipassana : 10 jours de méditation en silence à Katmandou, pour terminer mon périple.
Derniers interviews passionnants au Népal pour mon exploration.
Un retour en France surprise pour mes proches.
Un mois de décembre régénérateur entre fêtes et ressourcement.
Je suis partie. J’ai exploré. Je suis rentrée.
Le 14 novembre 2024, assise sur une chaise en plastique rouge, sur le balcon d’une petite chambre d’hôtel perché au-dessus du lac de Pokhara, au Népal, j’ai envoyé un message.
Dans l’euphorie et la justesse de mon retour qui s’approchait, mes proches ont entendu retentir un son bref sur leur téléphone, un son qui précédait le moment où mes pieds allaient frôler la terre ferme française, sans que personne ne le sache.
“Comme tu le sais (ou l’apprends peut-être en me lisant), je rentre en France en ce magnifique mois de décembre. Loin de moi l’idée de rater les fêtes auprès de mes proches 🥳
Certes, je rentre, mais ce retour n’est pas n’importe quel retour pour moi. Et oui, je ne reviens pas de trois semaines de vacances passées dans des contrées lointaines, mais d’un an de voyage en Europe et en Asie, solo avec mon sac à dos.
J’y ai cru, j’ai osé, je suis partie, j’ai déconstruit, j’ai appris, j’ai découvert, j’ai rencontré, j’ai grandi, j’ai changé.
Ce voyage est aujourd’hui un trésor inestimable sur mon chemin de vie. Un trésor qui a émergé grâce à une expérience de vie riche, éprouvante et intense, avec un changement de repères tant extérieurs qu’intérieurs. Un trésor pour lequel j’aurai à jamais une gratitude profonde.
Mon retour est donc un nouveau chamboulement, d’un environnement à un autre, d’un mode de vie à un autre.”
Un chamboulement qui a lieu, toujours à l’heure où je vous écris cette première newsletter de 2025. Car oui, le silence radio hivernal de décembre a été une conséquence en quelque sorte, logique, de ce chamboulement. Mes mots d’aujourd’hui sont des mots empreint de doutes qui refont surface. Hier, j’étais pleine d’élan après un mois régénérateur auprès de mes proches et surtout, au sein de mes refuges d’enfance qui m’ont vu grandir.
Pourtant, ce matin, je suis perdue. Depuis mon retour, la douceur a été mon amie la plus proche. D’un changement de repères progressif, d’une écoute de mes besoins affutée, de (re)découvertes des êtres que j’aime et de perspectives qui m’enthousiasment avec calme. Comme un fleuve qui coule en reflétant les berges et le ciel tel un miroir.
Alors, je ne sais pas. Est-ce le début d’année, synonyme de nouveaux départs, qui arrive avec davantage d’appréhensions et de flou qu’anticipé ? Est-ce simplement le cours des choses qui se déroule ? La réponse, je ne l’ai pas. Ce petit truc qui émerge aujourd’hui, est peut-être qu’un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup. Il me prouve que le retour est loin d’être seulement une date notée sur un agenda. Il me prouve, une énième fois, ce que j’ai compris dans ma chair cette année. L’importance de prendre soin des transitions quand un chamboulement est à l’horizon. Certes, mais pas que. Également et surtout, que la beauté de la vie se trouve dans ses variations, ses imprévus, ses surprises. Dans des espaces nouveaux qui s’ouvrent à chaque seconde, dans une immensité dont nous ne voyons pas vraiment les contours. En fin de compte, dans sa rugosité et sa fine sensibilité de l’inconnu.
Le soin apporté aux transitions conscientes sont ces pièces de puzzle assemblées en premier, qui dessinent le tour d’un puzzle. Il reste ensuite, une zone centrale, toujours de la couleur de la table, qui attend d’être complétée avec patience. Cette zone s’appelle la vie. Car, toute transition connait un moment où il ne manque plus qu’à la vivre. Alors, parfois, je me demande même si la meilleure manière de prendre soin d’une transition est de la considérer comme une partie de l’aventure, tout simplement. Sincèrement, je crois que je ne me le demande plus, j’en suis maintenant certaine. Prendre soin d’une transition, c’est bâtir un pont. Un pont qu’il nous faudra emprunter si l’on souhaite passer sur l’autre rive. Sans ce passage, nous restons immobiles, bloqués, parfois même, perdus. Comme si l’aventure avait appuyé sur le bouton pause. Oui. Un grand oui. Ce que l’on nomme transition est finalement une page d’un livre que nous découvrons, que nous dévorons et que nous tournons afin de connaitre la suite. Alors, prendre soin des transitions, revient, finalement, à prendre soin de la vie, de chacune de ses pages, à la hauteur de ce qui est possible.
Ces chapitres de vie ont de diverses temporalités. Certaines que nous connaissons, d’autres que nous suspectons, et encore d’autres qui nous sont invisibles. Ces chapitres sont l’illustration même de l’éphémère. D’ailleurs, en général, nous apprécions de savoir que ces chapitres “transitions” sont éphémères, car ils sont inconfortables et inconnus. Cependant, lorsque nous élargissons notre angle de vue, nous nous rendons compte que tout est éphémère, même ce que nous pensons acquis. Le droit à l’avortement aux États-Unis, ça vous parle ?
Un toit au-dessus de nos têtes, de la nourriture dans notre assiette, une place dans les prises de décisions de notre organisation, des êtres que nous aimons, une planète qui a résisté du mieux qu’elle le pouvait à notre désinvolture, jusqu’à se décider d’envoyer des signes d’alerte…
Considérer les transitions comme des magazines hebdomadaires qui, une fois la semaine terminée, ne valent plus rien, c’est choisir la simplicité. Se croire surpuissant. Préférer cacher, voire nier, notre vulnérabilité, notre ignorance, notre interdépendance. Les transitions revêtent de nos jours multiples identités : transformation, évolution, continuité, bouleversement, choc, renouvellement, remplacement, mutation… Pourtant, fondamentalement, toutes ces identités incarnent notre incapacité à changer de regard à propos d’un élément au cœur de nos sociétés : le changement. Nous employons des mots forts ou des mots presque invisibles, en pensant que constater et commenter suffisent. Quelle illusion !
Refuser de regarder en face est, en effet, une voie possible. Une voie que certaines personnes ont décidé de prendre. En connaissance de cause, je me le demande. Cependant, aujourd’hui je m’adresse à vous et à toutes ces personnes autour de vous, qui ont façonné un chemin de vie, témoignage de courage. Un courage qui fait partie de nos identités respectives. Face à ce sentiment d’impuissance généralisé, rappelons-nous que nous sommes arrivés jusqu’ici grâce à notre courage, grâce aux étincelles de joie, grâce à des rencontres.
Voulons-nous dire à nos enfants que nous n’avons pas été à la hauteur de la tâche alors que nous savions ? Voulons-nous être étiquetés comme victime d’un système ? Ou bien, voulons-nous être fiers en tant qu’individualité et en tant que collectif, pour nos actions, nos combats, nos chutes, nos célébrations, et surtout notre rôle au service d’une humanité ? Une humanité concrète. Une humanité présente tant chez notre voisin que chez un enfant cambodgien qui nous a touché à travers son regard perçant sur une photo ou encore, chez notre oncle qui parle fort pour faire entendre ses opinions opposées aux vôtres.
Et alors, de se sentir “faire commun”, “faire ensemble”, libère une formidable tonicité qui refoule la tentation du désespoir. Mon espoir pour l’humanité autant que pour moi, réside dans la détermination de poursuivre le combat de vivre (pleinement, joyeusement, chaque moment où l’on a conscience que quelque chose de beau se déroule) - Edgar Morin
Le sentiment d’impuissance que nous ressentons toutes et tous, à différentes échelles, est légitime et réel. Nous pouvons en faire quelque chose. Cela commence en étant radicalement sincère avec soi et en se demandant : “qu’est-ce que je souhaite vraiment pour Nous ?”. Oser rêver et en faire une réalité qui en sera inspirée.
J’ai eu peur de rêver. J’avais peur que ça ne se réalise jamais. Alors, je m’empêchais de rêver de toutes mes forces. Je n’ai pas réussi. Le rêve fait partie de moi, de nous sûrement. Pour certains, le rêve est fait pour rester rêve, pour d’autres le rêve est un feu qui fait avancer. Le droit de vote des femmes a été acquis en Europe parce qu’un jour des femmes ont rêvé. Rêver, car c’était inexistant dans leur monde. Puis, ce rêve a traversé les jours pour s’ancrer dans une nouvelle réalité. Alors, oui, je pense que le rêve a cette puissance de nous mettre en mouvement et de nous permettre de prendre conscience.
Cessons de confondre aptitudes et intelligence, et oeuvrons à éveiller l’humanité à prendre conscience. Prendre conscience qu’elle forme “un”, qu’elle partage un destin et un sort communs, que chaque mal ou bien se répercute universellement. Prendre conscience que cette merveilleuse Terre qui nous héberge mérite d’être soignée, que nous appartenons à une seule et même espèce, que chaque autre est frère, que le temps est venu de créer une convivialité planétaire. Prendre conscience qu’il faut additionner “ce” que l’on s’évertue à mettre en rivalité, à marchandiser ou à retrancher ; - Pierre Rabhi
Aux côtés de ces évènements qui remuent, chamboulent, bousculent, renversent nos sociétés, ne courbons pas l’échine, continuons d’agir au quotidien pour ce en quoi nous croyons. Continuons de cultiver la joie et l’amour de l’aventure qu’est la vie, ensemble. Employons les intelligences diverses et variées, présentes, au service d’un monde dans lequel nous souhaitons vivre, vraiment.
PS : Mes doutes ne se sont pas envolés. Néanmoins, ils se sont adoucis et ont trouvé une place à côté de la confiance et de l’envie.
Que souhaitez-vous vraiment pour Nous ?
On se retrouve en février pour une nouvelle édition. D’ici là, prenez soin de vous 🤗
Justine 🙋
J’espère que cette édition vous a plu.
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