Savez-vous quel a été le plus grand échec de Robinson Crusoé ? Sa mésaventure la plus ridicule de son long séjour sur une île déserte ?
C’est l’épisode où il a dépensé une énergie colossale pour construire un bateau afin de quitter l’île — en vain.
Cet épisode mérite que l’on s’y attarde un instant, car il illustre à merveille pourquoi certains projets aboutissent à des échecs.
Dans Vendredi ou La Vie Sauvage, les premiers efforts de Robinson Crusoé se concentrent sur la survie, mais l’envie de s’arracher à son sort le pousse à tenter de construire un bateau, en creusant la coque à l’intérieur d’un immense tronc d’arbre. Il y passe énormément de temps. Des semaines entières.
Une fois ce travail terminé, il tente de le mettre à l’eau, et se rend compte que ce magnifique bateau est bien trop lourd pour qu’il puisse le bouger seul. Le bateau ne voguera jamais.
Dans cette histoire, ce qui surprend, c’est la facilité avec laquelle l’erreur aurait pu être évitée, en choisissant un tronc d’arbre situé près de l’eau. Comment expliquer un tel aveuglement ?
En analysant son erreur, Robinson se rend compte que deux choses l’ont influencé dans sa décision.
Premièrement, le seul livre dont il dispose est une Bible, dans laquelle il puise pour structurer sa vie. Il réalise que le récit de Noé préparant son arche pour accueillir les animaux l’a profondément marqué, au point de faire comme lui : il a construit un bateau au milieu de la forêt — en attendant inconsciemment que les eaux montent. Sauf que Noé n’a jamais eu à déplacer son arche pour la mettre à l’eau, c’est l’eau qui est venue à lui. Cette source d’inspiration a induit notre naufragé en erreur.
Deuxièmement, la solitude de Robinson l’a empêché de prendre du recul sur sa tâche, qui a pourtant été bien longue. L’absence d’humains sur l’île l’a fait plonger dans une myopie mentale. Ne pas avoir d’échanges avec d’autres personnes réduit la portée de ses réflexions, pour aboutir à des actions absurdes, comme la construction d’un bateau à des kilomètres de la mer. Il aurait suffi d’une seconde paire d’yeux pour éviter cette perte de temps colossale.
En creux, par son absence, cette histoire met en évidence la force de l’intelligence collective. Et d’intelligence collective, il en est énormément question ces temps-ci, dans ma vie professionnelle.
Depuis la publication de notre livre Discovery Discipline avec mon associé Tristan Charvillat, nous sommes intervenus auprès d’une centaines d’entreprises.
Ces entreprises nous sollicitent pour que nous les aidions à mieux concevoir leurs produits digitaux. Au fil du temps, nous avons réalisé que notre message de fond portait sur l’importance pour une équipe de savoir générer les bonnes conversations.
Autrement dit, notre méthode de product discovery est aussi une formidable manière de mobiliser efficacement l’intelligence collective d’un groupe de travail.
Pour faire découvrir à un nouveau groupe la puissance d’une discussion collective efficace, nous avons conçu un outil simple et percutant.
Comment l’utiliser ?
En démarrage de projet, réunissez les personnes impliquées.
Demandez à chaque personne de remplir la fiche, dans son coin.
Une fois que tout le monde est prêt, comparez les réponses.
La variété des réponses mettra en évidence les multiples manières d’aborder le projet, ainsi que le besoin de s’aligner sur quelques points clé avant de démarrer. Imparable.
(Si vous utilisez cet outil dans une vraie réunion de travail et qu’il ne déclenche PAS une conversation intéressante, je vous offre une conférence gratuite dans votre entreprise.)
Il y a mille manières de réfléchir à ce que l’intelligence artificielle est réellement. Une perspective qui m’aide parfois, c’est de considérer l’intelligence artificielle comme un accès instantané à l’intelligence collective… de l’humanité.
Sauf que, pouvoir mobiliser l’intelligence de l’humanité entière, ça peut intimider. En fait, bien souvent, on ne sait même pas par où commencer.
C’est de ce constat que nous sommes partis avec Tristan pour décider de nous investir à fond dans une mission nouvelle : aider les product managers et designers à apprivoiser cette nouvelle technologie.
Quelques exemples d’actions allant dans ce sens :
Lancement d’AiPAD Club, la communauté d’entraide autour de l’intelligence artificielle, rassemblant plus de 1200 product managers et designers
Enregistrement de podcasts sur le sujet : Tristan chez Just A Click, Rémi chez Data Gen
Keynote de Tristan lors de la conférence AI Product Day
Présence de Rémi à l’évènement Anthropic Paris Builder Summit
Création d’une formation GenAI (première session donnée le 12 février auprès d’un cabinet de conseil, d’autres arrivent très vite)
Si c’est un sujet qui vous titille aussi, ravi d’en parler — il suffit de répondre à cet email.
Sinon, vous, ça va ?
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