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Podcasts · Aug 19, 2026

Cerrone, l’icône du disco à Palavas : "Je n’aurais jamais imaginé que ça fonctionne et que ça dure"

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Yanick Philipponnat · Midi Libre

Plus de 30 millions d’albums vendus, 50 ans d’une carrière internationale couronnée par la célébration de son tube Supernature à la cérémonie d’ouverture des J.O. en 2024 : Marc Cerrone, 74 ans, icône du disco et père de la French Touch électronique française, se confie avant son passage aux arènes de Palavas (Hérault) ce jeudi 20 août.

En vous retournant sur un demi-siècle de musique, qu’est-ce que vous voyez ?

Quand je regarde, je ne ressens que le plaisir que j’y ai pris. Je n’aurais pas imaginé, un, que ça fonctionne, deux que ça dure, et trois, que les générations d’aujourd’hui s’y accrochent. J’essaie d’être à la hauteur des opportunités qui se présentent.

Pourquoi votre musique est-elle devenue intemporelle et intergénérationnelle ?

Ce n’est pas explicable ! Il n’y a pas de recette, je n’ai pas mis de l’huile, du sel et du poivre. C’est impalpable, le public adopte la musique et la garde, en 50 ans, entre les remix, les samples, ça saute de génération en génération… Je suis super content à mon âge de faire autant de concerts et d’avoir un public si chaud et endiablé, partout dans le monde. C’est sympa d’avoir la jeune de 20 ans qui vient avec sa mère de 40 ou 45 ans et qui amène sa mère de 60 ou 65 ans, c’est le plus beau des cadeaux.

Le disco, lui, est revenu à la mode…

Je dirais que le disco n’est jamais parti, il a eu des appellations différentes, House, garage, électro… N’oublions pas le terme, le disco c’est la musique de discothèque, pour danser et évidemment aujourd’hui les gens ont envie de danser avec tout ce qui se passe. J’ai eu des trous d’image médiatique, mais en termes de concert je n’ai jamais arrêté, je n’ai jamais eu une année où je n’ai rien fait. Les sons d’aujourd’hui sont plus électro-soul, House, mais au niveau des streams, des ventes, les musiques "dance" c’est 65 % du marché, oui, il est redevenu leader. Le disco, c’est festif et heureusement que la mode n’est pas au mélancolique, avec tout ce qui se passe dans le monde, ce n’est pas l’heure !

Au début de votre incroyable carrière, il y a cette caisse de disques de votre album Love in C Minor, en 1976, qui s’envole par erreur aux États-Unis où votre musique connaît un succès foudroyant…

C’est une anecdote, elle est drôle, mais ce n’est pas ça qui a fait que j’ai fait une carrière et que l’on m’a découvert. Le disque commençait à très bien marcher en France et des grossistes ont décidé de l’envoyer aux États-Unis. Les petits trucs font la différence, moi ça a été un accélérateur, c’est certain. Je me suis installé là-bas, je me suis dit, c’est un coup de pot, ça ne va pas durer, et je suis resté 22 ans. En France, moi, avec cette batterie mise très en avant sur scène, ce titre de 16 minutes (Love in C Minor), les Français ne comprenaient pas !

Et puis en juillet 2024, vous jouez votre tube Supernature, à la cérémonie d’ouverture des J.O. et un nouveau plébiscite s’ensuit…

C’est une belle récompense et une superbe reconnaissance surtout venant de la France. C’est le comité des Jeux Olympiques qu’il a fallu convaincre, c’est monté jusqu’à l’Elysée, ils étaient très vigilants sur les choix. Le directeur de la musique est venu me chercher, c’est une opportunité et il fallait être à la hauteur avec cette idée de jouer Supernature en symphonique et le rendre grandiose.

Vous êtes considéré comme le père de la French Touch. Les Daft Punk notamment sont venus vous demander l’autorisation de sampler Supernature pour leur morceau Veridis Quo. Quel souvenir en avez-vous ?

Guy-Manuel est venu me voir, j’étais flatté que des jeunes s’intéressent à ma musique, qu’ils en fassent autre chose dans un morceau où l’on s’y reconnaît également. Un artiste qui se fait sampler, c’est la meilleure des récompenses et en 50 ans, le nombre de samples que j’ai pu avoir…

Je vais tester de nouveaux morceaux à Palavas

Mais je suis aussi reconnaissant et lucide sur le fait que je suis encore là sur la route grâce aux DJ’s. Ils me disent souvent que j’ai ouvert la voie et ils ne m’ont pas oublié sur le chemin, sympa !

Vous avez d’abord été batteur, qu’est-ce que cela apporte à votre musique ?

Le fait d’avoir été batteur, quand j’avais des groupes, sur scène, je mettais la batterie très en avant, on m’appelait le bûcheron, les maisons de disques, quand je cherchais un contrat, me disaient : vous êtes fou ! Ils n’ont pas l’air con aujourd’hui, car ce qui est dingue, c’est que 50 ans après, il n’y a pas de style musical où la batterie n’est pas mise très en avant…

Vous êtes ensuite devenu DJ, qu’est-ce que ça a changé ?

J’ai eu des débuts difficiles comme producteur indépendant, j’ai appris le DJing il y a 15 ans, j’ai trouvé ça louche au départ, mais je m’amuse comme un fou, mon ordinateur est rempli de samples et de pistes de mon catalogue, je me revisite. Ce n’est pas le simple fait d’appuyer sur un bouton et de voir le public danser. Moi, je parlerais de voyage, mon set dure une heure et demie, on part en voyage musical, je ne joue que mes titres, pour que les gens rejoignent mon jardin et dansent.

Quel est votre futur projet ?

J’ai un nouvel album qui est pratiquement fini et qui arrive en début d’année, avec pas mal de collaborations avec des chanteurs anglais, américains, on le finalise.

Toujours très disco ?

Je dirais toujours très Cerrone ! Je ne le dis pas mais évidemment, je vais tester deux, trois morceaux à Palavas, pour voir la réaction du public, rester dessus ou partir ailleurs. Après pour la suite de ma carrière, vis au temps présent, et je dis aux gens venez voir et écouter Supernature à Palavas !

Read the original on midilibre.fr

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