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Mental distress gym club · Apr 16, 2026

Un succès, un échec, un poche, peut-être un film, et une émotion

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Martin Page · Mental distress gym club

Douceur de la musculation est sorti en octobre et ça a été une belle surprise, le livre est un petit succès public et étrangement il y a même eu un article dans Télérama, j’ai été invité à un podcast (celui de Camille Teste), mais ce sont bien sûr les lectrices et les lecteurs qui ont porté le livre. Merci à elles et à eux. J’ai reçu beaucoup de messages bouleversants de personnes queer, de femmes, et en particulier de personnes âgées. Je me souviens en particulier d’une rencontre avec des dames (je pense de plus de 75 ans) à Bordeaux qui avaient lu Douceur dans leur club de lecture et ça les avait passionné au point ensuite de se mettre au renforcement musculaire. Les réactions à ce livre sont renversantes. Il y a eu quelques coups de canifs, mais hey le contraire serait étonnant :)

Mon autre livre de 2026, La tendresse des catastrophes, sort en poche, dans une nouvelle et belle collection chez Pocket. Ça a été pour moi l’occasion de deux choses : relire le texte et faire de petites corrections, de micro changements, et surtout d’écrire une postface. La parole des auteurices et des artistes en général sur leur travail a été et continue à être très formatrice et inspirante pour moi, aussi ça compte de m’inscrire dans cette tradition à la fois d’adresse aux lecteurices, de réflexivité et de combat car évidemment j’écris en lutte avec le réel et avec cette partie du réel qui s’appelle la littérature.

Merci aux lecteurices qui ont aimé ce livre, et m’ont écrit, et aux libraires qui l’ont défendu. La tendresse des catastrophes a été un échec critique total (merci à Sean Rose quand même, à Louisa du podcast Single Jungle), et ce n’est pas étonnant. Les échecs sont intéressants, quand on s’en relève. Ça reste brutal mais ça raconte quelque chose de notre position et du biotope de notre milieu. Le monde social n’est jamais surprenant, c’est sa grande malédiction. Il faut continuer à avancer et à survivre. C’est notre vie d’artistes ce tremblement de terre permanent, et nous avons de la chance quand nous avons des alliées. Merci donc encore aux alliées donc qui me suivent depuis longtemps. Vos messages aident à tenir dans le chaos et l’anomie.

Grâce à cette sortie poche, ce livre va continuer sa vie, il y a même un projet d’adaptation au cinéma, ce qui est assez magique.

Les comédies romantiques ont compté et comptent pour moi. Je suis heureux d’en avoir écrit une bizarre et politique sur nos vies précaires et inventives avec des personnages qui se battent contre une société sexiste validiste grossophobe raciste, qui négocient avec leur passé et avec le présent, se heurtent parfois, mais finissent par se trouver. Et surtout avec un personnage homme assez peu masculin et un personnage femme pas forcément féminine au sens classique.

On le sait : la comédie n’est pas le contraire de la tragédie.

La fiction, et la fiction populaire en particulier, est un espace d’analyse et de changement des représentations important. Je pense aussi à la littérature jeunesse. Ce n’est pas étonnant, mais c’est tragique que la partie critique de notre camp ne le voit pas, et ne défende pas ça. J’aime écrire des essais et en lire, mais abandonner la fiction, la fiction populaire, la romance, la fantasy, est non seulement un reflet de notre classisme mais une tragique erreur éthique et politique. En ce moment, je lis RF Kuang et ML Wang justement, et je respire mieux.

Merci à Sarah Rigaud, éditrice extraordinaire des Escales, pour la confiance et le travail. Il y a encore des éditeurices passionnées qui sont là, qui croient en des livres dont le but est de déplacer les frontières et cela sans repousser personne. Et qui ont confiance dans leurs auteurices. Merci aussi à Benoït Virot, des éditions le Nouvel Attila, qui m’a soutenu pour Douceur. J’ai de la chance.

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