Je suis Marie Roussel et j’accompagne les entrepreneurs à transformer leur relation à l’argent. Je vous propose dans cette newsletter une interview de Marine Armand où on vient creuser ensemble sa relation à l’argent.
Si vous voulez plus d’infos sur mon offre de coaching, rdv sur mon profil Linkedin.
Bonne lecture :)
Le premier, c'est liberté. Le deuxième : confort. Le troisième est moins naturel, mais je dirais : impact. C'est vraiment le moyen de m'impacter moi et d'impacter les autres.
Dès que je suis en Corse, je me sens méga libre. Pas parce que c'est les vacances, mais parce que je me laisse absorber par la nature. Je promène mon chien pendant une heure et ça me fait kiffer. Alors que quand je suis dans mon quotidien chez moi devant l'ordi, entre 4 murs, je me dis que j’ai rien de mieux à faire que bosser.
Je me sens beaucoup plus libre quand je suis dans des environnements plus naturels parce que je vais plus m'autoriser à faire autre chose que bosser.
Une pensée que j’ai : “l'argent ça se mérite” ou encore “l'argent ça tombe pas du ciel”. Autrement dit “il n'est pas forcément nécessaire d’être dans le mal ou la douleur pour gagner de l’argent, mais clairement il faut se bouger”. Si tu comptes bosser deux heures par jour et boire des mojitos, ça va pas le faire…
Quand j'étais petite, j'avais la tirelire cochon. Et je me souviens que très tôt, j'ai eu de l'argent de poche. À l'époque, on était en francs, donc j’accumulais des pièces de 10 francs dans mon cochon. Et je me souviens que le jour où j'ai ouvert le cochon avec ma mère, il y avait 3000 francs en pièces ! J’ai eu l’impression que c’était Fort Boyard.
C’était l’époque où on est passé à l’euro et on est allé à la banque pour m’ouvrir un compte, je devais avoir 8-10 ans et déjà à cette époque là je me disais : je vais être libre de m'acheter ce que je veux : un petit t-shirt, une barrette, des trucs de gosse.
L’argent tombe pas du ciel
Les gens qui gagnent de l'argent c'est des gens qui bossent
Tout travail mérite salaire
Si t'as de l'argent, tu partages, tu impactes, tu offres à ceux que tu aimes ce qu'ils ne peuvent pas se permettre (valeurs catho en toile de fond)
J’ai grandi dans un contexte plutôt aisé financièrement des deux côtés de mes parents.
Ma mère a été prof de tennis, puis elle s'est occupée de mes grands-parents sur le tard. Et mon père, il est directeur commercial chez Toshiba avec une carrière bien linéaire dans la même boîte depuis 35 ans, médaille du mérite !
Ma grand-mère était une des premières femmes dirigeantes chez Yoplait, et mon grand-père était dans la métallurgie, donc il y a toujours eu dans la famille cette culture du travail, cette culture de l'ambition.
Donc ce que j’ai entendu et retenu c’est quelque chose du genre : “si tu bosses bien, tu vas avoir comme nous une vie assez cool où on peut se permettre de dépenser sans trop réfléchir”.
J’ai la croyance que "la réussite se construit", et comme pour beaucoup d'entre nous, mes arrière grands parents étaient paysans et je connais les parcours pro de mes grands parents et ce qu'ils ont fait pour bâtir leur propre confort.
Et si le patrimoine s'hérite, ce n’est pas le cas de la réussite donc c'est à chaque génération de faire en sorte de le "préserver". Ça peut me mettre la pression pour réussir par moment. Ce serait un peu comme gâcher le travail des générations d'avant que de ne pas réussir à leur hauteur.
Je suis plus dans le donner que dans le recevoir, même si les cadeaux, je les reçois plutôt très bien. Mieux que les compliments, où je vais dire “ah bah non, mais toi aussi”. Dire simplement “merci ça me touche” et en rester là, c'est encore “work in progress”.
Et bien déjà je dirais qu’il a évolué et qu’il y a eu un avant et un après Covid.
Avant le Covid, je gagnais très bien ma vie et je ne regardais pas trop les dépenses. Je me disais : “tu bosses comme une acharnée la semaine, donc pour tes vacances, tes weekends, tu fais ce que tu veux”. À cette période, j'étais directrice d'une prépa-médecine avec une rôle au niveau national pour la structuration des process, du market, etc.
Je bossais comme une dingue la semaine et je me récompensais avec des dépenses un peu compulsives parce que je savais que je pouvais me le permettre, c’était mon plaisir. Je sortais du taf, j’allais au Comptoir du Cotonnier et j’achetais 3 pulls sans me prendre la tête. C’est un comportement que j’avais pu observer chez mes parents aussi : on peut se le permettre, donc on se le permet sans se poser 150 000 ans la question.
Puis le confinement pendant le Covid est arrivé, et j’ai vécu avec les mêmes affaires d'une même valise pendant quatre mois et ça m'a pas traumatisée. Je me suis même dit : “il y a peut-être des trucs que tu achètes qui sont pas ultra utiles”. Ça a beaucoup ralenti ma dynamique d'achat.
Et depuis que je me suis lancée à mon compte en 2022, et bien comme je ne suis plus sûre de gagner la même somme d'argent à la fin du mois, forcément, je mets beaucoup plus de conscience sur mes dépenses, sans être crispée non plus.
D’ailleurs dans mon business, j'ai investi très vite et très facilement des gros montants pour me faire accompagner parce que je me disais : “investir de l'argent maintenant, c’est un levier pour en gagner plus plus tard”.
Et d’ailleurs je n'ai jamais acheté de petit produit “vite fait”, je veux toujours le meilleur coach et le meilleur contenu.
Le déclencheur pour moi, c'est les 4 mois de Covid qui sont passés par là, le burn-out qui a suivi, la relation toxique que j'avais dans mon job de l’époque, et le ras-le-bol au bout de 8 ans dans la même boîte et mes collègues qui me disaient : “mais Marine, qu'est-ce que tu fous là ? Lance-toi à ton compte !”
Et quand je me lance, j’ai aucune idée claire de ce que je veux faire, je sais juste que je suis organisée, que je suis fan de process. Et à l'époque, je n'assume même pas trop le côté marketing. Peut-être parce que pour mon père qui est commercial, le marketing, c'est pour ceux qui brassent du vent, qui brassent des mots.
Donc quand je me lance au début, je me dis “je vais aider les gens à structurer leurs idées, à sortir du brouillard mental parce que j'ai un côté très analytique, très carré”.
Et c'est seulement au bout de 6 mois à force de proposer du coaching gratuit (parce que moi-même, j'ai besoin de mettre le doigt sur mes compétences) que je me rends compte que je propose une expertise marketing.
Pendant cette phase où j’offrais du coaching gratuitement pour me trouver, j'avais fait un petit produit que je vendais 30 euros. J'en avais vendu quelques uns et j'étais trop contente de ce chiffre d’affaires de 200 euros !
Et comme je voyais que quand je faisais du gratuit, j'avais quand même un impact, je me disais : “ok, le jour où je vais le monétiser, ça va le faire”.
La phase qui a été la plus difficile pour moi, c'est celle qui est venue après. On était en mai, j'avais formalisé mon offre, c'était clair, j’avais des supers retours, mais pendant 6 mois, je faisais un chiffre d'affaires de 1000, 1500, 2000 euros. Alors que moi, dans ma tête, mon objectif, c'était de faire 7k. Et là, je me disais : “ok, j’en suis loin, si en décembre, j’ai pas atteint les 7k, je retourne dans le salariat”.
Et cette phase où je plantais les graines et où ça ne germait pas aussi vite que j’aurais voulu, je me faisais tous les scénarios du pire dans ma tête. Et souvent c’est là qu’on peut avoir tendance à se recroqueviller, à plus rien dépenser.
Heureusement pour moi, j'ai eu le réflexe inverse de me dire : “je crois tellement dans ma boîte et je veux tellement mon indépendance qu'en fait, je suis prête à vider mon compte épargne pour avoir la vie que je veux.”
Et je vois aujourd’hui certains de mes clients qui osent pas investir car leur activité est pas encore rentable, mais si tu crois vraiment en ton projet, que tu apportes de la valeur, qu’il est validé par le marché, tu devrais être capable de faire “all-in” pour en faire quelque chose de rentable.
Oui, j'ai pris un accompagnement en prospection avec Lucas Baldinger, c'était 2200 ou 2400 euros donc pas forcément simple à sortir à cette époque. Et clairement j’ai bien fait car ça m’a permis de débloquer des trucs plus vite. Donc ça a été un achat hyper rentable parce que ça m’a lancée.
En moyenne, je dois être à 9k de CA mensuel.
C'est un truc que j'ai beaucoup de mal à définir. Au début de l'année, je m’étais fixée 10k euros de chiffre d'affaires par mois, donc 120k annuel. Et après, je me suis rendue compte que ça me mettait une pression de dingue. Parce que quand je fais un mois à 6k, je me sens comme une merde, du coup je vais redoubler d'efforts, je vais me fatiguer et je vais perdre ma clarté.
Donc, cette notion d'objectif, je la prends mais je la mets aussi un peu à distance parce que je sais que pour moi, ça peut être un truc qui va me travailler tard le soir, le week-end, jusqu'à courir pour l’obtenir.
Parce que ça fait pas si longtemps que je suis là et qu’il faut que les graines que j'ai plantées depuis un an et demi finissent par germer. Donc il y a un peu cet effet boule de neige qui doit se créer maintenant que mes offres sont créées.
Ça m'évoque ce que je vivais en entreprise : je sentais qu’en terme de rémunération ou de reconnaissance je n'aurais pas plus, et je me sentais minimisée dans mon impact.
Côté pro, j’ai environ 700€ de charges par mois (Canva, Notion, Assistante Virtuelle, etc.) et environ 5-6k€ d’accompagnements / an.
Côté perso, je dépense à peu près 2000€ par mois et j’investis environ 600€/mois (assurance vie, plan épargne retraite, etc.), que j’envisage comme une charge à part entière et pas comme un “si je peux”, tout est en prélèvement sauf mes investissements en startup que je fais ponctuellement à coup de 1000€.
Avec le temps j’ai compris une chose : ma meilleure qualité est aussi mon pire ennemi. Et je parle de ma capacité à créer. Je suis tout le temps dans une énergie de création.
Dès que j’ai fini de créer un truc, bam, j’ai une nouvelle idée et je me lance dans la création d’un nouveau produit. J’ai encore un peu de mal à lâcher-prise, mais je commence à le mesurer et à agir dessus.
J'ai beaucoup lu et entendu sur le fait qu’il faille “ralentir”. Et je me suis rendue compte qu'en fait, ça ne fait pas écho chez moi. Derrière le fait de “ralentir” pour moi, il y a cette connotation d'oisiveté. Et pour le moment, être oisif et avoir un business qui tourne, ça matche pas pour moi.
Et puis mon business a grandi très vite, beaucoup plus vite que ce que je l'espérais, et il y a encore un truc presque irréel quand je dépasse les 10k de CA, donc j’ai tendance à me dire : “est-ce que si j'en fais un peu moins, ça va continuer de bien tourner ?”.
Mais c'est un truc que j'essaie d'apprendre, par exemple quand j’ai rien de prévu dans mon agenda un après-midi dans la semaine, je me dis “ok peut-être que la case peut rester blanche et je peux aller me balader”, mais ça reste un effort.
C'est paradoxal parce que d'un côté, je sais que je ne manquerai jamais. Entre le patrimoine familial et mon niveau de diplôme, si demain ma boîte s'effondre, je me dis que je retrouverai un job quoi qu'il arrive. J’ai cette pensée très rationnelle de me dire que la chance que je finisse sous les ponts est minime.
Pour autant, même quand j’ai 3, 4, 6 mois de trésorerie et que je peux assurer ma rémunération sur les prochains mois, je me dis : “est-ce que ça va durer ?”. Je vois bien que le fait de pas pouvoir anticiper l'avenir, de pas pouvoir planifier le CA des 2 prochaines années, c’est vrai que c’est quelque chose qui est là, que j’ai en tête.
Là on est en avril, tout va bien, et je suis déjà en train de réfléchir à comment aller chercher mes 10k de CA en août prochain. Donc je suis tout le temps dans une sur-anticipation. Parce qu’une stratégie ça se pond pas en 2 heures et les clients tombent pas du ciel.
Et sur le côté perso, je suis quelqu'un qui épargne, j’ai des assurances vie, des placements financiers de tous les côtés. Les placements retraite, je les ai depuis que j'ai 25 ans, même pas. Je prépare beaucoup l’avenir pour maintenir mon niveau de confort.
J'ai été élevée dans du confort. J'ai tout de suite été bien payée dans le salariat. Donc aujourd’hui, je fait tout pour maintenir ce niveau de confort, à travers moi, mes efforts, ma boîte.
Mon rapport à la dette ? Il n'y a pas de rapport ;D
Typiquement, je reçois une facture, je la paye direct. La dette n'existe pas chez moi.
Une amie m’avance un cocktail ou autre, dans les 2 minutes, je lui ai fait un virement.
Même quand on me propose des échéances si je peux payer en une fois et me dire : “c'est bon c'est passé, c'est réglé, on avance” : je me sens mieux.
Idem quand j’ai acheté ma première voiture, j’avais l’argent, je l’ai payée en une fois.
Après, comme quand j’étais salariée, j’ai de suite bien gagné ma vie, j'ai fait un emprunt bancaire pour acheter mon appart. Donc j’ai quand même une dette envers la banque, mais il y avait pas d’autre moyen vu le montant.
Je suis arrivée à 23 ans dans le monde du salariat et j'ai évolué très vite. J'étais la mieux payée de tous mes collègues. Et j’ai pu entendre : “mais Marine pourquoi tu en demandes plus ? T’es la plus jeune et t'es déjà la mieux payée ?”. J’ai trouvé ça injuste que ma valeur soit diminuée du fait que je sois jeune.
Maintenant que je suis lancée dans l'entrepreneuriat, je sais que je peux faire plus jeune que mon âge. Et j’ai envie de véhiculer mon expertise, mon côté à la fois strict et carré, mais tout en étant accessible.
Et donc ce que j’aimerais pas qu’on dise de moi, c’est :
Marine c’est la petite jeune sympa, qui écrit des trucs pas trop cons
Marine, elle a pris la grosse tête, elle est devenue inaccessible et arrogante
Je crois que c'est un vrai avantage que je peux avoir : j’ai une bonne estime de moi. D’ailleurs j’ai jamais vraiment ressenti le syndrome de l’imposteur. Donc j’ai cette chance, même si elles ne font jamais plaisir, les critiques ne m’atteignent pas vraiment.
Le premier truc qui me vient, c'est que 500k, je ne les générerai pas toute seule, donc je vais devoir gérer des gens. J’ai managé des gens pendant 8 ans et je n'ai plus du tout envie. Je veux pas me prendre la tête avec Micheline qui a envie de partir en vacances à telle date.
En vrai de vrai, j’arrête de faire ce que je fais. Je pense que je place 100 millions pour générer des intérêts, et avec les 100 millions restants, je renoue avec ma passion des animaux, je créer un giga refuge et je caresse des lapins.
Je sais que c'est difficile parce qu'au démarrage, c'est encore instable financièrement, mais je reste convaincue et 100% persuadée qu’il faut oser investir pour croître.
Malgré la variabilité de satisfaction que j'ai pu avoir dans les accompagnements que j'ai pris, je sais qu'à chaque fois, ça a débloqué des trucs business chez moi. Donc la dépense est toujours un investissement.
Aucun post

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.