« No alliance lasts forever » (« Aucune alliance n’est éternelle »). Ce banc-titre apparaît dans le générique de la troisième saison de « La Diplomate », qui a pour héroïne une ambassadrice américaine à Londres, diffusée à l’automne dernier sur Netflix. Depuis trois ans, le succès de cette série confirme la fascination d’Hollywood pour le pouvoir américain. À moins que ça ne soit l’inverse : dès 2023, les rues de Washington étaient couvertes d’affiches promouvant la première saison, un marketing bien ciblé vers les milliers de fonctionnaires au cœur de la machine de la première puissance du monde. Aux manettes, la scénariste Debora Cahn a travaillé pour les séries fameuses « À la maison Blanche » et « Homeland » et a l’habitude de multiplier les interviews « off » auprès de diplomates, d’espions, de hauts fonctionnaires, pour préparer ses scénarios.
Aucune alliance n’est éternelle ? L’effet dramatique est évident, mais il n’est pas si farfelu : depuis le Brexit – cela fera dix ans ce 23 juin – la « relation spéciale » entre le Royaume-Uni et les États-Unis n’a cessé de se disjoindre : derrière l’alliance sécuritaire – notamment dans le nucléaire militaire et le renseignement électronique – les divergences stratégiques se multiplient entre les deux pays depuis une dizaine d’années. Le révélateur Trump de ces dernières semaines dévoile comme souvent un état de fait plus profond.

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