Avant toute musique, il y a le son. Et avant le son, il y a une vibration.
Non pas une idée, non pas une émotion : une onde physique, une variation de pression qui traverse la matière ; l’air, l’eau, les tissus, les os. Nous passons nos vies à écouter de la musique sans jamais nous demander ce qu’elle nous fait, physiquement, avant même d’atteindre le cerveau. Dans cette publication, je vous propose de décortiquer avec le plus de simplicité possible le mécanisme vibratoire du son et plus particulièrement de la techno. Je ne suis ni ingénieure ni acousticienne mais ma volonté ici est de chercher à définir le mieux possible ce qu’est le son et comprendre comment et pourquoi on ressent la techno dans le corps. Car au delà d’une sensation, c’est un fait physique universel et objectif.
Avant de commencer, un aparté
Je m’appelle Alexandrine et suis la fondatrice Les Méditations électroniques. Mon travail consiste à créer des espaces pour écouter en pleine conscience la musique techno. Cela passe par :
des sessions en présentiel où on pratique différentes techniques de méditation, respiration et visualisation avec comme support la musique techno.
un corpus de recherches ici disponible sur substack, car quand on pose des questions, nomme des phénomènes, toute cette réflexion amène plus de conscience dans l’écoute.
des shots audio, des enregistrements courts de 5 à 15 minutes pour pratiquer la méditation sur de la musique techno, où que vous soyez, quand vous voulez.
Chaque son naît d’une vibration mécanique.
Une corde, une membrane, un haut-parleur qui bouge : ce déplacement crée des compressions et des dilatations successives de l’air. Ces variations se propagent à environ 340 mètres par seconde dans l’air, 1 500 mètres par seconde dans l’eau, et jusqu’à 5 000 mètres par seconde dans les os humains.
Notre squelette est un conducteur acoustique plus rapide que l’air.
Le son transporte de l’énergie.
Quand il rencontre un corps, il peut être réfléchi, absorbé ou transmis.
Les basses fréquences (celles de la techno, entre 20 et 80 Hz) ont des longueurs d’onde plus grandes, ce qui leur permet de pénétrer profondément les tissus. Nous ne les entendons pas seulement : nous les ressentons.
Dire qu’une fréquence est lente ne veut pas dire qu’elle est douce.
En acoustique, la lenteur d’une onde à 20 Hz correspond simplement à vingt vibrations par seconde : c’est lent pour une onde, mais extrêmement rapide à l’échelle du corps humain. A titre d’exemple, le cœur bat autour de 1 Hz, une pulsation par seconde. Une basse à 60 Hz, que nous percevons comme un grondement lent, vibre pourtant soixante fois plus vite.
Notre oreille capte entre 20 Hz et 20 000 Hz. En dessous, nous ne l’entendons plus : nous le ressentons.
Dans l’air, l’onde sonore atteint l’oreille, fait vibrer le tympan, puis une chaîne d’osselets amplifie la vibration jusqu’à la cochlée. Là où des cellules transforment cette vibration en impulsions électriques interprétées par le cerveau.
Mais avant même cette traduction neuronale, le son a déjà touché le corps.
Il se propage dans la peau, les os, les liquides : c’est la conduction somatique. Les basses fréquences traversent la cage thoracique ; nous les percevons souvent dans le sternum et l’abdomen avant même de les entendre par l’oreille.
Plusieurs travaux, dont ceux de Takahashi et son équipe publiés dans Noise & Health, établissent une corrélation entre la vibration mesurée sur le tronc et la sensation subjective de vibration ressentie.
Dans cette démarche, là où le son est matière à ressentir, j’ai envie de vous parler de Damien Quintard. Il a créé SoundX pour permettre aux personnes sourdes et malentendantes de ressentir les vibrations de la musique et toutes les émotions qui en découlent. Concrètement, c’est une mobile app avec une IA qui capte la musique et la retranscrit sous forme de vibrations dans un gilet/sac à dos que l’on porte.
Damin Quintard dans son itw pour S-Quive :
“J’ai toujours eu la chance d’écouter de la musique et j’en ai fait mon métier. Lors d’un enregistrement où la musique était particulièrement forte, j’ai aussi pris conscience qu’on pouvait la ressentir dans tout le corps, sous forme de vibrations. J’ai eu un déclic et c’est à partir de là que je me suis dit qu’il fallait vraiment faire une recherche sérieuse et une innovation dans le ressenti des vibrations de A à Z, dans tout ce spectre et pas juste avec les basses. Avec SoundX, on peut ressentir le picotement d’une harpe ou les nuances d’un violon. C’est fantastique de pouvoir apporter cette précision en plus aux personnes qui ne peuvent pas entendre toutes ces subtilités.”
Découvrez ici l’intégralité de son itw, passionnante 🖤
Jusqu’ici, nous avons posé les bases physiques du son : ce qu’est une vibration, comment elle traverse le corps avant même d’être entendue.
La suite de cet article va plus loin, dans la matière du son lui-même. Nous verrons pourquoi une salle d’écoute audiophile ne produit pas la même expérience qu’un club ou qu’un casque. Je vous partage une cartographie des fréquences et comment elle résonne sur/dans/avec le corps. J’en ai profité aussi pour décortiquer l’anatomie sonore de la techno et me suis posée la question du rôle des voix dans la techno et leur impact sur notre corps.
Dans quelques lignes,
un paywall apparaitra car la suite est réservée aux abonné.e.s payants. Vous avez la possibilité de débloquer un accès gratuit maintenant ou de vous abonner. Sachez que pour 8 euros par mois, vous accédez à la totalité de nos publications, sans limite et recevrez également chaque jeudi un shot audio.
Un grand merci pour votre soutien et votre accueil chaque semaine. Si cette newsletter existe, c’est grâce à vous !
le corps comme instrument d’écoute
acoustique et milieu d’écoute
fréquences et localisation corporelle
le rôle des voix posées sur de la techno
anatomie d’un morceau, Amelie Lens - Follow
Sons binauraux et Healing frequencies
Silence et persistance

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.