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Transatlantic Echo · Jan 23, 2026

Sternboard, le skate électrique tout-terrain français né du sable et propulsé vers l’international

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Transatlantic Echo · Transatlantic Echo

L’histoire de Sternboard naît dans un moment suspendu. Celui du confinement.
Les routes sont vides, les rythmes ralentissent, l’espace se libère. Édouard Aubert, ingénieur électronique, s’essaie alors au skate. Une première. Un terrain de jeu nouveau pour celui qui est plutôt branché surf et snowboard.

Très vite, le réflexe d’ingénieur reprend le dessus. Pourquoi ne pas motoriser l’engin ? L’idée est simple, presque instinctive : pouvoir rejoindre la forêt des Landes toute proche. Un skate électrique tout-terrain prend forme.

Le premier prototype est solide, techniquement abouti. Mais à l’usage, la promesse ne tient pas. Les performances déçoivent. Le plaisir n’est pas là. Le projet est mis de côté.

« J’ai toujours été bricoleur, parce que je n’ai jamais eu beaucoup de sous. Je m’étais fabriqué un modèle classique, puis un autre, électrique. C’était un quatre-roues, et j’ai été très déçu des performances », explique Édouard.

Le véritable déclic survient plus tard, presque par hasard. Une vidéo attire son attention : un engin mono-roue avançant au simple mouvement du corps. L’adhérence est frappante.

L’intuition fondatrice émerge alors clairement : associer le plaisir et la liberté du skate à la logique d’adhérence de la gyro-roue. Imaginer un objet hybride. Trois roues. Un véhicule capable de passer du sable aux chemins forestiers des Landes.

Sternboard n’est plus une expérimentation. C’est une direction.

Crédit photo : Sternboard

La trajectoire de Sternboard change d’échelle avec l’arrivée d’Adrien Ladan. Rencontré lors de leur master de physique à l’Université de Bordeaux, il forme avec Édouard Aubert un binôme complémentaire, uni par la même approche scientifique et le même goût du terrain.

En janvier 2022, ils prennent une décision radicale : démissionner pour se consacrer à plein temps au projet. À ce stade, tout reste à inventer. Le business model. La structuration de l’entreprise. La transformation d’un prototype prometteur en un produit réellement commercialisable.

Commence alors une phase d’exploration intense. Édouard et Adrien sillonnent la France, testent la board dans des environnements variés, multiplient les essais, rencontrent des loueurs, font essayer Sternboard au plus grand nombre. Chaque sortie devient un test. Chaque retour, une donnée. L’innovation se construit au contact du réel.

L’année 2023 marque un tournant décisif. Sternboard tient désormais tous les terrains. L’objet ne ressemble plus à un prototype. L’entreprise est officiellement créée, les premières ventes arrivent, les demandes se multiplient. Le brevet est déposé. La Région Nouvelle-Aquitaine et les partenaires bancaires s’engagent. L’équipe rejoint plusieurs incubateurs bordelais.

Le projet a trouvé son marché. Et surtout, sa trajectoire.

Crédit photo : Sternboard

Dès les premières phases de développement, certaines décisions techniques deviennent structurantes. Sternboard repose sur une architecture à 3 roues, avec un moteur directement intégré dans la roue arrière. La board est entièrement étanche. Mais l’élément le plus différenciant tient à un choix assumé : placer la batterie dans un sac à dos, et non sous la planche.

Un parti pris presque contre-intuitif, aux conséquences pourtant décisives. En déportant le poids, l’équipe réduit les vibrations et l’usure des composants, allège l’engin et rend la conduite plus accessible. Là où de nombreux skates électriques imposent de sangler les pieds pour compenser le poids, Sternboard libère le mouvement et limite les risques, notamment pour les débutants.

Sur le terrain, l’effet est immédiat. À chaque sortie, les regards se tournent. Les passants s’arrêtent. Interrogent. Veulent comprendre.

« Qu’est-ce que c’est ? »
« Où est-ce qu’on peut l’acheter ? »
« Où est-ce qu’on peut le louer ? »

L’objet intrigue par son design. Mais surtout par ce qu’il permet. Rouler là où les autres engins s’arrêtent.

Crédit photo : Sternboard

À l’origine, Sternboard est pensé comme un objet de liberté. Rouler sur le sable, rejoindre un spot isolé, transporter une planche de surf. Un usage presque discret, loin des routes et des cadres établis.

Mais très vite, le terrain élargit le champ des possibles. Sternboard n’est pas un simple objet de loisir. Il devient un moyen de déplacement sur route, sur neige, sur sable etc. Proposé à partir de 1 990 euros, jusqu’à 3 000 euros pour la version premium, le positionnement est clair : être perçu comme un véhicule à part entière, pas comme un gadget.

« On peut l’utiliser le week-end comme en journée », rappelle Édouard. Ce choix modifie profondément le rapport à l’usage. À ce niveau de prix, l’achat ne se limite plus au temps libre. Il s’inscrit aussi dans le quotidien. Courses, déplacements courts, terrains accidentés. Le Sternboard peut atteindre 25 km/h, offrir environ 100 kilomètres d’autonomie et se recharger sur secteur. Une remorque peut même y être ajoutée.

La clientèle, elle, déjoue les attentes. De 40 à 77 ans. Parfois sans aucune culture des sports de glisse. La prise en main est rapide, cinq à dix minutes suffisent. Un détail joue un rôle décisif : la canne. Ce point d’appui rassurant efface l’appréhension et transforme l’essai en adoption.

Autre surprise, venue du terrain : des agriculteurs s’approprient le Sternboard pour se déplacer sur leurs exploitations. Silencieux, peu encombrant, demandant peu de maintenance, l’engin trouve un usage professionnel inattendu.
Un produit de loisir qui, sans l’avoir cherché, ouvre de nouveaux marchés.

Crédit photo : Sternboard

La participation au CES agit comme un électrochoc. En 2025, Sternboard arrive encore trop tôt, trop artisanal. À cette période, la production se limite à 2 ou 3 unités par mois, parfois fabriquées dans l’appartement. Pourtant l’engin attire les regards.

Le CES a ses règles. Ce qui se voit se remarque. Et ce qui se remarque déclenche des échanges. Très vite, Sternboard révèle une demande internationale que l’équipe n’avait pas encore pleinement mesurée.

Au retour, le changement d’échelle s’impose. Des bureaux sont ouverts. Huit recrutements suivent. La structuration commerciale s’accélère.

L’année 2025 marque une première bascule. Près de 200 unités sont vendues. Grâce aux investissements engagés en amont, 150 peuvent être produites… et écoulées rapidement. Le stock s’épuise. Les premières réservations arrivent déjà pour l’année suivante.

Crédit photo : Sternboard

En 2026, l’équipe remet ça. Sternboard repart au CES, cette fois sous le pavillon de Business France, avec le soutien de la French Tech Bordeaux. Le modèle plaît. Les retours confirment l’intérêt du marché nord-américain.

L’objectif est désormais clairement affiché : pouvoir vendre aux États-Unis. Pour y parvenir, un nouveau cap doit être franchi. Celui du financement. Les prises de commandes sont ouvertes pour 2026 et 2027, tandis que l’équipe travaille à réunir les fonds nécessaires pour industrialiser davantage, produire plus et livrer plus vite.

Dans les cartons, une évolution symbolique est à l’étude : un modèle pliable. Un détail logistique qui résume l’ambition : faire de Sternboard un véhicule pensé pour l’usage… et pour l’international.

Camille Colloch

https://sternboard.com/fr/accueil

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Read the original on lescarnetsdamerique.substack.com

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