Tout part d’un constat simple. Posez une question générique à une IA générative classique. La réponse est souvent excellente à 99 %. « Mais sur des sujets très précis, complexes et/ou avec de la donnée non publique, le taux d’erreur peut fortement monter.
C’est précisément là qu’Algos excelle » précise Enrique Prazian, fondateur d’Algos.
« Quand vous échangez avec des modèles de type ChatGPT ou Gemini, vous êtes face à une brique fermée, non déterministe, ajoute le fondateur. Les IA ont un taux d’hallucination variable, qui peut aller d’environ 1 % à plus de 10 % selon les modèles et les cas d’usage.
Et surtout, une application grand public comme ChatGPT s’appuie sur un modèle (ex : GPT-5.2), dont les performances varient selon les benchmarks et les contextes. »
Photo : Enrique Prazian fondateur d’Algos - Crédit photo : Algos
Dans le droit, la finance, l’immobilier, l’industrie ou encore la science, ce fonctionnement probabiliste devient un risque.
« Est-ce qu’on peut se permettre de dépendre d’un seul système comme ça ? Non. C’est pour cela que les métiers critiques sont beaucoup plus réticents à intégrer l’IA aussi vite que d’autres secteurs » souligne Aurélien Deschamps, Conseil sur la partie direction produit d’Algos.
C’est précisément cette limite qui donne naissance à Algos. Pas une IA de plus. Mais un OS (système d’exploitation) de l’intelligence artificielle.
« Chez Algos on ne parle pas à un modèle mais à un orchestrateur.
Cet orchestrateur est déterministe : il fait un choix logique en fonction de la requête pour mobiliser les bonnes compétences / IA, parfois plusieurs en parallèle, afin de réduire fortement l’hallucination et d’augmenter la rigueur. En bref résume Enrique, c’est une IA d’orchestration entre l’utilisateur et les modèles, pensée pour les métiers critiques (droit, finance, médecine, défense, etc.) où la fiabilité n’est pas une option. »
Cette logique d’orchestration permet donc de répondre à 3 enjeux structurants.
Le premier est celui de la qualité de la réponse. Les grands modèles de langage fonctionnent par probabilité. Une force dans de nombreux usages, mais une limite dès que l’exactitude devient critique.
« C’est le problème des briques fermées. On est dans de la probabilité. Quand on fait du droit ou de la science, dépendre d’un seul système devient un vrai problème », souligne le fondateur.
Le deuxième enjeu touche à la souveraineté et à la sécurité des données. Certaines informations doivent rester locales, protégées, quand d’autres nécessitent l’accès à des IA hébergées sur des clouds extrêmement puissants. Algos arbitre, choisit, sécurise.
Le troisième concerne la pérennité technologique. Les modèles évoluent vite, parfois trop vite. Là où d’autres solutions vieillissent, Algos s’adapte.
« Dès qu’un nouveau modèle arrive sur le marché, il est intégré dans notre orchestrateur. On n’est jamais à la traîne », sourit le CEO.
Ici, l’intelligence artificielle ne répond pas au hasard. Elle est guidée. Orchestrée. Et pensée pour durer.
Photo : 3 technologies distinctes développées par Algos. Crédit photo : Algos
Pour porter cette vision, Algos a développé 3 technologies distinctes, aujourd’hui protégées par des brevets déposés. Une structuration qui ancre le projet dans une logique industrielle et rassure des acteurs habitués aux environnements critiques.
L’entreprise s’appuie sur une équipe de 10 collaborateurs, avec un siège installé sur le site du Futuroscope, près de Poitiers, et des locaux à Bordeaux. Une organisation volontairement agile, pensée pour adresser des cas d’usage complexes, sans lourdeur excessive.
Photo : Une partie de l’équipe d’Algos sur le stand Business France lors du salon CES 2026 - Crédit photo : Algos
La participation au CES de Las Vegas en 2025 a agi comme un révélateur.
« Lors de notre premier CES, les échanges se faisaient majoritairement avec des PME et des ETI » précisent Enrique et Aurélien. Le marché était en mode test, observation et questions.
Un an plus tard, le décor change.
Lors de la dernière édition du CES, Algos a attiré trois fois plus de visiteurs dès le premier jour. Et surtout, le profil des interlocuteurs évolue. « Les grands comptes sont entrés dans la discussion ».
« Beaucoup d’entreprises nous disent : “Pourquoi personne n’y a pensé avant ?” », constate Enrique Prazian.
La réponse tient en une phrase : parce que penser l’IA comme une infrastructure stratégique, et non comme un simple outil conversationnel, demande du temps, de la rigueur et une vision long terme.
Photo : L’équipe Algos mobilisée lors du CES Las Vegas - Crédit photo : Algos
Cette vision vaut à Algos de rejoindre, après une mission menée avec la French Tech Bordeaux et Business France, le programme startups de Google.
Un accompagnement structurant, combinant aide financière et formations, pensé pour soutenir la montée en puissance technologique et stratégique de l’entreprise.
En 2024, l’équipe est invitée au siège de Google dans la Silicon Valley. Une étape clé dans la trajectoire d’Algos, qui marque son entrée dans un écosystème international exigeant, au contact direct des standards mondiaux de l’IA.
Depuis, l’accompagnement se poursuit. Un soutien dans la durée, en cohérence avec l’ambition portée par la start-up : structurer une technologie robuste, capable de s’imposer sur des marchés où la fiabilité n’est pas une option.
Algos ne s’adresse pas au grand public. Sa cible est claire : les métiers où l’erreur coûte cher. Droit, finance, immobilier, industrie, ingénierie.
La santé reste abordée avec prudence, dans le strict respect des cadres réglementaires. « On fera ce qui est autorisé, en conformité totale avec les règles », précise le fondateur.
L’ambition n’est pas de remplacer l’humain, mais de lui redonner la maîtrise.
« Certaines décisions ne nécessitent pas une IA, mais une orchestration d’IA. »
Algos ne cherche pas à faire le buzz.
Elle construit, pas à pas, les fondations d’une intelligence artificielle fiable, souveraine et durable. Une IA qui comprend avant de répondre. Et qui, demain, décidera avec nous, sans jamais décider à notre place.
Camille Colloch
Thanks for reading Transatlantic Echo ! This post is public so feel free to share it.

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.