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Missionné par Amélie de Montchalin, l’ancien premier président de la Cour des comptes Didier Migaud a remis début juillet son rapport consacré à l’indépendance des juridictions financières. Ses conclusions inquiètent une partie des juges de la rue Cambon.
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« Il ne suffit pas de parler, il faut parler juste », écrivait William Shakespeare il y a plus de quatre cents ans. A cette exigence fait écho une autre conception de la liberté d’expression, formulée par le philosophe libertaire Raoul Vaneigem, décédé le 28 juillet : « Rien n’est sacré, tout peut se dire. » Entre ces deux visions se dessine le dilemme auquel sont aujourd’hui confrontés les magistrats financiers. Jusqu’où peuvent-ils aller dans l’expression de leurs opinions au regard des obligations liées à leur statut, sans que cela ne fragilise leur institution, la Cour des comptes ?
C’est l’une des questions sensibles soulevées dans un rapport sur « l’indépendance des juridictions financières » remis début juillet à sa première présidente Amélie de Montchalin. Ce document, consulté par Le Monde, est signé par Didier Migaud, qui a dirigé la Cour de 2010 à 2020. Il avait été commandé par Amélie de Montchalin dès son arrivée rue Cambon, le 23 février. Sa nomination par Emmanuel Macron ayant suscité de vifs remous, l’ancienne ministre de l’action et des comptes publics avait alors tenté de dissiper les doutes sur l’indépendance future de l’institution.
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