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Autodestructions artistiques
L’épisode 6 sera disponible prochainement.
Autodestructions artistiques
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« Autodestructions artistiques » (5/6). L’artiste californien fait incinérer ses tableaux réalisés de 1953 à 1966 dans un crématorium, et utilise une partie des cendres pour faire des cookies. Libéré de la peinture, il se concentre sur la photo et la vidéo.
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« Je pense sincèrement que c’est ma meilleure œuvre à ce jour. » C’est en ces termes que John Baldessari (1931-2020) décrit en 1970 son Cremation Project, soit son projet d’incinération. Cet été-là, l’artiste californien décide de brûler toutes les toiles qu’il avait réalisées entre mai 1953, l’année où il décroche son diplôme du San Diego State College, et mars 1966.
« Un tournant majeur dans l’art de Baldessari », décrypte l’historienne de l’art Lynne Cooke dans The Burlington Magazine. Elle y voit « à la fois expression de frustration et geste de renoncement ». « Un monument au doute, une prise de position affirmée qui fut alors tournée en dérision », complète la commissaire d’exposition Bice Curiger dans le catalogue de la rétrospective consacrée à l’artiste en 2009 à la Tate Modern, à Londres.
Au début de sa carrière, dans les années 1950, John Baldessari jouait encore selon les règles. Comme beaucoup de jeunes artistes, il peignait des toiles semi-abstraites, encore imprégnées des codes de l’expressionnisme abstrait, avant de glisser lentement vers un art plus laconique, basé sur un dialogue entre texte et photographie. Une évolution qui aboutit au mitan des années 1960 avec Wrong : son autoportrait devant une banale maison de banlieue californienne. Soit une image ironique, à l’opposé du mythe des artistes new-yorkais conceptuels stricts de l’époque.
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