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Asie-Pacifique : Toute l’actualité sur Le Monde.fr. · Aug 21, 2026

Hongkong : deux militants reconnus coupables d’« incitation à la subversion » après des veillées commémorant la répression de Tiananmen

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Le Monde avec AFP · Le Monde

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Les activistes prodémocratie Lee Cheuk-yan, 69 ans, et Chow Hang-tung, 41 ans, dirigeaient l’Alliance de Hongkong, un groupe aujourd’hui dissous qui organisait des veillées annuelles. Ils encourent jusqu’à dix ans de prison.

De gauche à droite, les militants prodémocratie Lee Cheuk-yan, Chow Hang-tung et Cheung Man-kwong, lors d’un rassemblement en hommage aux victimes de la répression de Tiananmen, en 1989, au Victoria Park, à Hongkong, le 4 juin 2020.

Deux militants prodémocratie et organisateurs de veillées en souvenir de Tiananmen ont été déclarés coupables d’« incitation à la subversion », vendredi 21 août, à Hongkong, à l’issue d’un procès critiqué par les défenseurs des droits comme un nouveau signe d’érosion des libertés dans le territoire.

Hongkong et Macao ont longtemps été les seuls endroits du territoire chinois où il était possible de commémorer publiquement la répression menée par l’armée chinoise, en juin 1989, après plusieurs semaines de protestations, contre les manifestants qui réclamaient des réformes politiques, sur la place Tiananmen, à Pékin.

De telles commémorations sont désormais de facto interdites depuis que le pouvoir chinois a imposé, en 2020, une loi sur la sécurité nationale à l’ancienne colonie britannique après les manifestations prodémocratie massives, parfois violentes, de 2019. Lee Cheuk-yan, 69 ans, et Chow Hang-tung, 41 ans, dirigeaient l’Alliance de Hongkong, un groupe aujourd’hui dissous qui organisait des veillées annuelles dans le parc Victoria.

Ils ont été déclarés coupables vendredi d’avoir « incité d’autres personnes à organiser, planifier, commettre ou participer à des actions par des moyens illégaux en vue de renverser le pouvoir de l’Etat », selon un communiqué de presse remis aux journalistes.

Le prononcé de la peine est attendu à une date ultérieure. Le collège de trois juges a conclu que les deux accusés avaient commis des actes constituant une « tentative de renversement ou d’affaiblissement du système fondamental (…) établi par la constitution » de la Chine. Les militants encourent jusqu’à dix ans de prison. Détenus depuis leur inculpation, en 2021, ils sont restés assis en silence, sur le banc des accusés, tandis que les juges énonçaient leur décision.

Pas de « droits absolus »

Un troisième militant, Albert Ho, 74 ans, est lui aussi poursuivi, mais a plaidé coupable, ce qui ouvre la porte à une réduction de peine. L’accusation avait affirmé lors d’audiences précédentes que les prévenus avaient « mis en danger la sécurité nationale au nom des droits humains ». Les libertés d’expression et d’association ne sont pas « des droits absolus », avait-elle déclaré.

Chow Hang-tung, avocate de formation qui a assuré sa propre défense au procès, a publié un billet sur son blog avant l’audience. « La justice réside dans le cœur des gens, il ne faut pas se fier à de tels jugements imposés d’en haut, et un verdict isolé n’a que peu d’importance », a-t-elle affirmé.

Depuis le début du procès, elle n’est plus escortée de la même manière, a-t-elle décrit. « Au lieu de [me] menotter simplement, ils [m’]immobilisent désormais complètement avec des menottes, des fers aux pieds, une chaîne à la taille et une chaîne aux jambes et je suis conduite par le personnel des services correctionnels avec une chaîne métallique, comme un chien en laisse. »

La condamnation prononcée vendredi montre « comment les manifestations publiques de deuil sont devenues un crime à Hongkong », a déclaré Elaine Pearson, directrice pour l’Asie de l’ONG Human Rights Watch, dans un communiqué. « Ces militants ont mis en lumière la peur qu’entretient le gouvernement chinois face au souvenir de ses propres atrocités, qu’il considère comme une menace pour la sécurité nationale. »

L’Allemagne et la France « regrettent profondément le verdict de culpabilité » visant l’avocate et militante Chow Hang-tung à Hong-Kong. « Nous appelons à sa libération immédiate et exhortons les autorités de Pékin et de Hong Kong au respect des droits et libertés civils », ajoutent les porte-parole des ministères des affaires étrangères allemands et français dans ce communiqué.

Ce procès a été largement critiqué comme une illustration de l’érosion de la liberté d’expression dans la ville. Il « envoie un message fort et glaçant à la société civile : toute critique de l’Etat et de ses politiques, même formulée de manière pacifique, n’est plus la bienvenue à Hongkong », a déclaré Urania Chiu, maîtresse de conférences en droit à l’université Oxford Brookes, à l’Agence France-Presse.

En février, Jimmy Lai, homme d’affaires et fondateur du journal prodémocratie Apple Daily, aujourd’hui fermé, a été condamné à vingt ans de prison pour collusion avec l’étranger et publication séditieuse, la peine la plus lourde jamais prononcée au titre de la loi sur la sécurité nationale. Selon un décompte arrêté au début d’août, les autorités de Hongkong ont arrêté 415 personnes pour divers motifs liés à la sécurité nationale, dont 185 ont été déclarées coupables.

Le Monde avec AFP

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