La campagne “Sega dans le rétro” vit ses dernière ici:
https://fr.ulule.com/sega-dans-le-retro/
Il est toujours aussi beau ce livre:
PHILIPPE DRUILLET FAIT TAPISSERIE
À Aubusson, la Cité internationale de la tapisserie a présenté le vendredi 26 juin 2026 Salammbô, une tapisserie de près de 12 m² réalisée d’après un dessin de Philippe Druillet. La tapisserie reprend un dessin lié à la trilogie Salammbô, publiée à partir de 1980 par Philippe Druillet et inspirée du roman de Gustave Flaubert paru en 1862. La composition représente Salammbô, prêtresse placée au centre de l’image, entourée de guerriers disposés dans des médaillons. Le format annoncé est de 3,88 mètres sur 3 mètres. Le passage du dessin au textile a été réalisé à partir d’un carton de Mathilde Claude. Le tissage a été confié aux Ateliers Françoise Vernaudon et Ines Herlin. L’œuvre mobilise les techniques d’Aubusson inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, avec un travail manuel sur les matières, les dégradés et la restitution du dessin initial. L’œuvre sera dévoilée lors d’une tombée de métier, en présence de l’artiste, après un tissage manuel conduit selon les techniques traditionnelles d’Aubusson. On en reparlera !
DU GRAND ÉCRAN À L’IMAGE FIXE
Est-ce à cause de la sortie rapprochée des films de Craig Gillespie et Christopher Nolan que Supergirl et Ulysse sont aussi présents en bd ? N’en doutons pas, c’est d’ailleurs une constante toujours vérifiée. On retrouve donc la première dans Supergirl – The World, sorti cette année même aux USA et immédiatement traduit, un album de 200 pages où notre superhéroïne fait le tour du monde ou peu s’en faut, puisque contenant 14 courtes aventures venues de France, États-Unis, Mexique, Allemagne Turquie, et on en passe. Pour ce qui est du national, on voit Kara à Paris, puis s’envolant pour faire le tour de l’Europe afin d’y rattraper son cher Krypto, ce dont elle parvient en 30 minutes et 17 pays traversés. Est-ce utile de préciser qu’il ne s’agit que d’une fantaisie pré-adolescente où les auteurs (Kid Toussaint et Joël Huron) se sont bien amusés, et nous aussi, modérément. Ce qui est le cas de bon nombre des sketches, seuls certains revenant au sérieux, ainsi de la Pologne où elle sauve les travailleurs d’une mine de charbon, ou la Colombie, où elle offre sa poitrine au harpon visant une baleine à bosse. Au total une publication qu’on va dire de circonstance, qu’on peut oublier aussitôt que feuilletée (Urban Comics).
Vouloir adapter L’Odyssée ne fait courir aucun risque tant le texte signé du mystère Homère est connu, ce qui risque aussi, pour les mêmes raisons, de ne provoquer aucune surprise. C’est pourtant le pari tenté par les éditions Bamboo, en ouverture d’un nouveau label, “Nootilus”, réservé à la culture classique. D’où cette adaptation (en deux volumes, le présent étant sous-titré Ulysse), qui s’ouvre avec Pénélope attendant le retour de son époux parti depuis dix ans, se poursuit avec l’assemblée des dieux se disputant quant au sort réservé à notre héros, qu’on rejoint enfin alors qu’il coule un séjour contraint et forcé dans l’île de Calypso. Le scénariste Max L’Herminier reste fidèle au texte, insistant même sur des séquences en général peu abordées (l’île des géants ou Ulysse aux Enfers), tandis que le graphiste Thomas Labourot (soutenu par deux coloristes) opte pour un trait gracieux, aérien, mais assez enfantin – ce qui indique à quelle tranche d’âge l’album est destiné – atténuant ainsi notablement les chapitres qui devraient être effrayants (le Cyclope). Que dire de plus ? (Bamboo – “Nootilus”).
NOUVEL-ORLÉANS : ATTENTION DANGER !
Agent spécial de “l’Organisation”, dirigée par Milora, dit la vieille chouette, et Anissa, dit Mamie Momie, Galen est envoyé à la Nouvel-Orléans pour enquêter sur un trafic de drogues ayant lien avec le Vaudou, et dirigée par un marchand d’art lituanien, Vitaly Kasputis. Seulement, aussitôt arrivé, il disparait. Le remplace pour savoir ce qui s’est passé, Frank Liberatore, autre agent moins malléable, qui se fait accompagner malgré lui par son ex-petite amie, Nina. Et les voilà plongés dans les bayous qui deviennent vite un Enfer. Démarré avec tout ce qu’il faut d’action et de couleur locale, Les Griffes de Caym, signé Nicolas Pagès, pourrait être un de ces polars classiques où l’on se contente de se tirer dessus. Sauf que deux éléments viennent perturber ce schéma : et d’un, l’organisation n’emploie que des médiums, dont Frank lui-même, qui reste ainsi en contact par l’esprit avec ses employeuses et peut pénétrer la pensée de qui l’approche ; et quant au fameux Vitaly, il abrite un esprit malfaisant, le Caym du titre, qui parasite sa main gauche hideusement déformée. Une cérémonie sacrificielle vaudou où intervient le Baron Samedi lui-même sera le point d’orgue de cette aventure rondement menée, où l’on pourra tout de même reprocher à l’auteur d’en faire un peu trop pour être totalement crédible. En visant une adaptation télévisuelle ? (Blogger de Loire).
DES PHOTOS PAR TEMPS DE GROSSE CHALEUR
Un gigantesque tsunami a balayé l’ouest du continent européen, dont la France, amputée de la moitié de son territoire. Les flots ne s’étant pas retirés, Clermont-Ferrand est devenu une station balnéaire et notre beau pays, réduit de moitié, se nomme désormais la Fran, sous une chaleur qui a grimpé de six degrés. Et naturellement, le gouvernement n’a rien vu venir, bien que le ministre du Réchauffement climatique affirme le contraire. Où est-on, en fait ? Dans un blockbuster à la française du style Don’t Look Up qui nous aurait échappé ? Que nenni, et pas davantage dans un roman ou une bd mais… dans un roman photo ! Ce genre caractérisé en général par un « encéphalogramme plat » et, selon Grégory Jarry, son éditeur, «seul moyen d’expression qui a été anéanti par son utilisation dévoyée». Ce qui ne l’empêche pas d’en publier, avec de titres aussi alléchants que Ça va pas durer longtemps mais ça va faire très mal, ou Même le grand soir a commencé petit, sans oublier le présent volume, 6 degrés en plus, franchement ça va, dont il est l’auteur pour des photos violemment technicolorisées de Nicole Augereau. D’où 83 pages à lire à l’ombre, où l’humour vole à moyenne altitude et bénéficiant même de quelques rares plans d’effets spéciaux sur des tentacules de poulpes ayant grossi. Résultat ? Vous n’avez qu’à tenter votre chance ! (Flblb).
Jean-Pierre ANDREVON
UN DIABLE D’OPUS HORRIBLEMENT HALETANT
Premier roman de Keith Rosson à être édité en France, Fièvre Noire nous emporte dans une vague de violence extrême évoquant l’atmosphère d’apocalypse de The Walking Dead mâtinée d’un petit côté Tarantinesque dans ses séquences d’ouverture. A l’entame du récit, un tandem de gouapes appointées par un caïd de Philadelphie s’apprête à encaisser une dette pour le compte de ce dernier, contractée par un drogué chez lequel les deux compères découvrent une étrange main coupée aux pouvoirs dévastateurs, sorte de McGuffin aux allures de boite de Pandore qui nous embarque alors dans une suite de mésaventures alliant le picaresque au franchement gore. Car cette main diabolique incite celui qui la détient à verser dans une violence extrême, s’autodétruisant au passage avant qu’elle n’aille hanter un autre individu, dans une ronde infernale synonyme à brève échéance de chaos total. Se greffent au récit toute une galerie de personnages interlopes dont les membres d’une agence gouvernementale très spéciale qui, dans l’ombre, tente de remettre de l’ordre dans le pataquès ambiant, ainsi qu’une ancienne chanteuse de rock agoraphobe et son fils dont la spécialité consiste à mettre la main sur des objets insolites tels que ce fameux artefact. Non sans humour, Keith Rosson recycle des thématiques chères à notre genre de prédilection avec un mordant qui ne se dément pas, jusqu’à une conclusion en forme de fin ouverte laissant suggérer que tout n’a peut-être pas été dit (Sonatine).
Sébastien SOCIAS
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