Bonjour,
Mon premier job (pas d’étudiant) était à la mairie de Chassieu. J’étais Chargé de missions. Un intitulé un peu fourre-tout que je traduirais aujourd’hui comme : celui ou celle qui récupère les dossiers tombant du ciel que les autres ne peuvent ou ne veulent pas traiter. C’était très formateur.
La première fois que je suis entré dans le bureau du maire, un grand gaillard retraité, j’ai découvert une affiche illustrant le code moral du judo.
Pendant près de deux ans, je suis rentré, puis sorti, de ce bureau avec la certitude que “Monsieur Le Maire” était lui-même judoka.
Puis un été, je lui ai demandé :
- Monsieur le Maire, ça fait longtemps que vous faites du judo ?
- Non. Je n’en ai jamais fait.
- Alors pourquoi avez-vous cette affiche derrière vous ?
Il a ri et m’a répondu : « Parce que ça fait toujours son effet quand quelqu’un entre dans mon bureau. Les gens associent ce poster à quelqu’un de droit, de sérieux, qui a des principes. »
Il faut dire que ses deux prédécesseurs avaient été condamnés pour détournement de fonds publics.
Ce type de “beaux principes” existe dans d’autres sports. Depuis quelques années, je me suis mis au surf. Enfin... « mis au surf » est probablement un grand mot. Disons que je passe davantage de temps à tomber de ma planche qu’à réaliser des manœuvres élégantes. Et depuis que j’ai quitté New York je n’ai malheureusement plus eu l’occasion de remettre un pied sur une planche.
Mais dans tous les cours que j’ai suivis et dans la plupart des magasins où j’ai loué une planche, j’ai retrouvé la même chose : une affiche illustrant le code des surfeurs.
En associant ces deux souvenirs, j’ai cherché l’équivalent dans le vélo et je n’ai trouvé que des sortes de réécritures du code de la route mais pour le vélos ou des affiches illustrants les infractions à vélo.
Je tente ce matin d’en proposer un à mon tour. Il est très inspiré de celui du judo ou du surf. Je propose de l’intituler “Le code du bon cycliste du quotidien”. Même si je suis prêt à parier que vous ne serez pas d’accord avec tout, je vous le partage :
Tu te rappelleras que tu n’es pas en compétition.
Le feu rouge suivant est à 150 mètres. Tu n’as rien à gagner.Tu protégeras les plus vulnérables que toi.
Piétons, enfants, personnes âgées, cyclistes débutants. Plus tu es à l’aise, plus tu as une responsabilité envers eux.
Tu ne chercheras pas à avoir raison depuis un lit d’hôpital.
La priorité est un droit. La prudence est souvent une meilleure stratégie.
Tu remercieras les automobilistes, motards ou piétons qui font un geste courtois.
Un signe de la main coûte peu et améliore parfois la journée de deux personnes.
Tu accepteras que tout le monde n’aime pas le vélo autant que toi.
Et c’est très bien comme ça.
Tu ne jugeras pas le vélo des autres.
VAE, cargo, pliant, vélo de course, vieux VTC rouillé ou fatbike homologué : l’important est qu’il roule avec des pédales.
Tu te rappelleras que chaque automobiliste n’est pas un ennemi.
Et que beaucoup de cyclistes conduisent aussi une voiture de temps en temps et inversement.
Tu laisseras passer quand cela ne te coûte rien.
Une seconde de perdue vaut souvent mieux qu’une minute de conflit.
Tu feras preuve d’indulgence envers les débutants.
Nous avons tous zigzagué, oublié un feu ou raté la ligne blanche d’une piste cyclable un jour.
Tu chercheras à donner envie plutôt qu’à donner des leçons.
La plupart des personnes qui se mettent au vélo le font parce qu’elles ont vu quelqu’un heureux sur un vélo (comme toi).
Tu râleras auprès de la mairie si ton parcours est semé d'embûches.
Les infrastructures se corrigent plus facilement que les comportements.
Je n'ai par forcément envie que ce texte fasse consensus. J'espère simplement qu'il donnera envie à chacun et chacune d'ajouter, retirer ou discuter une ou deux règles.
Bonne lecture à toutes et tous,
Léry
Un vélo électrique à courroie, assemblé en France et proposé à 1 999 €. Il y a encore quelques années, ça aurait ressemblé à un pari un peu optimiste. C’est pourtant ce que Vefaa vient d’annoncer avec ses nouvelles versions Bonjour et Parcours NEO.
Là où beaucoup de marques ajoutent toujours plus de fonctionnalités, Vefaa continue de creuser le même sillon : faire des vélos électriques les plus simples possible à utiliser.
Pas de changement de vitesse. Une assistance qui s’adapte automatiquement. Une transmission par courroie Gates pour limiter l’entretien. Une batterie facile à retirer. C’est vraiment un vélo pensé pour des citoyens et pas forcément pour des cyclistes passionnés. Des personnes qui veulent rouler... pas apprendre à régler leur transmission.
Si vous êtes aux ProDays, passez les voir.
Parce qu’au fond, quand on est vélociste, une question compte souvent plus que toutes les autres : « Est-ce que je me vois vendre ce vélo dans mon magasin ? ». Et pour répondre à cette question, quelques centaines de mètres d’essai valent généralement mieux qu’une fiche technique de quatre pages.
Bloquez votre rendez-vous avec Vefaa
J’ai découvert cette semaine un article passionnant sur l’histoire du financement du vélo. Alors, dit comme ça, ça ressemble à une soirée PowerPoint à la Cour des comptes. Et pourtant…
J’y ai appris que les premiers vélos en libre-service français étaient financés par des contrats de publicité urbaine, que l’État n’a commencé à investir massivement dans le vélo que très récemment, et que derrière chaque piste cyclable se cache souvent un montage financier plus complexe qu’on ne l’imagine.
Un article facile à lire qui rappelle que le nerf de la guerre se calcule en euros et pas en kilomètres de pistes cyclables.
C’est la question qui est au cœur du mémoire d’un étudiant que j’ai découvert cette semaine. Sa thèse est simple : les marques les plus désirables dans le vélo (et dans running) ne gagnent plus grâce à la publicité. Elles gagnent parce qu’elles réussissent à créer un sentiment d’appartenance.
Pour explorer cette idée, il s’est penché sur des marques comme Pas Normal Studios, Albion, Satisfy ou Saucony. Je n’en connaissais aucune et pourtant ça m’a intéressé.
Je n’ai pas été totalement convaincu par le format. Un site web ultra-léché pour présenter un mémoire, j’ai d’abord trouvé ça peu sérieux… probablement parce que j’ai dépassé les 40 ans.
En revanche, la problématique m’a beaucoup plu : pourquoi certaines personnes sont-elles prêtes à payer plus cher, rouler plus loin ou porter certaines couleurs simplement pour avoir le sentiment de faire partie d’une tribu ?
Une voiture autonome n’est pas seulement le reflet d’une technologie, elle est aussi le reflet des choix de ceux qui la programment.
J’ai découvert dans la revue Futurism qu’à San Francisco, plusieurs associations cyclistes reprochent aux taxis autonomes de l’opérateur Waymo de s’arrêter régulièrement sur les pistes cyclables pour déposer ou récupérer leurs passagers.
Une pratique qui semble avoir été intégrée comme une fonctionnalité plutôt qu’identifiée comme un problème.
Franchement, c’est pénible pour deux raisons :
On ne pourra plus lancer un regard noir au chauffeur tranquillement garé sur une piste cyclable pour lui faire comprendre qu’il fait franchement chixx.
Les associations pro-vélo vont devoir disperser encore un peu plus leurs efforts pour essayer de glisser un amendement dans une future réglementation sur les voitures autonomes : « Article L78.98c.09.l.789 : Les pistes cyclables, les sas vélo, les passages piétons et les places réservées aux personnes à mobilité réduite devront être explicitement interdits comme zones d’arrêt et identifiés comme tels dans les systèmes de décision des véhicules autonomes. »
Un média Suisse nous apprend qu’il y a quelques semaines, un cycliste a violemment agressé une automobiliste après un incident de circulation au Portugal*.
D’habitude ce sont les agressions de cyclistes qui font la une des faits-divers. Une fois n’est pas coutume, c’est l’inverse cette semaine.
Cette histoire m’a fait penser à ce reportage passionnant d’Arte sur “Ces Français qui se font justice eux-mêmes”.
*J’ai abandonné d’essayer de comprendre la ligne éditoriale d’un média Suisse décidant de couvrir un fait-divers portugais… à moins qu’il n’y en ait tout simplement pas ou plus.
Je viens de parcourir L’état du vélo au Québec 2025.
Premier chiffre qui m’a marqué : 4,54 millions de Québécois font du vélo, soit davantage qu’à n’importe quel autre moment depuis que Vélo Québec mesure le phénomène.
Autre enseignement intéressant : le vélo sert de plus en plus à se déplacer. Plus de 2 millions d’adultes l’utilisent désormais pour leurs trajets du quotidien, un record là aussi. Et contrairement aux clichés, ces cyclistes sont aussi automobilistes : 93 % possèdent un permis de conduire et 87 % ont une voiture.
Troisième enseignement : 58% des activités hors vélo des touristes à vélo concernent la visite de restaurant ou de micro-brasserie. Ce sont donc bien nos cousins.
Je ne sais pas trop dans quelle catégorie ranger cette vidéo.
Sur le papier, c’est une Coréenne qui part deux jours en bikepacking avec son Brompton le long de la rivière Bukhangang. Mais ce n’est pas vraiment une vidéo de voyage ou vlog comme les autres.
Pendant 30 minutes, elle ne prononce quasiment pas un mot. Il n’y a pas de musique. On entend simplement son environnement : la pompe qui gonfle les pneus, le bruit des roues sur le bitume, les feuilles mortes sous le vélo, le vent, le feu de camp, la pluie légère, le café du matin, les oiseaux.
C’est du bikepacking en ASMR qui donne l’impression d’être assis en secret sur son porte-bagages pendant tout le voyage.
Fleetiz vient d'annoncer un méga partenariat avec Grenke, l'un des leaders européens du leasing, pour aider les vélocistes à développer des offres de vélos de fonction.
À première vue, cela ressemble à un énième partenariat B2B. En réalité, il illustre peut-être la prochaine mutation du métier de vélociste.
Alors que les ventes aux particuliers patinent, pour ne pas dire reculent, le marché du leasing vélo en entreprise continue de progresser. C’est un marché prometteur mais où il faut désormais savoir financer, assurer, maintenir et piloter une flotte entière.
Car pendant longtemps, un magasin vendait un vélo, quelques accessoires et des heures d’atelier. Demain, il pourrait vendre une solution complète de mobilité à une PME ou à une grande entreprise.
L’objectif n’est plus seulement de convaincre un particulier d’acheter un vélo, mais parfois d’équiper cinquante salariés d’un coup. Et si cette évolution se confirme, le vélociste de demain ressemblera peut-être davantage à un concessionnaire de mobilité… mais sans les SUV !
Découvrez ce nouveau partenariat
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le fatbike n’est pas né dans les bureaux d’études d’un grand fabricant de vélos. Son histoire commence dans les années 1980 grâce à des passionnés qui cherchaient simplement à rouler là où les vélos classiques atteignaient leurs limites.
Deux foyers d’innovation émergent alors presque simultanément aux États-Unis. En Alaska, des aventuriers et participants aux premières courses hivernales sur les pistes de l’Iditarod bricolent leurs vélos pour traverser la neige profonde. Pour éviter de s’enfoncer, ils élargissent les jantes et montent des pneus toujours plus volumineux. À l’autre bout du pays, dans les déserts du Nouveau-Mexique, d’autres cyclistes poursuivent le même objectif sur le sable : augmenter la surface de contact avec le sol pour mieux flotter sur les dunes.
Pendant près de vingt ans, le fatbike reste une curiosité réservée à quelques initiés. Les vélos sont souvent fabriqués artisanalement, les composants sont rares et les utilisateurs se comptent davantage parmi les explorateurs et les adeptes d’ultra-distance que parmi le grand public. Par exemple, certains participants roulaient avec trois pneus de VTT a l’avant et l’arrière avant que les mega pneus que l’on connait aujourd’hui n’existent.
Le véritable tournant intervient en 2005 avec le lancement du Surly Pugsley. Pour la première fois, un fabricant propose un modèle conçu spécifiquement pour accueillir des pneus surdimensionnés. Le fatbike sort alors des garages et devient une catégorie à part entière de l’industrie du cycle.
Au début des années 2010, l’offre se développe rapidement. De nombreuses marques lancent leurs propres modèles, portées par l’essor du bikepacking, du tourisme hivernal et de la pratique tout-terrain.
L’ironie de l’histoire est qu’en 2026, le terme « fatbike » évoque souvent dans le débat public européen des vélos électriques urbains parfois débridés et très rapides. Pourtant, à l’origine, le fatbike a été inventé pour faire exactement l’inverse : permettre de progresser lentement, mais sûrement, sur la neige, le sable et les terrains les plus difficiles. Une invention née de l’envie d’aller plus loin, pas plus vite.
Chargée / Chargé de Support Technique SAV : GAYA - Paris - Île-de-France - CDI
Technicienne / Technicien cycle : Agence Écomobilité - Chambéry - Auvergne-Rhône-Alpes - CDI
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Merci d’avoir ouvert cette édition et de l’avoir parcourue jusqu’ici. Je répondrai à tous les commentaires et je compterai chaque “like”. Comme chaque semaine, c’est un grand kif !

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