Bonjour,
J’ai l’impression d’être parti d’Allemagne un peu comme un voleur.
J’ai vécu neuf mois à Francfort, jusqu’en mars dernier. J’ai un peu peur d’oublier ma courte expérience de cycliste là-bas, alors je vous partage, un peu en vrac, quelques souvenirs et ressentis.
D’abord, je pense que c’est vraiment une ville cyclable. J’y ai retrouvé une réelle densité de cyclistes mais jamais saturée. En outre, les revêtements rouges des pistes cyclables sont très présents et surtout les conducteurs ne vous collent pas aux fesses.
Concernant les magasins de vélo, j’en ai fréquenté quatre en neuf mois, et ils étaient tous différents avec leurs propres spécialités.
Le premier, c’était pour l’entretien de mon muli. Ce n’était pas vraiment un magasin, mais plutôt un grand atelier de réparation et d’entretien. Une sorte de Feu Vert ou Midas du vélo.
Le second, c’était pour acheter un antivol. Un magasin comme j’en connais à Lyon ou à Paris.
Le troisième était un peu en périphérie. Je m’y suis retrouvé par hasard un jour d’hiver glacial où j’avais mal évalué le niveau restant de ma batterie. Je leur ai demandé si je pouvais la recharger. Très sympas, ils ont accepté sans hésiter. J’ai alors découvert un véritable hypermarché du vélo, avec des pistes cyclables à l’intérieur du magasin tellement il était grand.
Le quatrième, c’était un magasin de vélos uniquement pour enfants. C’est la première fois que j’en voyais un.
J’ai aussi beaucoup apprécié le stationnement vélo pour mon vélo-cargo. Il y en a partout et c’est parfaitement adapté. Il doit bien y avoir des vols, mais franchement, on voit peu d’épaves de vélos ou de vélos avec une roue ou une selle en moins. Du moins dans mon quartier.
Je pense qu’entre Lyon, Paris, New York, Luxembourg et Francfort, cette dernière a clairement été mon paradis cyclable du quotidien.
Pour ça, pour son zoo et pour ses schnitzels, Francfort va me manquer.
Bonne lecture à toutes et tous,
Léry
Avec Pauline Juvigny, nous avons passé ces deux dernières années à accompagner des dizaines d’entreprises de la filière vélo dans la résolution de leurs difficultés en termes de marketing, de communication et de commercialisation. Nous avons souvent observé les mêmes grains de sable (et gros cailloux dans la chaussure) revenir : un positionnement flou, des arguments mal compris en interne comme en externe, des produits et services qui évoluent plus vite que leur discours.
Nous avons donc essayé de créer un outil simple pour aider les entreprises du secteur du vélo à prendre du recul sans l’aide d’un consultant ou d’une agence. Cet auto-diagnostic de marketing vélo évalue votre maturité sur 10 dimensions qui nous paraissent clés et vous restitue un score, un radar visuel et des pistes de réflexion.
C’est gratuit, anonyme, sans inscription et cela prend environ cinq minutes.
Peut-être que vous n’y apprendrez rien. Peut-être que cela mettra des mots sur quelque chose que vous pressentez déjà dans votre entreprise. Dans les deux cas, cela vaut probablement le détour.
Sur le Mont Veyrier, au-dessus d’Annecy, une poignée de vététistes joue les « grands frères ». Pas de dalle de cité ici, mais des sapins, de la terre et quelques sentiers VTT non officiels.
Depuis plusieurs années, ils tentent de canaliser les riders (de VTT, pas de coke), limiter l’apparition de nouveaux tracés sauvages (pas des points de deal) et convaincre les collectivités de composer avec l’existant (sans envoyer la police municipale).
Une forme de médiation préventive version enduro. Mais visiblement, le message n’est pas encore totalement passé car un bulldozer a récemment effacé plusieurs aménagements sauvages du secteur.
Une belle enquête du Parisien raconte l’histoire d’un moteur de VAE qui a visiblement confondu assistance électrique et obsolescence accélérée. Au-delà des milliers de pannes recensées, on y découvre surtout les coulisses d’un casse-tête mondial : des moteurs vendus en marque blanche, des composants identiques cachés derrière différents logos et des communautés de bricoleurs qui finissent par comprendre des pannes que le fabricant lui-même refuse d’expliquer.
Mieux, certains proposent déjà des réparations à coût raisonnable. Reste qu’un petit composant défaillant continuerait de faire des siennes. Comme quoi, les boîtes noires ne se cachent pas uniquement dans les algorithmes d’IA ou les cockpits des avions.
Après des années à enchaîner les livraisons de bonnes nouvelles, la logistique à vélo allemande vient de découvrir un concept cyclable : le plateau (tellement fier de ces jeux de mots en rafale).
Chiffre d’affaires stable, moins d’opérateurs, production de vélos-cargos qui patine… Pour la première fois, le secteur n’est plus en croissance.
J’ai beaucoup aimé la promesse de ce banc en bois. Pourquoi installer un banc puis un parking vélo quand un seul objet peut faire les deux ?
Ce concept de mobilier urbain accueille à la fois les retraités fatigués qui zonent en ville et les vélos des vélotafeurs qui les frôlent et ne les laissent pas passer aux feux rouges. Il se pourrait même que ce banc leur permette de se parler.
Médiacité, un média d’investigation local, s’est plongé dans cinq années de données d’accidents à vélo à Lyon. Le résultat prend la forme d’une carte, mais l’enseignement est ailleurs. Deux grands axes ressortent nettement du lot.
C’est une démonstration utile que la donnée n’est pas seulement là pour produire de jolies visualisations. Parfois, elle permet simplement d’indiquer aux élus où commencer les prochains travaux de sécurisation… À moins qu’ils ne le savaient déjà.
Pas de sacoche « tendance», pas de gourde « game changer », pas de code promo à l’écran. Juste une bikepackeuse qui traverse les montagnes espagnoles avec ses doutes, ses nouilles instantanées et un vélo manifestement plus lourd que prévu.
Cette absence de placement produit offre un luxe devenu rare dans ce type de vidéo*. En bonus, profitez aussi de l’humilité de cette cycliste.
*dixit un mec qui publie une newsletter avec des brèves sponsorisées.
Vous savez probablement que sur un vélo électrique classique, le cycliste fait tourner une chaîne ou une courroie qui aide un moteur à faire tourner une roue.
Mais dans la cyclologistique, un vélo n’est plus vraiment un vélo. C’est un actif industriel qui roule parfois 8 à 10 heures par jour, transporte jusqu’à 250 kg de charge et dont chaque panne peut immobiliser une tournée. Or, la transmission fait justement partie des composants les plus sollicités et les plus exposés à l’usure.
C’est là que Virvolt, motoriste français pour vélo électrique, propose une autre approche. Le cycliste produit un mouvement, qui génère de l’électricité, qui alimente un moteur, qui fait tourner la roue.
Présenté comme ça, on pourrait croire à une entourloupe marketing. C’est en réalité une innovation mécanique qui supprime chaîne, courroie et une grande partie de la maintenance associée.
Déjà déployée sur plusieurs centaines de véhicules et assemblée en France avec des pièces françaises comme leur axe fabriqué par la société Effigear, cette génératrice nommée GENERA 900 vise un objectif indispensable dans ce secteur : passer plus de temps à rouler et moins de temps à l’atelier.
En 1897, alors que l’automobile n’est encore qu’une curiosité, l’entrepreneur américain Horace Dobbins est convaincu que l’avenir appartient au vélo. Il développe en premier l’idée de construire une autoroute cyclable surélevée entre Pasadena et Los Angeles.
Baptisée California Cycleway, l’infrastructure doit mesurer près de 15 kilomètres. Les cyclistes y circuleraient sans intersections, sans crottins de cheval et sans poussière, sur une voie éclairée la nuit et accessible contre un péage de 10 centimes. La piste est même conçue pour permettre à quatre cyclistes de rouler de front (le luxe ultime).
Le 1er janvier 1900, une première section de 2 kilomètres ouvre au public. Près de 1 000 personnes l’empruntent dès le premier jour.
Mais l’engouement pour ce monorail cyclable retombe pour deux raisons. D’abord parce que les deux premiers kilomètres construits sont trop courts pour convaincre les cyclistes de changer leurs habitudes. Ensuite parce que les tramways se développent rapidement et que l’automobile commence à séduire les investisseurs. Le projet est abandonné quelques mois plus tard.
Ironie de l’histoire : une partie du tracé servira plus tard à construire l’une des premières autoroutes urbaines américaines.
Mécanicienne / Mécanicien cycles : DolceVia - Saint Malo - Bretagne - Alternance
Mécanicienne / Mécanicien cycles : DolceVia - Paris - Île-de-France - Alternance
Responsable commerciale / Commercial revendeurs & B2B : Ellipse Bikes - Troyes - Grand Est - CDI
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