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Le Coeur Net : La newsletter du Dre Laure Geisler · Jul 9, 2026

🦠Les Infections Sexuelles Transmissible (IST) : ce que chaque ado (et ses parents) devrait savoir

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Dre Laure GEISLER, Thibault Fiolet · Le Coeur Net : La newsletter du Dre Laure Geisler

Hello !

Vous lisez LE CŒUR NET, le rendez-vous santé de ceux qui veulent comprendre et aider leurs ados. 🚀 Tous les dossiers sont ICI, les 7 premiers sont en accès libre !

Vous l’avez peut-être déjà vécu : vous surprenez une conversation, un mot lâché en passant. Et là, vous réalisez que vous n’avez jamais abordé la question des IST avec votre ado. Ou alors vous vous demandez comment vous en parlerez le jour venu. Pas parce que vous ne voulez pas, mais parce que personne ne vous a vraiment donné les mots, et que le sujet, quelque part, ça fait encore un peu peur.

Les IST, c’est jamais juste une question médicale. C’est souvent des mythes tenaces et des infos glanées sur TikTok. Alors on a voulu un dossier qui pose les choses une fois pour toutes : ce qui circule vraiment, ce qui est faux, ce que vos ados devraient savoir, et comment en parler sans que ça tourne au sermon ou au malaise général.

🥤 AU PROGRAMME DE CE DOSSIER :

  • Au-delà des tabous : ce qu’il faut vraiment savoir sur les IST : C’est quoi exactement une IST ? Pourquoi peut-on en avoir une sans le savoir ? Quelles sont les plus fréquentes chez les jeunes et pourquoi certaines sont-elles en augmentation ?

  • Anticiper sans gâcher la fête : les clés de la prévention : Le préservatif protège-t-il vraiment de tout ? Quels vaccins existent contre les IST et pour qui ? Qu’est-ce que la PrEP et à qui s’adresse-t-elle ?

  • Un doute, une exposition ? Action réaction ! : Que faire dans les heures qui suivent un rapport non protégé ? C’est quoi le TPE et pourquoi les 72h sont cruciales ? Comment se faire dépister, où, et gratuitement ?

  • Dialogue parent-ado : le plan d’action zéro malaise : Comment aborder le sujet sans déclencher une levée de boucliers ? Quels mots utiliser ? Comment aider son ado à se protéger sans le braquer ni le culpabiliser ?

  • + 10 FICHES PRATIQUES : Comme d’habitude, on a conçu une boîte à outils. L’objectif ? Passer de l’interrogation à l’autonomie, en toute sécurité. Les fiches jaunes sont plutôt pour les jeunes, les vertes pour les adultes/accompagnants. Les 3 premières sont accessibles gratuitement.

J’ai invité Thibault (@Thisciences), ingénieur et docteur en santé publique à rejoindre la Team LE COEUR NET. Il a travaillé dans plusieurs agences scientifiques (ANSES, EFSA, Sciensano) et en recherche en épidémiologie. Il analyse et décrypte l’actualité scientifique sur Instagram, tiktok… et il est co-auteur de ce dossier.

Ce dossier complète les dossiers “Première-fois” et “Dépistage et prévention” si vous ne l’avez pas encore lu.

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C’est parti 🦠 !

On en entend parler, on en a peur, on en rit parfois, mais on les connaît mal. Cette partie pose les bases : ce que sont vraiment les IST, pourquoi elles circulent en silence et lesquelles sont en forte hausse chez les jeunes.

Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont rarement un sujet qui met à l’aise ou l’ambiance à table. Entre les ados qui lèvent les yeux au ciel et les parents qui cherchent leurs mots, on oscille vite entre malaise et silence radio.

Une IST, ce n’est ni une honte, ni une punition, ni un truc qui “n’arrive qu’aux autres”. C’est juste un risque biologique lié à une activité humaine très normale ! Allez on vous dit tout sur ces réjouissances, c’est cadeau 😜😅✊ !

Comme leur nom l’indique, les IST se transmettent lors de contacts et rapports sexuels. Elles sont induites par des virus, bactéries ou parasites (Garcia 2024).

Certaines IST peuvent entraîner des complications importantes comme de l’infertilité avec chlamydia, des cancers liés aux papillomavirus et l’hépatite B et des formes chroniques du VIH. Même si nombreuses IST se soignent, les IST bactériennes posent aussi le défi du traitement avec l’antibiorésistance.

Les IST ont la particularité de se transmettre avant d’être diagnostiquées. Ça crée des chaînes de transmission difficiles à interrompre !

Le nombre de diagnostic positif à la chlamydiose, les gonococcies et aux infections aux VIH est en augmentation chez les jeunes de 15-25 ans alors que le nombre de séropositivité aux VIH diminue chez les plus de 25 ans par exemple (Kunkel 2025). Pas parce qu’ils seraient “irresponsables”, mais parce que c’est une période de découverte, avec parfois moins d’information ou de prévention.

En 2024, 5100 personnes ont découvert leur séropositivité VIH.Les modes de contamination les plus fréquents étaient les rapports hétérosexuels (53%) suivis des rapports sexuels entre hommes (42%)

43% des infections à VIH ont été découvertes à un stade tardif, dont 27% au stade avancé, d’où l’importance des dépistages réguliers

En 2024, 3,4 millions de personnes ont été dépistées de l’infection à Chlamydia trachomatis, 3,7 millions de personnes pour la gonococcie et 3,7 millions de personnes pour la syphilis. Ces 3 infections bactériennes sont en forte augmentatoin (+20 à +30%)

( santé publique 2024)

La majorité des IST n’induisent pas de symptômes (pas de douleur, pas de fièvre, pas de signe évident…) (Kenyon 2023). C’est notamment le cas de la chlamydia, des papillomavirus ou de certaines formes de gonorrhée ou la phase aymptômatique de l’infection au VIH.

C’est là que le piège apparaît ! Beaucoup de personnes associent “absence de symptôme” à “absence de problème”. En santé sexuelle, ce raisonnement est malheureusement faux. Le corps ne signale pas toujours ce qui se passe.

C’est un mythe tenace : “je le sens bien”, “elle a l’air clean”, “on se connaît bien donc c’est bon”, “je vais me retirer avant de finir”. Et hop, on ne met pas de préservatif.

Le problème, c’est que le ressenti n’a aucun lien avec le statut infectieux (Clifton 2018). Une personne peut être en parfaite santé apparente et porteuse d’une IST sans le savoir. À l’inverse, quelqu’un peut paraître rassurant et ne pas avoir fait de dépistage récent et n’avoir aucune idée de son statut.

Certaines IST se transmettent simplement par contact entre les muqueuses ou la peau, sans qu’il y ait forcément pénétration (anale ou vaginale). Ce n’est pas non plus une question “d’expérience en sexe” ou “du nombre de fois où on l’a fait” mais simplement une question de rencontre entre un agent infectieux… et une occasion de transmission (quand on ne se protège pas).

Les infections bactériennes se traitent et se guérissent dans la grande majorité des cas avec des antibiotiques. Le vrai problème, c’est qu’elles passent souvent inaperçues… et peuvent entraîner des complications si elles ne sont pas dépistées (Garcia 2024, Institut Pasteur).

  • La chlamydia est une IST très fréquente. Elle est souvent asymptomatique. Quand des signes apparaissent, ils peuvent inclure des brûlures urinaires, des douleurs pelviennes, ou des écoulements anormaux. Elle se transmet lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oraux, avec ou sans pénétration.

  • La gonorrhée est une autre IST fréquente, souvent associée à la chlamydia. Contrairement à la chlamydia, elle est plus souvent symptomatique, surtout chez les hommes : douleurs en urinant, écoulement purulent. Chez les femmes, les symptômes peuvent être plus discrets ou absents. Elle se transmet de la même façon que chlamydia.

  • La syphilis est induite par le tréponème. Elle évolue en plusieurs phases. La première passe souvent inaperçue avec une petite plaie indolore (un chancre) au point d’entrée de la bactérie. Ensuite peuvent apparaître des éruptions cutanées et des symptômes généraux. Elle se transmet par contact direct avec une lésion lors de rapports sexuels.

  • Les mycoplasmes sont de petites bactéries responsables d’uréthrites et cystites, caractérisées par des brûlures, écoulements et douleurs pelviennes. Là encore, de nombreux cas sont asymptomatiques ! Le mycoplasme se transmet principalement par des rapports anaux ou vaginaux non protégés.

Contrairement aux bactéries, les virus ont une petite particularité embêtante puisqu’on ne les “éradique” pas toujours complètement…

  • Le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) est l’IST la plus connue mais aussi celle qui souffre encore de nombreuses idées reçues.

    • Il se transmet lors de rapports sexuels non protégés, par le sang, ou de la mère à l’enfant.

    • Sans traitement, il affaiblit progressivement le système immunitaire.

    • Il n’existe pas de traitement curatif. Aujourd’hui, les traitements permettent de contrôler le virus de manière très efficace.

Une personne traitée avec une charge virale indétectable ne transmet plus le VIH (infection “indétectable = intransmissible”).

  • L’infection aux papillomavirus (HPV) est très fréquente.

    • La majorité des personnes sexuellement actives seront exposées au HPV au cours de leur vie.

    • La transmission se fait principalement par contact peau à peau lors des rapports sexuels, ce qui signifie que le préservatif réduit le risque… sans l’éliminer totalement.

    • Dans la majorité des cas, l’infection passe inaperçue et disparaît spontanément. Mais certains types de HPV peuvent provoquer des verrues génitales, et d’autres sont associés à des cancers chez les femmes et les hommes (notamment du col de l’utérus, mais aussi de la gorge ou de l’anus).

  • Les hépatites B et C sont souvent asymptomatiques avant d’éventuelles complications au niveau du foie.

    • Le virus de l’hépatite B se transmet par tous les liquides et sécrétions biologiques, le plus souvent par le sang et par contact sexuel.

    • Il n’existe pas de traitement spécifique permettant de traiter une hépatite aiguë.

    • Le meilleur moyen d’éviter cette hépatite est la vaccination qui prévient également les hépatites aiguës fulminantes, les cirrhoses, et les cancers du foie.

    • 15 à 45% des hépatites C aiguës, symptomatiques ou non, vont évoluer vers une guérison, alors que 55 à 85% des patients infectés vont développer une infection chronique (Institut Pasteur). La transmission de l’hépatite C est principalement liée au sang (transfusion, utilisation de drogues par voie intraveineuse, transplantation d’organes)

  • L’herpès se manifeste par des petites vésicules douloureuses (boutons), qui apparaissent par poussées.

    • Le virus se transmet par contact direct avec la peau ou les muqueuses, souvent lors de rapports sexuels ou de contacts intimes.

    • Il n’existe pas de traitement curatif, on vit avec le virus en nous.

  • Moins connu, le virus Molluscum contagiosum provoque de petites lésions cutanées en forme de boutons perlés.

    • Il peut se transmettre par contact direct, y compris lors de rapports sexuels.

    • L’infection est bénigne et disparaît généralement spontanément

  • La Trichomonase est causée par un micro-organisme unicellulaire (un protozoaire, Trichomonas vaginalis). Elle se transmet lors de rapports sexuels, principalement vaginaux. Chez les femmes, elle peut provoquer des pertes vaginales, des démangeaisons, une gêne ou une odeur inhabituelle. Chez les hommes, elle est souvent asymptomatique.

  • La gale est due à un acarien microscopique qui creuse des galeries dans la peau. Elle se transmet par un contact rapproché et prolongé d’où la possibilité importante de la transmettre lors d’un rappot sexuel.

  • Les morpions sont de petits parasites visibles à l’œil nu, qui vivent dans les poils pubiens (mais parfois aussi ailleurs : aisselles, barbe…). Ils se transmettent par contact étroit.

Vous savez maintenant ce que sont les IST, pourquoi elles circulent en silence et pourquoi elles concernent tout le monde, y compris notre ado. Mais connaître le risque ne suffit pas. La vraie question, c’est : comment agir ?

Comment se protéger concrètement ? Où se faire dépister gratuitement ? Que faire dans les 72h après une prise de risque ? Et surtout, comment en parler à son ado sans que ça tourne au sermon ? C’est exactement ce que vous trouverez dans la suite de ce dossier.

👉 Tout ce qu’il faut pour armer nos jeunes et faire que leur entrée dans la sexualité se passe le plus sereinement et sainement possible.

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Read the original on lecoeurnet.substack.com

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