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Labo de l'Oasis du Care · Jul 4, 2026

Dire « ça passera » est le signe que non, ça ne passera pas

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Luisa Fenu · Labo de l'Oasis du Care

Bonjour à toi, Explorateur de l’Oasis du CARE.

Avant de reprendre la route pour la prochaine traversée, je t’invite, comme d’habitude, à prendre ton carnet et ton stylo. Profite de ce moment ensemble et, seulement à la fin, note ce que cette traversée aura peut-être réveillé en toi.

Car les réponses arrivent souvent au détour d’une réunion, d’une conversation ou d’une décision que l’on pensait avoir déjà prise.

Alors, installe-toi confortablement et profite de cette traversée.

Mais avant, sans doute, as-tu dans ton entourage une ou des personnes à qui cette traversée ferait du bien. Invite-les à se joindre à nous.

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-19:22

L’Oasis est étonnamment silencieuse ce matin après le départ de l’exploratrice qui a enfin compris que pour aider son organisation à franchir un nouveau cap, elle n’était pas obligée de trahir tout ce qu’elle avait construit jusque-là.

Si tu as envie de découvrir son parcours je t’invite à découvrir les Traversées précédentes du Labo par ici.

Lire la traversée précédente

Chaque départ me laisse toujours un léger pincement au cœur. J’aime voir les explorateurs reprendre leur route un peu plus légers qu’à leur arrivée. Comme si quelque chose en eux avait enfin retrouvé sa juste place.

Pendant quelques instants, l’Oasis retrouve son calme.

J’en profite pour reprendre des forces, prendre soin des lieux et préparer l’arrivée des prochains explorateurs qui décideront de faire une halte ici.

Ce matin de juin, la lumière commence tout juste à caresser les dunes. Une légère brume flotte encore entre les sentiers et la fraîcheur de la nuit n’a pas complètement quitté le sable.

Je me promène lentement sur Euro, mon fidèle cheval, laissant mes pensées vagabonder au rythme de ses pas.

C’est alors que j’entends un bruit.

D’abord discret et lointain, puis plus sourd et régulier.

 Des pas ? Je m’interroge...

Je m’arrête quelques instants avec Euro. Dans le silence matinal, ses sabots résonnent avec une étrange lourdeur, comme s’ils se trainaient dans le sable. Au loin, une silhouette grande et mince se détache peu à peu de la brume. Elle avance d’un pas déterminé même si chaque mouvement semble lui couter un effort immense.

Un curieux détail attire immédiatement mon regard : à sa ceinture pendent plusieurs gourdes qui semblent être remplies d’eau.

À chacun de ses pas, elles s’entrechoquent doucement.

« Tiens... C’est curieux » me dis-je.

À mesure que l’homme s’approche, je distingue les cernes qui creusent ses joues. Ses traits sont tirés. La pâleur de son visage met encore plus en évidence ses deux grands yeux noirs, profonds comme des grottes, dans lesquels brillent ces étincelles que je reconnaitrais entre mille : celles des dirigeants explorateurs passionnés.

Je descends d’Euro et vais à sa rencontre.

« Bonjour Monsieur. »

Il tourne légèrement la tête dans ma direction.

Un demi-sourire traverse son visage et il poursuit sa marche.

Je fais quelques pas à ses côtés.

« Le soleil sera bientôt haut dans le ciel. Accepteriez-vous de faire une halte à l’Oasis ? Vous pourriez vous restaurer, boire un peu d’eau fraîche… et reprendre la route lorsque la chaleur retombera. »

Cette fois, il s’arrête, me dévisage quelques secondes puis pointe l’horizon du doigt.

« Vous ne voyez donc pas que je suis pressé ? Je dois arriver là-bas avant ce soir. »

Mon regard suit son doigt, sa destination semble encore bien lointaine.

« J’en suis certaine, mais vous me semblez fatigué. Quelques minutes de repos vous feront gagner des forces et du temps précieux. »

Il reprend aussitôt sa marche et quelques mots, à peine audibles, s’échappent de ses lèvres.

« Ouf, C’est vraiment sport là… »

Il hausse légèrement les épaules.

« Mais c’est comme ça. »

Puis, presque dans un souffle :

« Ça passera. » 

Je le regarde s’éloigner.

Après tout, chaque explorateur reste libre de son voyage.

Je m’apprête à rejoindre les nouveaux voyageurs lorsque je sens Euro frotter son museau contre moi pour attirer mon attention. Je me retourne. Son regard suit la silhouette du voyageur qui s’est éloigné.

Je souris.

« Tu crois, toi aussi, qu’il est allé un peu trop loin ? »

Je caresse son encolure.

« Allons voir. »

Nous quittons le sentier de l’Oasis et avançons quelques centaines de mètres dans le sable. Le vent porte un bruit sourd jusqu’à nous . Un coup, puis un autre, puis encore un autre.

Lorsque nous atteignons le sommet d’une petite dune, la scène se dévoile. L’explorateur est là devant nous, assis au sol, les jambes repliées sous lui. À bout de souffle.

Ses poings s’abattent avec colère sur les gourdes suspendues à sa ceinture. D’abord une, et puis l’autre, et puis encore une autre, encore et encore. Comme si elles étaient responsables de toute sa souffrance alors qu’elles attendent juste d’être ouvertes pour le soulager de la soif.

Je m’approche sans faire de bruit. Je m’assois simplement à côté de lui sans dire un mot. Euro approche doucement son museau de son épaule.

Le voyageur ne réagit même pas. Je souris intérieurement.

« Il ne s’est même pas aperçu que nous sommes là. »

Quelques secondes passent. Puis il sursaute.

« Oh…Je ne vous avais pas vue. »

Je hoche doucement la tête. Son regard retombe aussitôt sur ses jambes. Il les masse avec énergie, comme s’il voulait les convaincre de repartir.

« Maudits genoux…Ils ne veulent plus avancer », dit-il d’un ton désespéré.

Je regarde ses jambes quelques instants avant de lui répondre.

« Oui, j’imagine comme cela doit être dur. »

Je laisse le silence faire son œuvre. Puis j’ajoute doucement :

« C’est vrai que tout serait plus simple avec des jambes reposées ou plus jeunes. Vous ne trouvez pas ? »

Un rire bref s’échappe de ses lèvres séchées par la chaleur.

« Ça c’est sûr ! »

Le silence retombe. Puis, sans que je lui pose la moindre question, les mots commencent à sortir.

« Je marche depuis des semaines.

Je dors mal.

Enfin… Quand je dors. »

Il esquisse un sourire fatigué.

« Il m’arrive de passer des nuits entières à réfléchir à l’étape du lendemain. Ou à refaire celle de la veille. J’ai l’impression que la distance jusqu’à ma destination est toujours aussi longue malgré mes efforts. »

Il soupire, agacé.

« J’oublie souvent de manger, parfois même…de boire. »

Instinctivement, mon regard descend vers les gourdes qui pendent toujours, toutes pleines d’eau fraîche, celles que j’avais remarquées lors de sa première apparition dans la brume matinale.

Il suit mon regard et laisse échapper un petit rire amer.

« Oui, Je sais, c’est absurde. Je transporte de l’eau toute la journée et je ne m’arrête même pas pour boire parce que je n’ai pas le temps. Vous imaginez ? Je n’ai même pas le temps de m’arrêter pour boire ! » 

Je ne réponds pas. Je laisse ses propres mots résonner entre nous. Après un long silence, je lui demande simplement :

« Et qui vous impose de ne jamais vous arrêter ? »

Il relève brusquement la tête. Son regard se fige comme si cette question ne lui avait jamais été posée.

« Personne…Enfin… »

Il hésite comme s’il cherchait ses mots et il hausse les épaules.

« C’est sport mais c’est comme ça. Quand ce sera calme, ça ira »

Je lui souris doucement.

« Peut-être. Et si vos jambes essayaient simplement d’obtenir ce que vous leur refusez depuis longtemps ? »

Il baisse la tête et tente de se remettre débout. Immédiatement, ses jambes cèdent sous son poids. Il grimace de douleur.

« Ah, ces maudits genoux ! »

Il reste un long moment à regarder l’horizon. Je me relève doucement et lui tends la main.

« Venez. »

Il relève les yeux vers moi.

« Passez au moins la journée à l’Oasis. Le soleil sera bientôt haut. Vous pourrez vous restaurer... et reprendre votre route lorsque vous le souhaiterez. Je suis certaine que votre présence fera plaisir aux autres voyageurs. »

Il laisse échapper un petit rire.

« Vous êtes bien la première personne à penser cela ! »

Je l’interroge du regard.

« Ils ne vont tout de même pas se réjouir de voir arriver un grand gaillard rabougri qui ne peut même plus marcher. »

Il baisse les yeux vers ses jambes.

« Je ne sers plus à grand-chose, dans cet état. »

Je souris et laisse le silence s’installer entre nous. Puis je caresse l’encolure d’Euro.

« Montez. »

Il secoue la tête.

« Je peux encore marcher. »

« Je n’en doute pas. »

Je marque une pause.

« Cela me fait plaisir, laissez-moi partager un bout de chemin avec vous. »

Il reste en silence, pensif, et je poursuis :

« Vous êtes mon invité. Si vous ne vous sentez pas bien à l’Oasis, vous pourrez repartir quand vous le souhaiterez. Personne ne vous demandera de rester, personne ne vous retiendra. »

Je lui tends la main une seconde fois. Cette fois, il lève les yeux vers moi puis vers Euro. Sans un mot, il accepte enfin de monter. Nous reprenons lentement le chemin de l’Oasis. Le vent s’est levé et les gourdes pleines s’entrechoquent doucement contre sa ceinture. Aucune n’a encore été ouverte.

« Et, au fait, vous vous appelez comment ? »

Avec le demi sourire d’un homme qui cesse pour un instant de lutter, il me répond : « Je m’appelle Antoine ».

Pendant qu’Euro transporte tranquillement notre nouvel invité vers l’Oasis, je réfléchis à l’entraînement que je vais te proposer pour les quinze prochains jours.

Après tout, les traversées ne servent à rien si elles ne changent pas, un tout petit peu, notre manière de cheminer.

Alors, voici ce que je te propose.

🔶 Prends ton carnet d’explorateur et, une fois par jour, attribue une note de 1 à 10 à chacun de ces domaines :

Domaine

Ma note (1 à 10)

🔸 Mes 4 niveaux d’énergie (physique, émotionnelle, mentale et spirituelle) ☐

🔸 La qualité de mon sommeil ☐

🔸 Ma capacité à prendre des décisions avec clarté ☐

🔸 Ma disponibilité dans mes relations ☐

🔸 Mon niveau de tension ou de stress ☐

🔸 Ma capacité à écouter mes besoins (pause, repas, respiration...) ☐

Si ton score est en-dessous de 6, cela signifie que tu avances et que tu puises dans des réserves que tu ne renouvelles pas.

🪶 Pose-toi cette question.

Quelle est la toute première chose que tu pourrais faire pour récupérer juste un peu ?

Observe ce qui se passe dans ton corps et dans ta tête quand tu t’autorises à récupérer et note-le dans ton carnet. On y reviendra la prochaine fois.

Au fait, si tu en as envie, tu peux aussi me laisser un commentaire par ici, je prendrai volontiers une pause avec toi à l’ombre d’un palmier de l’Oasis.

Laissez un commentaire.

En observant ce voyageur se diriger vers l’Oasis, une pensée me taraude.

Ce ne sont pas ses genoux qui ont mis un terme à sa course.

Ils ont simplement rendu visible quelque chose qui était déjà là depuis longtemps.

🔸 Les nuits trop courtes.

🔸 Les repas oubliés ou avalés à la va-vite.

🔸 Les gourdes pleines d’une eau fraîche qu’il transportait sans jamais penser à ouvrir.

Et cette petite phrase, répétée presque machinalement :

« C’est sport... mais c’est comme ça. Ça passera. »

Je rencontre souvent des dirigeants qui savent reconnaître leurs signaux de fatigue. Ils les voient et les ressentent dans leur chair. Ça, ce n’est pas un problème.

Le véritable défi est d’arrêter de les banaliser et d’admettre qu’ils influencent la qualité de leurs décisions. Car les signaux que notre corps et notre tête nous envoient ne sont pas là pour nous ralentir. Ce sont des informations précieuses partagées et plus nous les ignorons, plus elles vont crier fort jusqu’à ce que nous les entendions enfin.

Ces signaux préservent notre capacité à poursuivre notre mission comme l’explorateur qui mène sa quête, indemne, jusqu’à sa destination.

Si cette traversée a réveillé quelque chose en toi, autorise-toi juste à écouter et à te demander :

🪶 ai-je envie, dans 6 mois, de toujours vivre en sourdine ?

En septembre, une nouvelle session du Cercle des dirigeants prendra le chemin de l’Oasis.

J’ai imaginé cet espace pour des dirigeants et des entrepreneurs qui souhaitent entraîner leur posture au contact d’autres explorateurs qui, comme toi, portent le poids des responsabilités et qui connaissent le vrai prix de certaines décisions.

Mais aussi des dirigeants qui se disent « je ne veux plus continuer comme ça » et qui choisissent de développer une autre manière de diriger : plus lucide, plus stable et plus profondément humaine.

Car il est plus facile d’entendre ses propres signaux lorsque d’autres explorateurs nous aident à les écouter.

Si, en terminant cette Traversée, tu sens que le moment est venu de faire une halte, je serais heureuse de t’accueillir dans l’Oasis.

Je rejoins le Cercle des Dirigeants

Nous prendrons le temps de regarder ensemble où tu en es dans ton voyage. Si le Cercle est la prochaine étape, je te le dirai. Si ce n’est pas encore le bon moment, tu repartiras malgré tout avec quelques ressources pour poursuivre ta route, que nous fassions un bout de chemin ensemble ou pas.

Merci pour ton engagement tout le long de cette traversée.

Merci d’avoir osé laisser un peu plus de place à ton humanité.

Je te retrouve dans quinze jours pour poursuivre ensemble l’exploration du voyage d’Antoine.

En attendant, rappelle-toi :

🪶 Ta façon de diriger façonne bien plus qu’une organisation. Elle participe au monde que nous construisons ensemble.

Je ressens une profonde gratitude pour ton engagement. Je te suis reconnaissante d’avoir effectué cette traversée avec moi.

Je te dis À très bientôt

Luisa, la Dame du Lac & fondatrice de l’Oasis du CARE 🪶

Je t’accompagne pour faire évoluer ta manière de diriger et la transformer en levier de croissance durable de ton entreprise.

🪶 Rappelle-toi : ta manière de diriger façonne le monde de demain.

Voir mes accompagnements

Read the original on leadershipducare.substack.com

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