Rappel : ce guide fait partie de ma série sur l’IA et le freelancing. Si vous les avez manquées, je vous recommande en lecture complémentaire les éditions précédentes :
L’état du marché IA & freelancing en 2026 : les données disponibles, les secteurs touchés, les opportunités.
Mon système IA en détail : les 21 workflows prioritaires et comment mettre en place son 1er test
Aujourd’hui, je vous partage la méthode complète pour construire votre propre système IA.
C’est le guide que j’aurais aimé avoir quand j’ai commencé à structurer tous mes process de delivery il y a 3 mois. Il résume 200+ heures investies (et plusieurs programmes/formations).
Vous allez apprendre :
A construire votre environnement de travail
A structurer vos process de livraison
A déléguer la majorité des actions à l’IA
Une fois le système en place, on passe d’un mode “production” où la majorité de notre temps est dédiée à la livraison, à un mode “stratège”, où la majorité du temps est dédiée à concevoir.
NB : la semaine prochaine, j’onboarde de manière individuelle (et sur 5 jours) un petit groupe de travail rapproché au sein d’Hyperfreelance. Il reste 2 places sur ce format (limité à 5 personnes), si cela vous intéresse, on peut en discuter (cliquer sur ce lien pour prendre un appel).
En 2026, l’IA peut (presque) tout faire :
Structurer un projet client
Produire un audit
Délivrer une partie des projets
Optimiser les templates
Gérer l’organisation d’un projet
Si vous ne visualisez pas (encore) le “comment”, je vous renvoie vers mon système IA en détail (démo incluse)
La majorité des utilisateurs se contente du niveau zéro de l’IA :
Envoyer un prompt
Récupérer un rendu générique
Conserver quelques idées
Mais... Tout réécrire car ça sonne mal
Résultat : On gagne (parfois) un peu de temps. On voit le potentiel, mais on reste frustré.
Avec l’arrivée d’outils comme Claude Cowork et OpenClaw, on a finalement compris que quand l’IA accède à la bonne donnée, elle est désormais capable d’exécuter en autonomie... longtemps.
Quand on agrège :
des fichiers de contexte bien structurés
des process documentés
des points de contrôle,
et des boucles d’amélioration.
On obtient un système personnel qui devient un avantage comparatif :
On livre 2 à 5 plus vite (selon le sujet)
On augmente la qualité des livrables
Dans ce guide, je vous détaille les 5 étapes pour construire votre système.
Ces dernières années, on a multiplié les outils externes : Notion, Google Drive, Airtable, des dizaines de SaaS métier...
Résultat : nos standards de travail, nos méthodes et nos données propriétaires sont répartis entre différentes sources d’utilisation.
Pour que l’IA produise des résultats exploitables, elle a besoin de deux choses :
Des process propriétaires détaillés : vos méthodes de travail, adaptées à votre manière de faire (pas des templates génériques)
Une base de données personnelle : vos exemples historiques, vos résultats, vos analyses, vos feedbacks clients
C’est ce que j’appelle l’environnement de travail :
Votre contexte personnel
Vos process et instructions
Vos exemples historiques
Jusqu’à aujourd’hui, il était trop couteux de construire ce type de système interne :
Il fallait plusieurs heures pour rassembler l’info
Et on ne savait même pas ce que ça allait changer ensuite
Heureusement, cela vient de changer :
L’IA peut digérer des informations déstructurées (transcripts, exemples, etc)
Puis les transformer en template
Puis documenter tout cela au sein d’une structure cohérente
-> Avec le bon process, vous pouvez centraliser votre connaissance en 2 heures.
Pour faire cela, voici la structure que j’utilise :
Modèle et logiciel IA : Claude Cowork (ou Code), version logiciel téléchargé sur l’ordinateur pour les sessions de travail avec l’IA et l’accès à la donnée. API Claude pour le travail asynchrone (optionnel)
Des fichiers de travail en markdown : c’est le format natif de l’IA, le plus simple à lire et à manipuler. Je partage une source d’infos brute (transcripts d’appels, exemples de livrables, notes vocales pour préciser ma méthode et son rationnel), et je demande à Claude Cowork de structurer un fichier de contexte optimal qui réunira tous mes SOPs, templates, et contextes de projets au sein d’un ensemble cohérent et bien documenté.
Synchronisation cloud : les fichiers sont synchronisés sur un drive (Google Drive ou iCloud, pour ne rien perdre et y accéder depuis n’importe quel appareil.
Obsidian ou Google Docs pour l’édition : Pour éditer ces documents et les maintenir, j’utilise...
Obsidian quand je souhaite travailler en local avec une expérience optimale
La suite Google si je veux transformer le fichier en livrable client (cf point suivant)
Outil de collaboration (Notion / Google / Microsoft) connecté à l’IA : tous les outils de travail classiques restent en place pour les livrables clients -> ils sont déjà intégrés de manière native à Claude.
Ma prédiction : dans les prochaines années, tous les documents, process et décisions d’entreprises seront structurés comme du code. C’est encore un peu tôt pour la majorité des utilisateurs, mais c’est la direction optimale si on veut utiliser l’IA comme collaborateur.
Nous sommes habitués à enchaîner des tâches très différentes au sein d’un même process.
Exemple :
“Onboarder un nouveau client”.
Derrière cette “tâche”, il y a en réalité 8 à 12 actions distinctes : relire les échanges commerciaux, extraire les informations clés, construire une roadmap, spécifier les tâches, chiffrer le budget, créer l’espace de travail, rédiger le mail de lancement, planifier les jalons...
Chaque action a un niveau de complexité différent, des données d’entrée différentes, et un format de sortie différent.
Si vous demandez à l’IA de “lancer un projet client” en une seule instruction, elle va griller des étapes.
C’est une limite intrinsèque : l’IA gère ses ressources (ce qu’on appelle les tokens), elle va simplifier le process pour tenir dans une seule exécution, et le résultat sera générique.
Pour qu’une IA puisse exécuter avec précision, il lui faut :
Une séquence d’étapes explicites
Pour chaque étape :
une entrée (les données)
une transformation (les instructions)
une sortie (le livrable attendu).
Pour gérer l’intersection : un “skill orchestrateur” (cf étape 3)
Pour gagner du temps, je construis ces workflow avec l’IA elle-même :
Je lui décris ce que je fais sur un process que je veux déléguer
Elle m’aide à décomposer en étapes
Aujourd’hui, une grande partie de la valeur repose dans cet exercice de clarification.
Une fois qu’on a un workflow découpé en étapes, chaque étape peut être confiée à l’IA sous forme de “skill” (une capacité permanente, documentée, réutilisable), et la gestion du workflow peut être confiée à un “skill d’orchestration” qui va surveiller que chaque étape a bien été respectée.
Pour chaque étape du workflow, vous définissez :
Les inputs : quelles données l’IA reçoit (un transcript d’appel, un brief client, un fichier de données...)
Les instructions : comment transformer ces données (votre méthode, vos critères de qualité, vos règles)
Les templates : le format de sortie attendu (basé sur vos meilleurs livrables historiques)
La transformation : les étapes intermédiaires et les points de contrôle
L’output : le livrable final
Identifier l’étape à déléguer : commencer par les plus récurrentes et les moins créatives.
Documenter la méthode : prenez vos meilleurs exemples historiques et demandez à l’IA de construire le template et les instructions. 15 à 30 minutes suffisent.
Tester sur un cas réel : lancez le skill sur un projet concret et comparez le résultat avec ce que vous auriez produit manuellement.
Itérer : 2 à 3 cycles d’ajustement suffisent généralement pour obtenir un résultat exploitable à 80-90%.
C’est à cette étape que la magie opère.
Quand votre premier workflow sort un livrable que vous n’avez qu’à relire et ajuster pendant 15 minutes (au lieu de le produire de zéro pendant 2 heures), vous obtenez votre “aha-moment” et comprenez que le paradigme a changé.
Au début, il faut 2 à 3 heures pour construire un workflow fonctionnel, puis on passe à 1 heure pour les suivants.
Astuce : j’ai construit un workflow spécifique qui permet de “construire des workflows”. Résultat : je délègue des workflow simples en 10 à 20 minutes, et des workflow plus complexes en 1 heure maximum.
Après l’étape 3, vous déléguez déjà à l’IA.
Mais c’est encore vous qui lancez le workflow manuellement dans Claude Cowork.
Vous supervisez, vous validez les étapes intermédiaires, vous récupérez le livrable.
L’objectif de l’étape 4 est de passer en travail asynchrone : vous sortez de la fenêtre Claude Cowork et laissez le système travailler pendant que vous faites autre chose.
Pour cela, il faut rendre les workflows autonomes :
Définir un déclencheur (trigger) : un statut qui change dans votre outil de gestion de projet, un nouveau fichier déposé dans un dossier, un email entrant...
Une transformation asynchrone : le workflow s’exécute sans vous, en suivant les instructions et templates que vous avez définis à l’étape 3 précédente.
Une notification : vous recevez le résultat sur Slack ou par email, avec les points qui nécessitent votre validation.
Exemple :
Mon workflow de coaching commercial analyse automatiquement les transcripts de mes appels de vente, identifie les points forts et les points faibles, et me génère une note de coaching avec des recommandations pour ma (future) proposition commerciale.
Ensuite, mon workflow de “proposition commerciale” construit une proposition qui suit mes templates (ainsi que mes exemples historiques), tout en activant les recommandations du workflow précédent
Important : certains workflows ne remplacent pas du temps existant, mais créent de la valeur en ajoutant des actions que vous n’aviez pas les moyens de produire avant.
La dernière étape est de connecter les workflows entre eux pour créer un système (ce que je commençais déjà à évoquer dans l’exemple de l’étape 4)
Autrement dit : au lieu d’avoir des workflows isolés, vous construisez une chaîne dans laquelle la sortie de l’un alimente l’entrée du suivant, avec des points de validation humaine aux moments critiques.
Exemple de système connecté que je construis en ce moment pour un projet :
Déclenchement de l’onboarding : un nouveau client est détecté, le workflow génère son espace et son parcours personnalisé.
Détection des engagements : le système surveille les actions du participant et identifie les signaux d’engagement (ou de décrochage).
Envoi des demandes de feedback : à des moments clés, le système envoie automatiquement des demandes de feedback ciblées.
Mise à jour du board produit : les feedbacks sont analysés et remontés dans un tableau de bord produit avec des recommandations.
Spécifications : les améliorations prioritaires sont spécifiées automatiquement.
Mise en place des quick-wins : les corrections simples sont implémentées en autonomie, les plus complexes sont proposées pour validation.
Le tout fonctionne avec des points de contrôle humain entre les étapes critiques. Ce n’est pas un système “full auto”, mais c’est un système qui fait 80% du travail (et me confie) les décisions stratégiques.
Alors que la majorité des utilisateurs de l’IA essaient de :
Déléguer ce qu’ils n’aiment pas faire (souvent : l’acquisition, le contenu, la prospection)
Mettre en place des systèmes ultra complexes en 1 heure (trop court pour un premier test)
… Je recommande de faire l’inverse.
C’est là que la majorité des gains de productivité sont les plus faciles à enclencher, pour 3 raisons :
C’est sur la delivery que l’on gagne un maximum de temps (les tâches sont récurrentes, structurées, documentables).
Ce sont des systèmes qui augmentent la valeur perçue de vos services, et donc les prix que vous pouvez pratiquer (meilleur onboarding, meilleur reporting, meilleurs livrables).
C’est le pilier sur lequel vous disposez déjà de la matière première : exemples historiques faciles à transformer en templates, données clients à partager à l’IA.
Personnellement, j’ai commencé par le workflow d’onboarding client (le premier exemple que je vous ai montré dans l’édition précédente). Et c’est ce qui a tout débloqué.
Le deuxième levier à activer est le système de vente.
Parce que la majorité des prestataires que je rencontre ont soit un process de vente sous-optimisé (prix et taux de conversion trop faibles), soit des propositions commerciales qui ne sont pas à la hauteur de leur expertise.
Le système de vente permet de résoudre ces 2 problèmes avec :
Une revue systématique des appels commerciaux : identification automatique des points clés du deal, des objections non traitées, des engagements pris. C’est du coaching commercial en continu.
Une préparation des propositions commerciales qui produit un rendu ultra-structuré et personnalisé, en anticipant les points clés identifiés au premier rendez-vous.
Et le dernier pilier IA est l’acquisition.
C’est celui par lequel tout le monde commence, mais selon moi, c’est le dernier à activer.
Parce que les gains de productivité sur le marketing sont plus faibles (entre x1 et x1.5 maximum dans mon expérience), mais surtout volatiles : il faut beaucoup de temps pour trouver un process efficient, et le niveau de créativité requis rend les résultats moins fiables.
Alors que si vous ne l’attaquez qu’une fois que la delivery et le sales sont systématisés, l’acquisition devient beaucoup plus facile : vous avez une machine qui génère des données (feedbacks clients, résultats, cas d’usage), un système de documentation interne complet… et il devient naturellement plus simple d’utiliser ce contexte pour faire de l’acquisition avec efficience.
Si vous avez lu les 3 dernières éditions, vous avez :
Une vision claire du marché et des opportunités (édition 1)
Une démonstration concrète de ce qu’un système IA peut produire (édition 2)
La méthode en 5 étapes pour construire le vôtre (cette édition)
D’ici quelques jours (ou semaines), je vous partagerai une manière d’accéder à tout mon système IA afin d’implémenter le vôtre plus rapidement (et vous concentrer sur la personnalisation).
C’est un énorme projet de mon côté, j’espère que ça vous plaira.
À très vite,
Rémi
PS : la semaine prochaine, j’onboarde de manière individuelle un petit groupe de travail rapproché au sein d’Hyperfreelance. Ce sera un super format si vous avez des questions IA tout en mettant les bonnes priorités sur votre business (cliquer sur ce lien pour prendre un appel).
Aucun post

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.