Généralement, quand on parle de bootstrapping, on pense à la stratégie du cafard, et inversement. Ces deux notions sont souvent employées comme synonymes.
Mais est-ce que ces deux notions représentent effectivement la même chose ?
C’est ce que nous allons explorer dans cet article.
L’annonce qui va énerver les VC.
On nous répète depuis 10 ans la même fable :
“Pour réussir, il faut lever des fonds, brûler du cash, et viser la licorne.”
La réalité ?
C’est le meilleur moyen de devenir salarié de sa propre boîte (avant de se faire éjecter).
Il existe une autre voie.
Celle de la rentabilité immédiate. De la résilience. De la liberté totale.
Depuis 18 mois, dans l’ombre, avec 60 entrepreneurs, nous avons testé cette voie.
Nous avons construit une machine de guerre pour croître sans céder de pouvoir.
Ce qui n’était qu’un petit groupe d’entraide est devenu un écosystème complet capable de rivaliser avec les incubateurs classiques.
On a structuré :
❌ Des financements non dilutifs (capacité de 500 M€ via nos partenaires).
❌ Une alliance industrielle Deeptech.
❌ Un réseau d’experts (avocats, DAF) qui défendent les fondateurs, pas les fonds.
Ce mardi 16 décembre, j’officialise la métamorphose.
J’inaugure publiquement LE MONDE DES CAFARDS.
Je vais faire un Live exceptionnel pour vous montrer l’intérieur de la machine :
👉 Comment on accède à des capitaux sans dilution.
👉 Comment on résout des crises grâce à l’intelligence collective.
👉 Comment nos membres construisent des boîtes indestructibles.
Si vous en avez assez du mythe de la Licorne, venez voir la réalité du Cafard.
📅 Date : mardi 16 décembre à 11h30
📍 Lieu : live LinkedIn
Pour s’inscrire, c’est par ici :
https://lnkd.in/d34GMKp2
À mardi,
Serge
À première vue, le bootstrapping et la stratégie du cafard se ressemblent beaucoup. Et effectivement, ces deux notions ont beaucoup de choses en commun.
Pour rappel :
💡 Le bootstrapping désigne une méthode de financement et de développement d’une entreprise en utilisant uniquement ses ressources internes, sans recours à des investisseurs externes ou à des levées de fonds.De son côté :
💡 La stratégie du cafard consiste à développer une start-up résiliente, c’est à dire increvable, capable de traverser toutes les crises, et qui ne laisse pas les investisseurs accéder aux décisions, histoire de rester libre.Dans les deux cas (en fait, surtout dans celui de la stratégie du cafard), les investisseurs peuvent ne pas avoir droit au chapitre quant à la direction de l’entreprise, ses choix stratégiques, ou encore quant aux décisions importantes qui impliquent l’avenir de la startup.
Quand une startup bootstrappe depuis sa création, elle n’a jamais levé de fonds. Les investisseurs n’ont donc jamais été appelés à entrer dans la société pour la financer. Ils n’ont donc évidemment pas accès au comité d’administration ni aux décisions de l’assemblée générale.
(Je sais, je balance des évidences, mais parfois ça fait du bien 😊).
Et en ce qui concerne la stratégie du cafard, c’est ancré dans sa définition : “…une startup qui ne laisse pas les investisseurs accéder aux décisions…”. CQFD.
Mais regardons plus en détail nos deux définitions.
La définition du bootstrapping renvoie à une méthode ou à la description d’un état de fait.
Je m’explique.
Faire du bootstrapping peut être un choix. Par exemple, les fondateurs de l'entreprise décident volontairement de ne pas laisser entrer l’investisseur dans leur startup.
Mais il peut aussi être un état subi : les entrepreneurs recourent au bootstrapping parce qu’ils n’arrivent pas à lever de fonds. Dans ce cas, la seule chose qui leur reste à faire, c’est s'appuyer sur leurs ressources internes pour développer leur société.
Le bootstrapping est une méthode qui peut être incluse dans une stratégie plus large et n’être utilisée que temporairement. Les entrepreneurs décident parfois de démarrer en mode bootstrap afin de donner un maximum de valeur à leur startup avant de faire entrer des investisseurs. Parce que qui dit valorisation plus élevée dit plus de cash pour moins de dilution lors de la levée.
Pour ce qui est de la stratégie du cafard, on a plutôt affaire à une philosophie. L’objectif des fondateurs qui l'utilisent est de rester aux commandes de leur startup afin de la faire grandir sur le long terme grâce à sa résilience.
Ou plus prosaïquement parce qu’ils n’ont pas envie de se faire em****er.
Les fondateurs qui pratiquent la stratégie du cafard ne souhaitent pas que leur quotidien soit pollué par des investisseurs dont les objectifs sont divergents.
En effet, les investisseurs ont des objectifs court terme de retour sur investissement rapide (ce qui est normal), quand les entrepreneurs visent le long terme. Ces deux objectifs se traduisent par des désirs stratégiques différents : valorisation court terme de la société (embauches massives rapides, dépenses sans réflexion dans la précipitation, KPI orientés vers la valorisation court terme) pour les investisseurs, là où les fondateurs essayent de construire sur la durée et le blindage du long terme (embauches sélectives et lentes pour inculquer la culture de l’entreprise, dépenses mesurées et réfléchies pour augmenter l’efficacité sans se ruiner, KPI orientés vers le chiffre d’affaires et les bénéfices).
Ces objectifs divergents se traduisent par des décisions stratégiques (forcément) divergentes dans les organes de décision : assemblées générales, conseil d’administration, etc.
D’où le terme de pollution du quotidien.
Une autre idée, derrière cette philosophie, est que les entreprises restent plus longtemps innovantes tant que leurs fondateurs restent aux commandes. Quand elles se font racheter, ce qui est un des objectifs principaux des investisseurs afin de valoriser leur investissement, elles deviennent des administrations qui gèrent l’existant. On perd alors cette capacité d’évolution et de croissance de l’entreprise.
En résumé, le bootstrapping définit plutôt une recherche de frugalité et d’utilisation des ressources de l’entreprise, là où la stratégie du cafard va mettre l’accent sur la résilience et la liberté de l’entrepreneur.
Voilà le gros point de rapprochement entre le bootstrapping et la stratégie du cafard, celui qui les fait se confondre dans les discours et dans les têtes: de nombreuses startups qui utilisent la stratégie du cafard emploient la méthode du bootstrapping pour développer leur entreprise.
C’est en effet une méthode particulièrement efficace pour éviter que les investisseurs prennent part aux décisions stratégiques de la société.
Comme on l’a vu plus haut, si les investisseurs n’ont pas d’actions, ils ne prennent pas de décisions.
Pas de bras, pas de chocolat.
Mais la méthode du bootstrapping n’est qu’une des méthodes qu’utilisent les adeptes de la stratégie du cafard.
Voici par exemple d’autres méthodes pouvant être employées par les entrepreneurs qui veulent rester libres :
Certains fondateurs font entrer des business angels ou des VC dès la création de l’entreprise. L’objectif est de lancer rapidement la commercialisation ou de financer le développement d’une technologie qui nécessite une grande consommation de fonds (deeptech, entreprise industrielle).
Avec l’accélération du développement commercial de la société, l’augmentation du chiffre d’affaires qui en découle et une bonne gestion, les entrepreneurs peuvent réaliser des bénéfices qui leur permettent de racheter les parts des investisseurs.
Le rachat peut se faire en cash, avec un LBO ou tout autre stratagème, mais le résultat est là. Ils se retrouvent libres de prendre les décisions qu’ils veulent pour leur startup.
D’ailleurs, avec un investissement en seed, les investisseurs ne dépassent généralement pas la minorité de blocage. Les entrepreneurs ont donc toujours eu les mains libres de gérer leur société comme ils l’entendent, sans interférences dans les décisions stratégiques.
Autre effet positif pour les fondateurs : ils ont le loisir de se faire conseiller par les investisseurs et de bénéficier de leurs réseaux.
Une autre manière de bénéficier de l’aide des investisseurs est de démarrer en bootstrapping, puis d’accélérer plus tard avec le financement d’un développement particulier. C’est à ce moment-là que les entrepreneurs font appel aux investisseurs.
En général, à ce stade la startup a déjà passé plusieurs jalons et dérisqué l'investissement, ce qui lui donne une bonne valeur. Cette valeur augmentée permet aux fondateurs de lever des fonds conséquents sans céder la minorité de blocage.
Cette manne leur permet d’être temporairement déficitaires et donc de quitter le mode bootstrap le temps de leur accélération.
C’est une méthode qu’ont employée Partoo ou encore Free dans leur parcours.
Dans le cas de Free, Xavier Niel a levé deux fois des fonds qui ont représenté respectivement 5 % (développement de la première Freebox et du réseau de câbles internet) et 10 % (développement du réseau mobile) de dilution.
Par la suite, il a racheté toutes ces parts diluées à la bourse, parce qu’il ne supportait pas que les investisseurs prennent des décisions orientées court terme alors que ces développements étaient alignés sur sa vue à long terme.
Il existe d’autres méthodes pour conserver le contrôle de sa startup malgré l’entrée d’investisseurs. La méthode des actions de préférence consiste à lever des fonds, même très tôt, massivement et de manière récurrente.
Ces investissements lourds et récurrents vont évidemment diluer des fondateurs de manière conséquente, parfois au-delà de 70 %. Mais en bons cafards, ils anticipent cette dilution massive, et la perte de pouvoir qui en découle, en s’attribuant des actions avec des droits de vote particuliers. Leurs actions ont des droits de vote supérieurs aux actions des investisseurs. Par exemple, leurs actions peuvent donner 10 droits de vote vs. 1 droit par action des investisseurs.
Ces actions “augmentées” leur permettent de garder la majorité des droits de vote lors des assemblées générales. Ils gardent donc la main sur les choix stratégiques, puisqu'ils restent majoritaires dans les organes de décision.
Il existe aussi d’autres manières de lever des fonds sans se diluer. Par exemple en orientant le financement des investisseurs vers des filiales de l’entreprise. La filiale peut être contrôlée statutairement par la maison mère dont le capital social appartient entièrement aux fondateurs.
Il existe également des types de financement qui, bien encadrés comme les obligations, ou par définition comme les droits passifs, permettent aux entrepreneurs de pouvoir faire appel aux investisseurs, sans que ces derniers ne puissent prendre part aux décisions stratégiques qui pèsent sur la destinée de la startup.
Le bootstrapping et la stratégie du cafard, souvent confondus, recouvrent des notions différentes. Le bootstrapping est à ranger dans le rayon des méthodes quand la stratégie du cafard, plus proche d’une philosophie, peut utiliser le bootstrapping dans sa quête d’indépendance et de résilience des startups.
N’hésitez pas à le partager.

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