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Alexandre Prot et Steve Anavi, les cofondateurs de la banque en ligne pour les PME et les indépendants Qonto, peuvent se frotter les mains. La fintech a franchi les 10 Md€ de bilan et est bénéficiaire pour la troisième année consécutive. De quoi conforter leur fortune, estimée à 550 M€…
Criteo plonge à Wall Street avant son déménagement aux Etats-Unis, ramenant sa capitalisation sous le milliard de dollars. Les objectifs de l’adtech ont été revus à la baisse… et la fortune de son fondateur, Jean-Baptiste Rudelle, est passée de 300 à 220 millions d’euros.
Représentant de la branche française de la famille Balkany, Patrick Balkany, ancien maire de Levallois (Ici sur le port de Saint-Laurent, en Corse, il y a deux semaines) ne touchera rien du milliard et demi d’euros encaissé par ses cousins espagnols. En revanche, il vient d’être à nouveau condamné à trois ans de prison pour détournement de fonds publics.
Il y a des familles qui ont décidément le sens du timing. Prenez les Balkany. Cet été, la famille va réaliser une très belle opération immobilière en Espagne : huit centres commerciaux, 258 000 mètres carrés de galeries marchandes, et un prix de vente de 1,5 milliard d’euros. Oui, un milliard et demi. L’accord a été signé le 31 juillet dernier.
Les acheteurs? Norges Bank Investment Management, le gigantesque fonds souverain norvégien (qui prendra 92 % du portefeuille vendu) et le groupe portugais Sonae Sierra (qui prendra la reste). La transaction, explique le site CFNEWSIMMO, doit être finalisée d’ici la fin de l’année. Parmi les centres commerciaux vendus, il y a notamment La Vaguada, à Madrid, l’un des grands temples espagnols de la consommation, mais aussi Plaza Río 2, Plaza Norte 2, Gran Vía 2 à Barcelone ou encore Plaza Mar 2 à Alicante.
La famille Balkany vend huit centres commerciaux (258 000 m²) dont La Vaguada, grand centre commercial de Madrid. Unibail-Rodamco-Westfield en détient 50 %.
Tout cela appartient à la famille Balkany par l’intermédiaire de LSGIE, la holding de contrôle familiale. Et oui, pour répondre à la question que vous vous posez sans doute, ces Balkany sont apparentés au Patrick Balkany, connu pour avoir été pendant 40 ans, le maire de Levallois, dans les Hauts-de-Seine. Mais les Balkany d’Espagne sont une branche cousine. Cette branche a été fondée par le franco-hongrois Robert Zellinger de Balkany. Ce promoteur a fait fortune dans les centres commerciaux, et il était le cousin du père de Patrick Balkany, selon Patrick Balkany lui-même. Autrement dit : même nom, même origine familiale, mais pas le même portefeuille… ni le même parcours. Et c’est là que l’histoire devient délicieusement ironique car on a, d’un côté un portefeuille immobilier, et de l’autre, un portefeuille (ou plutôt un dossier) plutôt …judiciaire.
Robert Zellinger de Balkany, franco-hongrois proche du roi Juan Carlos (ici, un peu avant sa mort, en 2015) avait bâti un empire des centres commerciaux. Il en a détenu jusqu’à une quarantaine en France, Italie, Belgique et Espagne…
Et aujourd’hui, pendant qu’une branche des Balkany transforme huit centres commerciaux espagnols en un chèque de 1,5 milliard d’euros, l’autre branche, française, est abonnée aux tribunaux plutôt qu’aux conseils d’administration. Patrick Balkany, 77 ans, n’est évidemment pas bénéficiaire de cette vente. Et son actualité est d’une nature beaucoup moins réjouissante. En mai dernier, le tribunal correctionnel de Nanterre l’a condamné dans deux affaires distinctes de détournement de fonds publics : quinze mois de prison ferme dans l’une, trois ans dans l’autre, sans mandat de dépôt. Des amendes de 350 000 et 500 000 euros ont également été prononcées, ainsi que des interdictions. L’addition est salée, et Patrick Balkany n’est pas près de connaître le même genre de problème que ses cousins espagnols : savoir comment placer un milliard.
La morale, si tant est qu’il y en ait une, est peut-être celle-ci : dans une famille, on peut avoir le même nom, des ancêtres communs et des destins patrimoniaux radicalement différents. Chez les Balkany, il y a donc désormais une branche qui compte en milliards… Et une autre qui compte en années de prison.
✍️ Eric Tréguier
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