Mes quarante ans s’approchent sur la pointe des pieds, et j’ai récemment réalisé que ça signifiait que j’aurai bientôt passé autant de temps sous le toit de mes parents qu’en dehors. Je rêvais de partir tôt, quand j’étais adolescente, mais j’ai commencé mes études dans ma ville natale et il semblait absurde de jeter chaque mois de l’argent par les fenêtres simplement pour vivre à quelques kilomètres, si bien que je n’ai quitté le foyer familial qu’à vingt ans, un fait dont j’ai toujours confusément honte, mais qui permet au moins aujourd’hui de faire des comptes ronds.
Ces temps-ci, je pense à la façon dont la psychanalyse et la psychothérapie nous encouragent à examiner notre enfance, comme si elle était une boule de papier froissé que la parole pourrait déplier, pourrait lisser, et ainsi donner à voir la carte entière du pays mystérieux que nous sommes, chacun.

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