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Jo is anxious(ly) writing · May 31, 2025

La newsletter #8 : Ma productivité, my own enemy ?

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Jo is anxious(ly) writing · Jo is anxious(ly) writing

Circonlocution : n.f.

Manière d'exprimer sa pensée d'une façon indirecte.

Ex : quand vous faites des tweets/TikTok visés (nous sachons).

très niche ce meme, mais lee know 4ever
très niche ce meme, mais Lee Know 4ever
  • Été approchée pour participer à une anthologie SFFF

  • Envoyé le début des Fantômes de l’Isle à mon agent

  • Été au salon Romance Fever voir les copains, et vraiment, y en a, vous êtes des sucres

  • Subi des menaces et des injures en ligne (j’ai gardé mon calme et j’en ai parlé à un adulte)

    Je suis sympa, je cache leurs pseudos et je garde les meilleurs pour moi (à peu près 100 commentaires en une soirée)

Je pense que ça résume bien le truc 🤪

C’est au point mort (et c’est très dur). J’attends toujours des réponses d’éditeurs via mon agent (coeurs sur toi Micky, j’te fais confiance 🫶🏽). On ne va pas se mentir, c’est long, et de mon côté je continue de bosser sur mes autres projets, mais je suis un peu à bout ces dernières semaines.

Je n’y arrive juste plus. J’ouvre mon ordi et je le ferme, plus frustrée que cinq minutes plus tôt, quand j’ai cru qu’ouvrir mon fichier serait suffisant pour écrire. Non, ce n’est pas le syndrome de la page blanche, parce que je n’y crois pas à ce syndrome.

It’s only my opinion, mais selon moi le syndrome de la page blanche, c’est un terme fourre-tout qui dessert les auteur‧ices, parce qu’au final on met tout sur son dos, au lieu de se confronter à ce qui nous empêche d’écrire : la fatigue, l’esprit pris par les problèmes du quotidien, le burn-out, la dépression, le manque de temps, etc.

Le “syndrome de la page blanche”, c’est seulement un écran de fumée qui dissimule le véritable problème. Et c’est OK. On est humains, life is lifing, adulting c’est dur, c’est prise de tête, et quand on n’a pas le cerveau disponible, on se retrouve sans réussir à écrire, mais le problème n’est pas inhérent à l’écriture. C’est juste la conséquence de la vie (oui, la vie, ça pue du cul, la faute au capitalisme, i guess).

Concernant l’écriture, j’ai continué sur Marzia. J’en suis à peu près à la moitié, je pense. Du coup, comme prévu, mes premières estimations sont encore une fois à jeter à la poubelle. Je rappelle que j’avais dit que le roman ferait environ 400/500k sec et on en est actuellement ici et Marzia et Imran ne sont même pas encore vraiment potes 💀 :

Mais comme je suis prévoyante (et que je me connais, à force), j’avais prévu le coup (et prévenu mon agent) : “Pour ce qui est du nombre de pages, c’est flou, d’autant plus que mes estimations finissent toujours pas ne pas être bonnes.”

Comme je le disais plus haut, j’ai également écrit les 30 premières pages des Fantômes de l’Isle et il faudrait que je me mette sur les 30 premières pages de mon cosy fantasy, mais je crois que j’ai besoin d’un peu plus de repos et de recul.

Je suis coupable de ne pas savoir m’arrêter avant d’être à bout et de ne pas voir tout ce que j’ai accompli (comme maintenant, parce que je suis vraiment l’idiote du village à ne pas savoir quand arrêter, ou alors, c’est ma neuro-atypie, ou les deux), mais j’ai réalisé que ça faisait un an tout pile que j’avais mis le point final à Noah sous les étoiles.

“Je n’ai rien oublié d’elle. Ce serait comme oublier les meilleures années de ma vie.”

J’ai aussi tendance à me voir à travers le prisme de mes échecs plus que de mes réussites. J’ai toujours été très dure envers moi-même, dans tous les domaines. Par contre, je bosse ultra dur pour atteindre mes objectifs (on pourrait en fait un post LinkedIn de jeune entrepreneur ambitieux).

Toutefois, si je fais un récap, je réalise que j’ai beaucoup accompli en un an.

  • J’ai écrit Noah sous les étoiles en 2 mois (un bébé de 120k mots / 600k sec qui m’a sorti la tête de l’eau, plus que les gens ne peuvent s’imaginer)

  • J’ai aussi écrit Loving you is a losing game (le même gabarit que Noah)

  • Écrit la moitié de Marzia

  • Commencé Les fantômes de l’Isle

  • J’ai enchaîné des mois ultra chargés en tant que correctrice (avec le recul, je ne sais même pas comment j’ai pu autant écrire à côté)

Je parlais avec une copine, quand elle a soulevé un point qui, depuis, n’a de cesse de me trotter dans la tête. Un point que je n’avais jamais envisagé (et j’aurais peut-être dû) : le revers de la médaille quand on écrit beaucoup.

Let me explain : on me dit régulièrement que j’ai un rythme de production élevé (les années d’expérience, le fait de bosser de chez moi et d’être dans un milieu similaire, mon incapacité à lâcher, bref, les raisons sont multiples), à coup de “t’es une machine”, “j’aimerais écrire autant”, “comment tu fais”, etc.

Sauf qu’avant de parler à cette amie et de lui dire que j’étais en mental break-down à force d’attendre des réponses, qu’il y avait déjà trop de projets en soumission donc qu’il fallait en mettre de côté avant de les soumettre, je ne m’étais jamais dit que :

+ de romans = + de soumissions = + d’attente = Jo au bout du rouleau (il faut dire que les maths et moi, ça n’a jamais été ça).

Une tension entre le burn-out et moi vreuuuument 😗. Le pire, c’est que je suis entièrement responsable, la pression, je me la mets toute seule, comme une grande.

rare photo de moi, en train de me mettre la pression seule

Et c’est vrai que c’est quelque chose qu’on n’envisage pas. On est poussés (du moins, on pense l’être, idk) à la productivité, surtout avec les RS, où c’est parfois la course à qui va signer un contrat, qui va avancer dans sa carrière. Du moins, c’est comme ça que ça peut être perçu et interprété.

Personnellement, il y a, certes, de ça, mais il y a aussi un côté identitaire. Je ne sais pas qui je suis sans l’écriture. C’était pas ma passion - ça l’est toujours -, mais c’est aussi devenu un métier. De temps à autre, je remets en question my sanity, genre qu’est-ce qui m’a pris de me lancer dans cette voie, que je ne suis pas faite pour ça, que je n’ai pas les épaules ni le talent pour (l’artiste maudit, t’as vu, mais l’absinthe en moins, ici on ne boit plus d’alcool). Et à la fois, je suis incapable d’arrêter, même si ça me fait souffrir.

Je ne m’en suis jamais cachée, j’ai un besoin énorme de partage et de reconnaissance. Je ne pourrais plus écrire sans le but final d’être publiée. J’ai d’ailleurs un peu de mal avec les auteur‧ices édité‧es qui réfutent constamment ce besoin de considération. Forcément que si on décide d’être publié, c’est pour partager et pour avoir une certaine reconnaissance, sinon on garderait nos écrits pour nous.

Et c’est OK.

Le plus grand challenge dans ma vie quotidienne, c’est de garder espoir, de rester positive, de me dire qu’il y a des gens qui croient en moi quand pour moi ça devient difficile de continuer.

Le truc contradictoire, c’est que même en ayant conscience qu’il y a un revers de la médaille au fait d’écrire autant, je ne sais pas faire autrement (bon, sauf en ce moment, où de toute manière, mon cerveau a pris la décision pour moi). Mais les gens ne s’imaginent pas (je suis les gens 💀) la pression que représente l’attente de réponses. Même quand on sait (surtout quand on est soi-même de l’autre côté de la barrière), que les délais sont ce qu’ils sont parce que les éditeur‧ices sont sous l’eau et que rien de tout ça n’est pas personnel.

Ça en arrive à un point où l’écriture est bloquée. Chez moi, l’attente a toujours été synonyme de blocage. Je m’étais débarrassé de ce problème, mais apparemment il m’attendait à l’angle du couloir, comme Joe dans You.

Le pire dans tout ça ? C’est que j’ai commencé l’écriture de Marzia avec tellement de plaisir. J’aime mes personnages, et l’histoire qui prend vie, mais la vie, elle a décidé de me mettre un STOP en pleine face, pour me faire comprendre que “rien ne sert de courir”, “tout vient à point à qui sait attendre” (oui, j’ai mixé 2 proverbes, y a quoi ?).

Au final, on en revient toujours au même point : notre plus grand ennemi, c’est nous-mêmes.

Bref, si vous pensiez qu’avoir 10 projets sous le coude, c’était mieux, parce que vous auriez ainsi toujours une longueur d’avance, vous risquez de tomber des nues.

Le pire (bis) dans tout ça ? Je ne vais pas arrêter pour autant, pas tant que je n’aurai pas réussi (du coup, faites ce que je dis, pas ce que je fais ; préservez-vous 🥹).

Je me suis tâtée sur quel roman vous proposer ce mois-ci entre Noah sous les étoiles, Loving you is a losing game (je sais que vous l’aimez déjà celui-là aussi 🥹), Coeurs sous couverture, Marzia, Les fantômes, Yennayer… Trop de choix, et Dieu sait que je déteste choisir et prendre des décisions sans paniquer avant.

Du coup, j’ai laissé les gens sur Instagram voter pour l’extrait et du mois, et je vous mets à vous un sondage pour celui du mois prochain, puisqu’après tout, c’est aussi pour vous cette Newsletter.

Comme vous avez voté sur mon canal Instagram pour Coeurs sous couverture (qui est lui aussi en soumission, kill me), je vous laisse avec un extrait pris au hasard.

C’est une faute que j’entends depuis toujours et que je constate également de façon récurrente dans les manuscrits que je corrige.

La locution En premier s’emploie de manière adverbiale. Donc, elle est invariable.

On ne dit pas : “Elle est arrivée en première.”

Mais : “Elle est arrivée en premier.”

OU

“Elle est arrivée la première.”

Tout ça pour dire : s’il y a “en” devant, n’accordez pas

Merci d’avoir tout lu, la bise sur vos deux joues et remember :

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Read the original on jorileyblack.substack.com

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