Méditation sur la justice des hommes,
les racines de la délinquance et le destin des peuples
Ô France, Ô patrie auguste, fille aînée de l’Église et de la Raison, toi qui portas jadis la lumière des Droits de l’Homme à travers les batailles et les songes, te voici aujourd’hui courbée sous le poids d’une question aussi vieille que le monde et pourtant toujours nouvelle :
Pourquoi les prisons de la République retentissent-elles du même écho
Pourquoi, dans les geôles froides de la nation, une même catégorie d’hommes semble-t-elle porter, plus lourdement que les autres, les chaînes forgées par la loi des hommes ?
Je ne viendrai point m’acharner sur une catégorie sociale plus qu’une autre avec la fureur du tribun ni la mollesse du sophiste. Je parlerai comme un poète ou un philosophe parlerait devant les ruines de l’ancien monde, avec la gravité stoïque de celui qui interroge le destin, la précision du scalpel qui tranche la chair pour atteindre l’os, et la mélancolie hautaine qui contemple la grandeur humaine toujours menacée de chute.
Le Spectacle tragique des Prisons
Contemple, ô lecteur, ces chiffres impitoyables, ces tables de marbre où s’inscrivent les arrêts du réel. Dans les établissements pénitentiaires de France, les étrangers et les Français issus de l’immigration extra-européenne – principalement d’origine maghrébine et subsaharienne – occupent une place qui défie les proportions de la population. Alors qu’ils forment une fraction encore minoritaire de la jeunesse masculine, ils représentent souvent, dans les grandes agglomérations, entre 40 et 60% des détenus pour
vols avec violence,
trafic de stupéfiants
infractions de voie publique.
Ce n’est point là fantaisie statistique, ni complot ourdi dans l’ombre. C’est une réalité brute, attestée depuis des décennies par les rapports du ministère de la Justice, de l’INSEE et de chercheurs qui, au péril de leur quiétude, ont osé regarder le visage nu du siècle.
Les jeunes hommes de ces origines peuplent les cités où la misère matérielle se double d’une misère spirituelle plus profonde. Là, la rue devient école, tribunal et temple. Là se forgent des destins que la nation n’avait point prévus.
Pourtant, que nul ne s’abandonne à la caricature grossière. La très grande majorité de ces fils de migrants n’ont point franchi le seuil des prisons. Beaucoup travaillent avec dignité, élèvent leurs enfants dans le silence et servent, parfois, la patrie qui les a accueillis.
Mais une minorité active, visible, bruyante, celle qui a la faveur médiatique, suffit à empoisonner l’image collective et à faire naître dans le cœur des anciens Français ce ressentiment légitime de celui qui voit son pays se transformer sans son consentement.
Le Mythe trompeur du Biais judiciaire
Contre cette évidence, une explication commode, presque consolante, s’est imposée dans les salons et les tribunes : le racisme systémique de la police et de la justice. Les contrôles seraient discriminatoires, les juges impitoyables, les peines plus lourdes pour les « basanés ».
Certes, des biais existent. L’homme est imparfait, et le fonctionnaire porte en lui les préjugés de son temps et de sa classe. Des études sérieuses montrent qu’à situation égale, les jeunes Noirs et Maghrébins sont légèrement plus contrôlés dans l’espace public. La peur du désordre, la connaissance empirique des quartiers à haut risque conduisent à un profiling qui frôle parfois l’arbitraire.
Cependant, ce biais, réel mais secondaire, ne saurait expliquer l’ampleur du phénomène, car si l’on imaginait, par un prodige impossible, une justice entièrement purgée de tout préjugé, la sur-représentation demeurerait massive. Il existe même, par moments, un biais inverse :
la crainte des émeutes,
la pression médiatique,
le discours compassionnel
ont longtemps conduit certains magistrats à une indulgence coupable, semant l’impunité qui engendre la récidive.
Ainsi la justice, tantôt trop sévère par préjugé, tantôt trop faible par lâcheté, a failli à sa mission première.
Les Racines sociologiques profondes
Ô mystère des sociétés humaines ; Pourquoi cette fatalité apparente ? Les causes sont nombreuses, entrelacées comme les racines d’un grand chêne malade qui, malgré sa force passée, menace de s’abattre.
D’abord, la concentration territoriale et l’effet de quartier. La délinquance se nourrit de la ségrégation spatiale.
Dans les Zones Urbaines Sensibles,
pauvreté,
chômage chronique
faible mixité sociale
créent un milieu où les normes déviantes deviennent dominantes. La rue y tient lieu d’université brutale. L’enfant y apprend plus vite le code de l’honneur viril que celui de la loi républicaine.
Vient ensuite la désorganisation familiale, plaie profonde de notre temps. Le taux élevé de familles monoparentales, particulièrement chez les mères d’origine maghrébine ou africaine, prive une génération de garçons de la présence stable d’un père. L’autorité s’effondre. Le jeune homme, livré à lui-même, cherche des modèles dans la bande, dans le « grand frère », dans la rue qui ne pardonne pas la faiblesse.
Ajoutons
l’échec scolaire massif.
Faible maîtrise de la langue,
opposition culturelle à l’école perçue comme étrangère,
absentéisme chronique :
autant de portes qui se ferment devant l’avenir légitime.
Le décrochage pousse vers l’économie parallèle, plus immédiate, plus lucrative, plus valorisante aux yeux du groupe.
Puis surgit la culture de la rue, cette sous-culture virile et protestataire qui valorise :
l’argent rapide,
le respect arraché par la force
le mépris affiché de l’autorité légitime.
Anomie de Durkheim, innovation de Merton :
les aspirations consuméristes sont hautes,
les moyens légaux paraissent faibles ou dégradants,
la voie déviante s’impose comme solution rationnelle dans un univers perverti.
L’économie du narcotrafic couronne l’édifice. Le commerce du cannabis et de la cocaïne offre, dans les cités, des revenus qui défient l’imagination du salarié ordinaire. Il confère statut, pouvoir, protection. Il structure une économie souterraine parallèle à l’économie officielle, avec ses codes, ses hiérarchies et ses guerres.
Enfin, les choix politiques pèsent comme une malédiction consentie :
immigration massive peu sélective depuis les années 1970,
regroupement familial sans exigence d’assimilation,
promotion du communautarisme,
laxisme éducatif et pénal pendant des décennies. On a importé des hommes sans importer avec eux les conditions de leur intégration.
Vers la lucidité tragique
Ainsi, les chaînes qui alourdissent les prisons de France ne sont pas toutes forgées par l’injustice des juges. Certaines naissent des faiblesses des cultures transplantées, d’autres des erreurs accumulées des élites, d’autres encore des lois impitoyables de la nature humaine elle-même.
La France ne survivra
ni à l’angélisme menteur
ni à la haine aveugle.
Elle doit retrouver la sévère lucidité romaine :
punir sans faiblesse,
expulser sans hésitation l’étranger qui viole ses lois,
exiger de toute immigration nouvelle qu’elle soit choisie,
assimilable et assimilée.
L’État doit
restaurer l’école,
l’autorité familiale,
la fierté nationale
et le sens du mérite.
Car si l’État continue à nier les réalités que hurlent ses statistiques carcérales, il verra un jour, non plus des citoyens unis sous un même drapeau, mais deux peuples français ennemis vivant sur un même sol.
Ô lecteur, contemple ce spectacle avec le courage des anciens. L’homme n’est pas esclave absolu de son origine, mais il n’est pas non plus un pur esprit flottant au-dessus de l’histoire et de la culture.
La lucidité tragique est le premier pas vers la grandeur retrouvée.
Que la Providence, ou cette Raison éternelle que les sages ont toujours invoquée, donne à cette vieille nation la force de se regarder sans trembler dans le miroir que lui tendent ses prisons, et de se relever, enfin, avec dignité vers un avenir multicolore et national.
Nous vivons une époque formi…Diable !
Philippe A. Jandrok
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