RSS Amplifier

Le Buzzoscope · Jun 8, 2026

Ce que Linkedin m’a appris sur les gens

0
Sign in to vote or save

Le Buzzoscope · Le Buzzoscope

Hello, toi ! 👋

On est désormais 2750 par ici. 💓
C’est un peu notre p’tit club privé à nous, non ? (ça m’émeut un peu trop).

Si tu veux qu’on se retrouve ailleurs, tu peux aussi :

Bon, assez parlé. Place au sujet du jour 👇

  1. Le contenu qui touche dit : je t’ai vu.

  2. Tout le monde veut être vu, personne ne veut être jugé.

  3. La confiance vend plus que la compétence.

  4. L’authenticité, oui. Mais bien coiffée.

  5. Ce que ça change quand tu écris tes posts.

Aujourd’hui, je voulais parler de Linkedin…mais pas vraiment.

Parce qu’au fond, on croit que c’est une plateforme de contenus, de leads, d’opportunités et de gens qui annoncent leurs GRANDES NOUVELLES avec un niveau d’enthousiasme qui mériterait parfois un bilan sanguin.

Mais + j’y passe du temps, + je me dis que Linkedin est surtout un endroit assez fascinant pour observer les gens. Pas les utilisateurs. Les gens.

Avec leur besoin d’être reconnus. Leur peur d’être mal perçus. Leur envie de montrer qu’ils avancent. Leur gêne quand il faut se vendre. Leur manière de dire “je partage ça avec humilité” alors que, parfois, l’humilité est clairement partie chercher du pain.

Et je ne dis pas ça de haut.
Je suis dedans aussi.
ON est TOUS dedans. 🥵

C’est ça qui rend le truc intéressant.

Linkedin rend juste visibles nos contradictions et ce qu’on essaie souvent de cacher dans la vraie vie : notre rapport au regard des autres.

Et franchement, c’est un sacré spectacle.

Quand on vend son expertise, on a envie de prouver qu’on sait.

Alors on explique, on détaille, on démontre, on ajoute des exemples, parfois même des schémas mentaux parce qu’on aime bien se compliquer la vie quand elle était déjà suffisamment fatigante.

Sauf que les gens ne s’arrêtent pas seulement sur ce qui leur apprend quelque chose. Ils s’arrêtent quand ils se sentent compris.

Ils veulent tomber sur une phrase qui met enfin sur une tension interne qu’ils n’avaient pas encore réussi à formuler (une gêne, une frustration, un doute, une peur un peu ridicule, mais pas tant que ça).

C’est pour ça qu’un contenu qui dit “il faut optimiser votre profil Linkedin” peut être parfaitement juste, mais ne provoquer absolument rien. Alors qu’une phrase comme “votre profil donne peut-être l’impression que vous êtes moins expert que vous ne l’êtes vraiment” crée immédiatement une tension.

Là, ça crée une dissonance immédiate.

On parle plus d’optimisation, mais d’écart : entre ce que tu sais, ce que tu crois montrer, et ce que les autres perçoivent vraiment.

Et cet écart-là, sur Linkedin, ça pique toujours un peu l’ego.

C’est probablement ce que Linkedin m’a le + appris.

Les gens veulent être vus. Bien sûr qu’ils veulent être vus.

Ils veulent que leurs compétences soient reconnues, que leur travail circule, que leurs idées aient du poids, que des clients viennent à eux naturellement, que leur nom commence à évoquer quelque chose dans la tête des bonnes personnes.

Mais ils veulent être vus sans être exposés : et c’est là que tout devient compliqué.

Parce que la visibilité, ce n’est pas que “poster régulièrement”, c’est accepter que ton image ne t’appartienne plus totalement.

À partir du moment où tu publies, les autres interprètent. Ils lisent avec leur histoire, leur humeur, leurs complexes, leurs attentes, leurs biais, leur mauvaise foi aussi parfois, sinon ce serait trop simple.

Tu penses dire : “voilà ce que j’ai appris”, quelqu’un va entendre : “elle se la raconte”.

C’est ça qui bloque beaucoup de personnes : la peur de devenir un objet de perception.

D’être résumé, mal compris, comparé, jugé, vu par des anciens collègues, par la famille, par des gens qu’on n’a pas envie d’impressionner mais qu’on imagine quand même dans le public.

On dit souvent que Linkedin sert à vendre son expertise, je pense que c’est incomplet.

Les gens achètent une réduction d’incertitude. C’est moins sexy, dit comme ça, mais c’est beaucoup + réaliste.

Quand quelqu’un arrive sur ton profil ou lit tes contenus, il se demande :

  • “Est-ce que je peux lui faire confiance ?”

  • “Est-ce qu’il comprend vraiment mon problème ?”

  • “Est-ce qu’il est solide ?“

  • “Est-ce qu’il est pour moi ?”

Un client potentiel cherche une forme de sécurité, en plus de la prestation.

Donc, non, il ne faut pas prouver son niveau en montrant tout ce que tu sais. La confiance ne vient pas seulement de tout prouver, elle vient de la clarté.

Et parfois, être clair demande + de courage que d’être brillant. Parce qu’être clair, c’est choisir : accepter de ne pas tout dire, renoncer à prouver toute son intelligence pour mieux faire comprendre sa valeur.

C’est ça, c’est TRÈS DUR pour les gens compétents : ils veulent que tout soit juste, complet, nuancé. Résultat, leur message devient tellement précis qu’il perd toute puissance.

Ça aussi, Linkedin me fascine. Tout le monde parle d’authenticité : “Soyez vous-même”, “Montrez les coulisses”, “Partagez votre vérité.”

C’est magnifique.

Sauf que dans les faits, les gens ne veulent pas une authenticité totale. Ils veulent une authenticité bien cadrée. Celle qui inspire, mais ne déborde pas trop. Une vulnérabilité propre. Une faille racontée avec assez de recul pour rassurer tout le monde.

Sur Linkedin, il faut être humain, mais pas trop fragile. Ambitieux, mais pas arrogant. Expert, mais pas professoral. Drôle, mais pas ridicule. Personnel, mais pas intime. Vendeur, mais surtout sans avoir l’air de vendre.

Bref, il faut être soi-même, mais dans une version socialement optimisée de soi-même. Une petite merveille d’absurdité contemporaine.

Et pourtant, c’est important à comprendre.

Parce que ça explique pourquoi beaucoup de gens ont du mal à trouver leur ton. Ils essaient de paraître naturels dans un espace qui récompense la maîtrise de l’image. Ils veulent “être eux-mêmes”, mais ils sentent très bien qu’ils ne peuvent pas être eux-mêmes n’importe comment.

Le vrai sujet, c’est de choisir : quelle partie de soi montrer pour servir mon message, ma crédibilité et la relation que je veux créer, sans transformer Linkedin en journal intime.

L’authenticité brute n’est pas une stratégie de contenu…c’est parfois juste un manque de filtre avec une bonne intention. Ce qui fonctionne, c’est l’authenticité éditorialisée. Pas fake. Pas fabriquée. Mais choisie. 👀

Avant d’écrire, il y a une question à garder en tête : “Qu’est-ce que mon lecteur est en train de vivre, de vouloir, de craindre ou d’essayer de cacher ?”

Autrement dit : cherche la tension.

Le conflit intérieur derrière : le besoin de reconnaissance, la peur d’être mal perçu, l’envie d’être choisi, la frustration de ne pas être compris.

C’est ce que Seth Godin résume très bien quand il dit que les gens n’achètent pas des produits et services, mais des relations, des histoires et de la magie.

En contenu, c’est pareil.

Et ça, c’est beaucoup plus difficile à faire, parce qu’il faut observer, écouter les phrases que les gens répètent, lire ce qu’ils ne disent pas, repérer les contradictions, voir l’écart entre ce qu’ils prétendent vouloir et ce qu’ils font réellement.

C’est là que le marketing devient intéressant, pas quand on applique des recettes toutes faites, quand on comprend les humains.

Au fond, Linkedin c’est un miroir social, le vrai reflet de notre rapport au regard des autres. Tout le monde veut être vu, mais personne ne veut avoir l’air de quémander le regard. Tout le monde veut être choisi, mais personne ne veut trop montrer qu’il attend d’être validé.

C’est ça, le grand paradoxe : on publie pour exister dans l’esprit des autres, mais on veut garder l’illusion qu’on le fait avec détachement.

Linkedin rend visible une chose très humaine : notre valeur ne suffit pas si elle n’est pas perçue, et c’est probablement ce qui nous travaille le +. Le monde ne répond pas à ce qu’on est profondément, il répond à ce qu’il comprend de nous.

Alors écrire, c’est rendre sa valeur lisible :

  • Assez clairement pour être compris.

  • Assez justement pour ne pas se trahir.

  • Assez fort pour ne pas disparaître.

Si cette édition t’a fait réfléchir, sourire, tu peux me laisser un petit like. 💓
Ça m’aide beaucoup à faire grandir ce petit club.

Si tu aimes lire mes newsletters, tu peux m’aider à faire grandir le labo en la recommandant :

  • 5 abonnés invités → Kit 1000 hooks Linkedin offert

  • 10 abonnés invités → Audit express de ton profil Linkedin offert

  • 25 abonnés invités → Appel stratégique offert (1h avec moi)

À très vite,
Iryna

Read the original on irynadesmarchelier.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.