Cette semaine, un post a tourné dans la scène glisse urbaine. Christophe, gérant de Pro Rider 34 à Montpellier, quinze ans de shop, des générations de riders passées entre ses murs, des assos portées à bout de bras. Aujourd’hui, il lance une cagnotte pour survivre. Le local est déjà perdu. L’activité continue depuis un garage et les skateparks du coin.
Parce que le paradoxe est là : la pratique n’a jamais été aussi forte. Le skate est olympique. Le BMX freestyle est une machine à médailles françaises. La trottinette freestyle explose chez les 8-16 ans. Il y a plus de riders sur les parks que jamais.
Et pendant ce temps, le commerce qui porte cette pratique s’éteint, shop après shop.
Plus de pratiquants, moins de business. Comment c’est possible ?
Parce qu’on a confondu deux choses : vendre du matos et faire exister une scène.
Vendre du matos, le web le fait mieux. Catalogue infini, livraison 48h, prix cassés par la surproduction des marques qui écoulent leurs stocks à coup de démarques. Sur ce terrain, le shop local a perdu d’avance.
Mais faire exister une scène, aucune plateforme ne sait le faire. Le premier conseil au gamin qui débute. Le réglage qui évite la blessure. L’atelier. Le lien avec les assos. La détection des futurs champions. Le point de ralliement. Tout ça, c’est le shop qui le produit. Gratuitement. Pour toute la filière.
Les marques en profitent. Les fédérations en profitent. Les événements en profitent. Personne ne le finance, et quand le shop ferme, on ne perd pas un point de vente. On perd l’infrastructure sociale de la discipline.
Le plus intéressant dans l’histoire de Pro Rider 34, ce n’est pas la cagnotte. C’est le pivot. Chris ne cherche pas à rouvrir le même shop : il teste un modèle hybride, un pied semi-physique, un pied itinérant sur les parks et les événements. Moins de murs, plus de présence là où sont les riders. Le shop qui vient à la scène au lieu d’attendre qu’elle vienne à lui.
Peut-être que le core shop de demain ressemble à ça. Peut-être que sa vraie valeur n’a jamais été le stock, mais la communauté qualifiée qu’il fédère, celle que les marques et les collectivités paient très cher à reconstruire ailleurs.
La question reste ouverte : qui doit financer l’infrastructure d’une scène ? Les riders, à coup de cagnottes ? Les marques, qui en dépendent ? Les villes, qui en récoltent les bénéfices ?
En attendant que la filière se pose la question, la cagnotte de Chris est ici : https://www.leetchi.com/fr/c/pro-rider-34-en-danger-plus-de-local-risque-de-fermeture-9496384
Et si vous êtes gérant de shop, dites-moi ce qui tient encore debout dans votre modèle. Vos retours terrain m’intéressent.
Tony Trancard - Consultant en Stratégie et Innovation SportTech
InPulse [ActionSporTech] - Partager l’innovation, Inspirer l’action.

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