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ici&demain : Nous sommes le cabinet de conseil partenaire des directions RSE et des directions générales. Nos missions : anticiper et opérer les transformations environnementales et sociales pour maitriser les impacts et les risques, optimiser les coûts, engager le collectif, créer les opportunités stratégiques.
✨Ce qui nous a animé cette dernière quinzaine :
Cette quinzaine, nous avons notamment remporté de belles missions :
Celle sur les sujets de décarbonation d’un acteur énergétique dont vous parlions dans notre dernière newsletter
L’accompagnement de deux entreprises pour l’ensemble de leur démarche de durabilité : DMA, stratégie, feuilles de route opérationnelles.
Nous nous sommes aussi mobilisés sur les effets financiers : impacts financiers des risques et cout de l’inaction et rendement des leviers. Parce qu’on sait qu’il vous faut un business case pour chaque levier. Ce n’est pas nouveau. Mais c’est la première fois que cet impératif résonne aussi fort. Parce qu’en 2026, l’arbitrage budgétaire ne fait pas de cadeau.
Merci à vous, pour votre confiance. Nous sommes fières d’être à vos côtés. Et confiantes que le monde continue d’avancer grâce à vous.
☕ Petit-déjeuner entre pairs : « Piloter l’invisible »
Piloter une stratégie RSE, ce n’est pas qu’une affaire de KPIs. C’est aussi naviguer dans un système humain fait d’égos, de tensions, d’alliances et de résistances silencieuses. Le 26 mars, nous vous invitons à un petit-déjeuner en comité réduit de directrices et directeurs RSE pour explorer ces dynamiques invisibles et les transformer en leviers d’efficacité.
J’ai le plaisir de co-animer cet atelier aux côtés de Laure Brossard, coach de dirigeants, à partir de notre approche ÉGO-SYSTÈME®. Un moment pour prendre du recul, poser un diagnostic lucide sur son système et repartir avec des outils concrets. Cet atelier a été plébiscité par vos pairs — nous en ouvrons une nouvelle édition et serions ravies de vous y accueillir.
Vous recevez un vendredi sur deux les meilleures pratiques RSE pour réussir votre transformation. Quand vous êtes prêts à passer à l’action, notre équipe est là pour vous accompagner !
Une RSE qui ne parle pas argent disparait des comités d’investissements. Vous devez pouvoir dire : « la valeur actuelle nette (VAN) du projet est positive, le taux de rendement (TRI) est de 9,4% et dépasse le cout du capital (WACC) de 3,4 points. On y va ?» , et poser votre projet sans difficulté.
La double matérialité, c’est fait. Les risques financiers, vous les avez évalués. Les opportunités de marché, vous les avez identifiées et plus ou moins quantifiées. Mais quand il s’agit de financer la feuille de route, la RSE passe souvent après : après l’IA, après la croissance commerciale, après la réduction des coûts, après la croissance industrielle. Pas parce qu’elle est inutile. Mais parce qu’elle ne démontre pas son retour sur investissement.
Chez ici&demain, on a une conviction : tant que vous ne reliez pas vos enjeux ESG à la marge et au cash-flow, tant que vous ne présentez pas vos leviers et vos projets avec leur rentabilité, ils restent dans la case « nice to have ». Et disparaissent en période de tension.
Vous ne savez pas de quoi nous parlons ? Vous ne savez pas comment faire ? Restez avec nous : avec Cécile, Senior Manager en durabilité chez ici&demain et diplômée d’expertise comptable, nous vous partageons dans cette newsletter une méthode, un cas très concret — celui d’une usine agroalimentaire en Andalousie confrontée au risque eau — et des recommandations pour transformer vos projets ESG en véritables dossiers d’investissement. Prêts à compter ?
📖 Cécile & Pauline, pour ici&demain
Temps de lecture : 12 minutes. Vous n’avez pas le temps ? Scrollez jusqu’en bas pour un résumé en 1 minute.
Quand vous passez en Comex ou en comité d’investissement, vous “passez après”. Après le directeur commercial, par exemple, qui présente un projet de croissance : ROI à 18 mois, impact sur l’EBITDA. Puis c’est votre tour. Vous présentez le plan de transition climat. Vous parlez de tonnes de CO₂, de biodiversité, de devoir de vigilance. Le Comex comprend l’enjeu. Mais ne déclenche pas de budgets.
Le problème n’est pas votre sujet. C’est votre langage. Vous n’avez pas parlé des implications financières de vos sujets.
Un projet climat, ce n’est pas seulement éviter des émissions. C’est aussi anticiper le risque réglementaire (prix du carbone), sécuriser l’approvisionnement énergétique (avec un contrat d’achat d’énergie - PPA - sur 10 ans, par exemple), améliorer le coût de financement (avec un Sustainability-Linked Loan), valoriser le capital face à des actifs exposés à une énergie fossile instable.
Le message clé que nous portons auprès de nos clients est simple : la RSE n’a pas à s’effacer quand on parle finance. Elle doit peser. Et pour peser, elle doit compter.
C’est ce que dit si bien Evan Greenfield, directeur ESG de British Columbia Investment (BCI), qui gère 200 milliards de dollars canadiens d’actifs. Sa devise : « Show the money ». Chaque initiative ESG doit démontrer un ROI supérieur aux autres options d’investissement. Sinon, il ne la fait pas. Il a eu par exemple dans ses participations : un industriel confronté à des arrêts de production liés à des défaillances HSE (hygiène, sécurité, environnement). BCI a travaillé avec le management pour structurer la gouvernance, harmoniser le reporting, aligner les mécaniques d’incitations financières. Résultat : baisse des coûts et +159 millions CAD estimés en valeur d’entreprise.
👉 Et chez vous ?
Savez-vous traduire vos enjeux ESG en création de valeur mesurable ?
Vos projets RSE sont-ils présentés comme des dossiers d’investissement, avec VAN, TRI, scénarios de risques et impacts sur la marge ?
Passons de la théorie à la pratique. Nous avons récemment modélisé les effets financiers du risque eau pour une unité de production agroalimentaire en Andalousie. Le site représente 45 M€ de chiffre d’affaires (15 % du chiffre d’affaires du groupe), opère 320 jours par an et consomme 350 000 m³ d’eau. Il est situé en zone de stress hydrique élevé (WRI Aqueduct). La dépendance opérationnelle est critique : le site s’arrête en cas de coupure de plus de 24 heures.
Ce cas est intéressant pour trois raisons :
Il mesure les effets financiers des risques et des opportunités (ESRS E3-5)
Il calcule la rentabilité d’une solution d’adaptation : une station de recyclage de l’eau
Il donne le seuil de viabilité du site (test IAS 36 sur la dépréciation d’actif).
Ce qui se passe déjà sur le site (2025)
En 2025, les effets financiers liés à l’eau sont déjà tangibles. Le coût direct de l’eau atteint 1 M€ (consommation + surcoûts liés au stress hydrique estival). À cela s’ajoutent des pertes opérationnelles de 844 k€ de chiffre d’affaires (152 k€ de marge perdue) causées par 8 jours de restriction estivale et 2 jours de panne de pompage liée à la sécheresse.
Autrement dit : surcoût de l’eau (125 k€) et pertes opérationnelles (152 k€) le risque eau impacte déjà l’EBITDA (277 k€).
305 k€ d’Opex ont déjà engagés pour sécuriser les réserves tampons et lancer des études de faisabilité d’une station de recyclage.
Ce qui attend ce site (2026-2035)
Nous avons modélisé quatre scénarios, conformes aux exigences ESRS E3-5. En cumulé sur la période, les pertes de marge pondérée des probabilités sont :
SC1 – Hausse du prix de l’eau : 1,9 M€
SC2 – Restrictions opérationnelles (quotas stricts en période estivale) : 797 k€
SC3 – Événement extrême (sécheresse sévère, arrêt partiel 20 jours/an) : 905 k€
SC4 – Scénario combiné (stress test) : la sécheresse (SC3) déclenche les restrictions (SC2) ET accélère les hausses tarifaires (SC1). Impact cumulé sur 10 ans : entre 6,0 M€ et 9,8 M€ (valeur centrale : 7,5 M€).
Le business case : quand l’adaptation génère de la valeur
Face à ces risques, nous avons modélisé l’investissement dans la station de recyclage : 3,5 M€ de capex (2027-2028), réduction de 40 % de la consommation d’eau, autonomie de plus de 30 jours en cas de coupure.
Résultat :
Voici l’analyse de l’investissement selon les scénarios conservateurs 1, 2 et 3 :
Projet rentable (VAN + 873 k€ sur 15 ans)
Rendement supérieur à 3,4 points de pourcentage du coût de financement (TRI 9,4 %, WACC 6 %)
Économies d’achat d’eau : 3,6 M€ sur la période
Pertes de marge évitées : 1,1 M€
Rentabilisation dès 2032
Voilà le nouveau langage de vos feuilles de route.
Ne dites plus : « il faut réduire notre consommation d’eau pour la planète et pour limiter nos dépendances ».
Mais : « le projet est rentable dans les scénarios conservateurs 1, 2 et 3, son rendement est supérieur au coût de financement ».
Et vous pouvez ajouter : « en cas de scénario 4 le cout de l’inaction est de 7,5 M€ »
Puis vous ajoutez : « Et encore, en ne couvrant qu’une partie du risque eau total. Car nous avons exclu pour cette étude la chaîne d’approvisionnement amont. »
👉 Et chez vous ?
Avez-vous modélisé les effets financiers anticipés de vos risques ESG matériels?
Avez-vous construit un business case pour vos investissements d’adaptation ?
Pour ce site situé en zone à stress hydrique, nous sommes allées encore plus loin. Nous avons croisé l’analyse des effets financiers et l’analyse du ROI avec un test IAS 36 pour évaluer le risque d’actif échoué (stranded asset). Oui, on va parler IAS 36.
Alors, à quel moment le site devient-il déficitaire ?
Les résultats :
Le prix de l’eau seul ne menace pas la viabilité
Le seuil de jours d’arrêt est de 74 jours par an
La valeur d’usage reste très supérieure à la valeur comptable nette (55 M€ vs. 18 M€ en SC4)
Voilà qui rassure et incite aussi à investir dans cette station de recyclage.
👉 Et chez vous ?
Avez-vous testé la résilience de vos actifs ? Connaissez-vous le seuil de viabilité de vos sites les plus exposés ?
Nous entrons dans la deuxième génération de la RSE : celle qui ne se contente plus de démontrer son impact, mais sa valeur financière. Voici les quatre leviers que nous vous recommandons.
1/ Relier chaque enjeu ESG à un driver financier
Chaque enjeu matériel issu de votre analyse de double matérialité doit être connecté à un effet financier : impact sur le chiffre d’affaires, le coût des ventes, la marge opérationnelle, le CapEx. Le cas andalou le montre : le risque eau se traduit en marge perdue.
2/ Préparer vos projets comme des dossiers d’investissement
Un projet d’adaptation climat doit être présenté avec le même niveau de rigueur qu’un projet industriel ou commercial : CapEx, OpEx, VAN, TRI, scénarios de risque, période de rentabilisation.
3/ Construire des stress tests qui marquent les esprits
Pour l’usine andalouse, le scénario combiné SC4 est le plus puissant levier de conviction. Il révèle que les risques ne s’additionnent pas : ils se multiplient. Un facteur ×4,0 entre le scénario isolé le plus élevé et le scénario combiné, c’est décisif. Parce qu’il correspond à ce que le changement climatique produit réellement : des crises qui se cumulent, comme on l’a vu en Catalogne et en Andalousie en 2023-2024.
Voici l’essentiel à retenir de cette newsletter :
Show the money : tant que vos enjeux ESG ne sont pas reliés à la marge et au cash-flow, tant que vos projets ne s’expriment en rentabilité, ils sont perçus comme des centre de coûts et sont les premiers sacrifiés lors des arbitrages budgétaires.
Monétarisez vos scénarios : une usine agroalimentaire en Andalousie, exposée au risque eau, subit déjà 152 k€ de marge perdue en 2025. L’impact anticipé sur 10 ans atteint jusqu’à 7,5 M€.
Montrez la rentabilité des investissements : un investissement de 3,5 M€ dans une station de recyclage génère une rentabilité de 873 k€ sur 15 ans, supérieure de 3,4 points au cout du financement.
Anticipez la dépréciation de vos actifs : ici, le test IAS 36 appliqué à ce site démontre que les actifs ne sont pas encore en risque de dépréciation, mais identifie les points de bascule.
Vous souhaitez modéliser les effets financiers de vos risques ESG, construire un business case pour vos investissements d’adaptation ou monétariser votre feuille de route ? Nous sommes à votre disposition pour en parler !
Cécile et Pauline, et toute l’équipe ici&demain
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