En 2010, j’ai cofondé la bijouterie en ligne Ocarat, dans un secteur où personne ne croyait qu’on pouvait vendre des bagues à plusieurs milliers d’euros sur internet. Pourtant, avec mes associés, nous y avons cru. Nous avons même réussi à construire un leader indépendant. En 14 ans, j’ai beaucoup appris avec cette aventure. Notamment sur moi-même.
Par contre, ce que je n’avais pas vu venir, c’est à quel point tu finis par confondre le projet et toi-même. Ocarat n’était pas une boîte que je dirigeais, c’était devenu qui j’étais.
L’incarnation, tant que ça marche c’est un carburant. Quand ça se complique, c’est un piège. Tu défends des décisions que tu ne devrais pas défendre. Tu prends des coups personnellement qui ne le sont pas. Tu perds du temps à protéger une identité au lieu de faire avancer les choses. Et c’est là que je me suis perdu professionnellement.
Alors j’ai voulu du changement et j’ai démissionné. Oui, de ma propre boîte !
Et aujourd’hui, je suis salarié.
Mais j’ai aussi compris un truc : même si le titre change, l’obsession reste.
La mienne, c’est de construire et rendre mémorables des projets qui méritent d’exister.
Et ça, aucun organigramme ne pourra me l’enlever.
Pourquoi je vous raconte ca ?
Parce que quand j’ai annoncé rejoindre Ibou, les gens m’ont regardé avec cet air :
Tu passes de cofondateur à salarié ?
Comme si j’avais raté quelque chose. Comme si le but d’une vie pro, c’était une ligne droite vers le haut de la pyramide et que tout pas de côté était une erreur.
L’ego du founder est à la fois son plus grand moteur… et son plus grand angle mort.
Il veut posséder. Il veut le grand bureau. Il veut que son nom soit sur la porte.
Et parfois (souvent ?), ça l’empêche de rejoindre quelque chose qui compte vraiment juste parce que c’est pas “son” projet.
Ibou, c’est un moteur de recherche. Dans un monde où Google existe.
Ce genre de défi, tu ne le refuses pas parce que ton nom n’est pas dans la table de capi.
Tu le rejoins parce que tu reconnais un pari qui mérite d’être joué.
C’est exactement comme ça que je le vis.
Quand tu t’embarques dans quelque chose d’aussi grand, tu ne montes pas progressivement en compétence. Le projet n’attend pas. Les équipes non plus.
J’ai dû m’update rapidement.
Mon premier apprentissage, c’est que le sujet de la recherche en ligne se joue sur deux fronts en même temps.
La politique crée l’impulsion. Les décideurs publics ont envie d’une alternative souveraine, ils peuvent créer des opportunités et mettre de l’énergie derrière.
Mais l’impulsion ne suffit pas.
Si le produit n’est pas à la hauteur, il n’y a pas d’adoption. Et sans adoption, finalement tout le reste c’est du bla-bla.
Ces deux fronts ne se pilotent pas pareil, ne parlent pas le même langage et n’ont pas les mêmes critères de succès.
Apprendre à naviguer entre les deux, sans sacrifier l’un pour l’autre, c’est mon second apprentissage.
Rien de tout ça n’était dans la fiche de poste. C’est ce que le projet a exigé.
Après le pilote, le premier épisode.
Pas un thread LinkedIn déguisé et pas une success story bien emballée. Vous commencez me connaître :)
Juste le journal de bord d’un builder qui travaille pour les autres mais pense comme un fondateur ! Avec les situations réelles, mes doutes, mes découvertes et ce que j’en retire concrètement.
Dans l’épisode 1 : Ibou, ce que lancer un moteur de recherche t’apprend sur la façon dont les gens cherchent de l’information et pourquoi c’est plus philosophique que technique.
A très vite
Greg
PS : Il y a des termes que tu ne comprends pas dans cet épisode, n’hésite pas à lire mon lexique.
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