Quand t’as l’ambition de voir grand, tu vas être vue par un grand nombre.
Pis tu vas déranger un grand nombre.
Ça vient avec, pis faut s’y habituer. C’est exactement pour ça que le titre de ce livre-là m’a interpellée: “The Courage to be Disliked”, de Ichiro Kishimi et Fumitake Koga. (Il existe aussi en français sur Amazon FR.) J’en ai tiré 9 leçons, sur le trauma, sur la colère, pis sur la vie des autres qu’on passe à vivre à leur place.
Tu lis ça en touriste? Self-ish, c’est l’infolettre pour celles qui ont fini d’attendre la permission d’être leur version la plus bold à date. Ta margarita est déjà servie.
Quand j’ai lu ce livre là pour la première fois, ça faisait déjà 6 mois que je l’avais acheté. Il y avait un beau petit sticker dessus. “The International Bestseller, 3 million copies sold.” Est-ce que 3 millions de personnes peuvent vraiment se tromper?
Je l’ai mis dans ma bibliothèque. Pis je l’ai oublié.
Jusqu’à ce qu’un jour, en cherchant ma prochaine conquête de lecture, il m’appelle.
Je savais pas à quoi je m’attendais, mais je m’attendais pas à ça. Ça a profondément changé comment je vois les relations interpersonnelles depuis.
Si t’as envie de me dire “ah non, de la philo, c’est trop lourd pour moi”, je vais juste remettre les pendules à l’heure: ce livre est écrit comme un dialogue entre un philosophe et un jeune, the youth, qui est extrêmement incrédule. Le jeune passe le livre au complet à verbaliser TES propres objections avant que tu les formules dans ta tête. Tout est déconstruit.
Les concepts viennent de la psychologie adlérienne, donc de Adler, qui vivait à peu près au même moment que Freud, pour te donner une idée.
J’en ai tiré 9 leçons.
Ça peut avoir l’air intense de nier l’existence du trauma.
Selon Freud:
“a person’s psychic wounds cause his or her present unhappiness.”
Ce qu’on a vécu cause notre présent. Cause à effet.
Selon Adler:
“No experience is in itself a cause of our success or failure. We do not suffer from the shock of our experiences, but instead we make out of them whatever suits our purposes.”
Version courte: l’influence des moments difficiles est forte, on peut pas le nier. Mais c’est le sens qu’on donne à ces événements-là qui détermine notre présent pis notre futur.
Souvent, on cling to the past. Ça s’est passé, ça explique comment je suis, je peux pas changer. Une vision très fataliste.
Sauf que si tout le monde qui avait vécu un trauma spécifique était doomed de vivre le même futur, toutes ces personnes-là auraient une vie semblable.
Pour certaines personnes, le divorce de leurs parents va vouloir dire “je n’aurai jamais de succès dans mes relations”. Pour d’autres, le même divorce va vouloir dire “j’ai pas envie de vivre ça, je vais apprendre de leurs erreurs”.
C’est le sens qu’on donne à ces traumas qui crée le futur. Le passé, lui, n’existe plus. Chaque moment est défini dans le présent.
Read that again. C’est délicieux.
Dans le livre, le jeune raconte qu’il s’est fâché contre quelqu’un et qu’il a snappé. Il dit au philosophe que la colère, c’est pas contrôlable, que c’est soudain, que ça nous possède.
Le philosophe répond avec une histoire qui m’a marquée, parce que je l’ai vécue personnellement dans les deux rôles.
Une mère est en colère contre son enfant qui vient de casser un pot de fleurs. Elle crie après l’enfant, rouge de colère. Le téléphone sonne. Est-ce qu’elle décroche en criant? Non. “Oui bonjour, c’est pour qui? Ok, bonne fin de journée.” Elle raccroche, se retourne, pis elle reprend exactement où elle était, dans sa colère.
C’est quelque chose que j’ai déjà vécu aussi. Je me pogne avec mon chum, on s’en va à une soirée où on est invités, pis pouf… Tout va bien. Je joue le rôle de la personne de bonne humeur (souvent pas un rôle, mais ma colère est sur pause quand même).
On n’est pas contrôlées par nos émotions, peu importe leur intensité sur le moment. On est capables de les switcher on et off au besoin.
Et la colère, quand on l’utilise, c’est souvent pour dire à l’autre “t’es inférieur à moi en ce moment, je vais te le montrer”, au lieu de communiquer d’égal à égal.
On se plaint souvent des affaires difficiles dans nos vies. “J’ai tellement de la misère à perdre du poids.” “Je suis pas bonne avec la tech.” Gna gna gna.
Mais ces difficultés-là, c’est nous qui les choisissons.
Quand on vit pas la vie qu’on veut, c’est parce que c’est plus confortable de vivre dans le monde des possibilités.
J’aimerais être millionnaire.
J’aimerais être mince.
J’aimerais être bonne avec la tech.
Ça coûte moins cher de se plaindre que d’avoir le courage de faire face aux défis qui viennent avec ce qu’on veut.
Quand tu dis “je suis tellement pas bonne avec les finances”, comment ça te bénéficie? Il y a quelqu’un qui va venir t’aider, qui va le faire à ta place, au lieu de faire l’action difficile de te former à faire quelque chose de difficile.
On se donne aussi souvent comme excuse une infériorité, une incapacité de changer, pour justifier une peur du succès (aka la fameuse weaponized incompetence qu’on aime attribuer à beaucoup d’hommes).
“If what you’re thinking is I’m not well educated so I can’t succeed, then instead of I can’t succeed, you should think I don’t want to succeed. It’s scary to take even one step forward, you don’t want to make realistic efforts.”
Je trouve ça empowering. Ça te redonne du pouvoir d’affirmer les choses comme elles sont. “Je ne VEUX pas avoir du succès, parce que j’ai peur des responsabilités que ça amène”, c’est plus honnête que de blâmer la vie pour ce qu’elle est.
Chez moi, il y a une version de ça qui est complètement consciente: je n’aime pas jouer à des jeux compétitifs. Cartes, échecs, n’importe quoi où on est un contre l’autre. J’aime les jeux co-op, où on essaie de faire quelque chose en gang.
Donc à chaque fois qu’on est dans une soirée pis que quelqu’un sort un jeu compétitif, c’est vraiment à mon avantage de pas savoir jouer. Mon incapacité force les gens à trouver un autre joueur. C’est à mon avantage de refuser d’apprendre.
Moi, je préfère être la personne qui amène les chips.
Louder for the people in the back.
Vivre selon ce que les autres pensent et veulent de nous, ça mène à mettre de côté qui on est vraiment.
Quand la reconnaissance devient le but, on choisit une vie alignée avec les valeurs des autres. Pas les nôtres.
Et si on choisit de pas vivre pour satisfaire les attentes des autres, on doit pas s’attendre à ce que les autres vivent pour satisfaire les nôtres.
La reconnaissance en soi, c’est pas une source de bonheur si on l’a obtenue en se mettant de côté. C’est souffrant quotidiennement, de se refuser.
Quand on cherche de la reconnaissance, on laisse le choix de qui on est aux autres. Parce que c’est plus facile que de faire ses propres choix pis de, oui, se tromper parfois.
Le plus tordu, c’est que les gens obsédés par le désir de reconnaissance ont L’AIR tournés vers les autres, mais ils ne regardent qu’eux-mêmes. Tout est “qu’est-ce que les autres peuvent m’apporter à moi”, jamais “qu’est-ce que je peux apporter”.
À chaque fois que tu cherches l’approbation de ton audience, de tes collègues, tu cherches à vivre selon leurs valeurs pis tu mets les tiennes de côté.
Si tu te rends jusqu’ici, on a déjà fait un bout de chemin ensemble. Self-ish, c’est ce genre de courriel chaque mardi matin, gratis. Inscris-toi si tu veux la suite.
Chercher la reconnaissance des autres, ça implique qu’on vit dans un système de relations verticales. Certaines personnes ont plus de valeur, d’autres moins.
Dans une relation horizontale, on est tous égaux, mais différents.
Quand on intervient dans la vie des autres, c’est qu’on vit du vertical. On voit l’autre comme inférieur pis on se convainc qu’on a raison. On fait ça souvent avec les enfants, mais c’est terrible quand on continue avec des adultes.
Et le praise, c’est la même chose. (J’ai essayé de traduire le mot, j’y arrive pas. Couvrir de louanges?)
Dire “hey, good job“ à quelqu’un, c’est passer un jugement. Positif, granted, mais un jugement sur quelqu’un qu’on juge avoir moins de capacité que nous. Un enfant. Un client.
Le jugement implique une supériorité. Parce que tu dirais pas good job à ton partenaire pour avoir ramassé la table. Tu vas lui dire merci, parce que tu le vois comme un égal.
Tu vas pas le voir ramasser les assiettes et faire “good job, Nick”. Oh my God, c’est tellement paternaliste. C’est dégueu.
La solution au praising, c’est la gratitude. Se faire dire merci, ça donne le sentiment d’avoir amené quelque chose.
Selon Adler, pratiquement tous les problèmes sont des conflits interpersonnels. Et ces conflits-là viennent en général de quelqu’un qui intervient dans les tâches et responsabilités de vie de quelqu’un d’autre.
Pour déterminer à qui appartient la tâche de faire l’effort, une seule question: qui va recevoir le résultat créé par le choix?
Quand tu accompagnes un client, peu importe à quel point tu lui souhaites du bien, c’est à cette personne-là que revient la tâche de changer. C’est elle qui va obtenir les résultats, positifs ou négatifs.
Tu peux offrir de l’aide, dire que t’es là, mais c’est à la personne de prendre action, pas à toi.
Ta tâche à toi, c’est juste de croire en elle.
Ça veut pas dire que c’est facile de s’arrêter. On veut le meilleur pour les autres. Mais on peut pas leur imposer nos valeurs pis notre vie.
Là tu penses peut-être: je veux pas faire confiance sans condition, les gens vont prendre avantage de moi.
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on n’est pas la personne qui décide si oui ou non l’autre va prendre avantage. Ça, c’est sa tâche (voir point 6) à elle.
La confiance inconditionnelle sert à entretenir les relations avec les personnes qui nous importent, celles en qui on veut investir du temps. Si t’as pas le désir d’entretenir une relation, c’est ta tâche à TOI de la couper.
Dans le livre, il dit “severe it”. J’entendais les gros ciseaux, genre chouing. Délicieux.
Et quand on doute de quelqu’un, tout ce qu’on regarde devient une preuve de nos doutes.
“Unless one is unconcerned by other people’s judgments, has no fear of being disliked by other people and pays the cost that one might never be recognized, one will never be able to follow through in one’s own way of living.”
La vraie freedom dans la vie, c’est de se contre-crisser de l’opinion des autres.
Il y a des gens qui peuvent ne pas t’aimer, mais c’est pas ta tâche de régler leur opinion. Vouloir que les autres t’aiment, c’est essayer d’intervenir dans leur tâche à eux.
Le courage d’être heureuse, ça inclut le courage de ne pas être aimée.
Et il y a pas de liberté dans un sentiment de contribution gagné à travers la reconnaissance des autres, parce que vouloir être reconnue, c’est déjà juger que les autres ont plus de valeur que toi.
L’affirmation, c’est se faire des suggestions. “Je peux le faire, je suis forte, j’attire tous les regards.” Même quand c’est au-delà de nos habiletés (ou croyance) actuelles.
L’acceptation, au contraire, c’est aussi accepter quand on est incapable de faire quelque chose. C’est accepter, parfois, sa normalité.
T’as un score de 60%. Si tu te dis “I just happened to get unlucky this time”, mon vrai score est de 100%, c’est de l’affirmation.
Si tu te dis “Ok, j’ai eu 60%, comment je me rapproche du 100%”, c’est de l’acceptation.
Parce que la réalité, c’est qu’il y a personne qui est une personne 100%.
L’acceptation de soi, c’est focuser sur ce que tu peux changer pis laisser aller le reste. Et c’est tout. Parce que c’est les seules choses que tu peux changer. Le reste, c’est pas tes tâches.
Être disliked, c’est avoir le courage d’être debout devant les gens pis de dire:
“Voici qui je suis. Ma tâche à moi, c’est d’être moi pis de viser ce bonheur-là. Votre tâche à vous, c’est de décider si vous voulez ça dans votre vie ou pas. T’es pas obligée de m’aimer. Je m’accepte comme je suis.”
Au lieu d’être dans une dynamique continuelle d’essayer d’être supérieure en prouvant que t’es meilleure, tu dis: voici comment je suis, vous êtes tous mes égaux, qu’est-ce que je peux vous amener?
Pis quand tu sens que t’as de la valeur, t’as plus confiance en toi. C’est un cercle, pis il tourne dans le bon sens.
À bientôt beauté!
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PS. Petite note de transparence: certains liens dans ce courriel sont des liens affiliés. Si tu passes par eux, je touche une petite commission, sans que ça te coûte une cenne de plus.
Mes systèmes de business of one
Je bâtis tout ça toute seule, avec des systèmes que j’ai bâtis pour pas avoir besoin d’une équipe. En voilà un:
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Si t’as envie de faire des collabs podcast sans improviser chaque échange: le PodCollab Kit couvre les 3 scénarios (recruter des ambassadrices au lancement de ton podcast, te faire inviter chez les autres, recevoir quelqu’un chez toi), avec les timelines jour par jour, les scripts de chaque message, pis les templates Airtable pour suivre tes pitchs.

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