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LA FRAISE ™ · Jul 13, 2026

Ion Țiriac 🎾 - LES EMPIRES DU SPORT 🤑 - épisode #03

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Hello je m’appelle Hugo Bentz, CEO du Startup Studio La Chapelle et de l’agence LA FRAISE ™ 🍓 (N°1 en France - Influence BtoB)

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Il y a des sportifs dont la richesse s’explique en une phrase.

Michael Jordan a eu Nike.

LeBron James a eu la NBA moderne, Nike, SpringHill, Blaze Pizza et une compréhension assez fine de l’equity.

Magic Johnson a eu les Lakers, puis Starbucks, les Dodgers, EquiTrust et plusieurs décennies à transformer son image en participations.

Ion Țiriac, lui, est plus difficile à ranger.

Il n’a jamais été le meilleur joueur de tennis du monde. Il n’a jamais gagné Wimbledon en simple. Il n’a jamais vendu des millions de paires de chaussures avec son nom dessus. Dans beaucoup de pays, même des fans de sport seraient incapables de reconnaître son visage.

C’est ce décalage qui rend son histoire fascinante.

Parce que le cas Țiriac oblige à regarder le sport autrement. Pas comme un simple terrain de performance, mais comme une école très concrète du business : apprendre à voyager, négocier, lire les rapports de force, sentir la valeur d’un actif, repérer les talents, entrer dans les bonnes pièces et ne jamais confondre célébrité et propriété.

À cette époque, personne ne peut imaginer qu’un enfant roumain né avant la Seconde Guerre mondiale finira dans la liste Forbes des milliardaires. La Roumanie va devenir un pays communiste, fermé, contrôlé, où l’économie privée n’a presque aucune place.

Țiriac grandit dans ce décor-là.

Avant le tennis, il y a le hockey sur glace.

Ce détail est important, parce qu’il dit déjà quelque chose du personnage. Țiriac n’arrive pas dans le sport par l’élégance d’un revers à une main ou par les codes feutrés des clubs de tennis. Il vient d’un sport de contact, froid, dur, physique. En 1964, il représente même la Roumanie aux Jeux olympiques d’hiver d’Innsbruck avec l’équipe nationale de hockey.

Puis il passe au tennis.

Sur le court, Ion Țiriac n’a pas la grâce d’un joueur destiné aux posters. Il n’a pas la folie sympathique d’Ilie Năstase, son compatriote. Il n’a pas le charisme propre des idoles qui font lever les foules dès l’échauffement.

Lui impose autre chose

Une présence lourde. Une moustache sévère. Un regard de douanier. Une manière de jouer qui semble parfois plus proche de l’usure que de l’inspiration.

Le Hall of Fame du tennis le décrit comme un personnage à part, surnommé “Count Dracula” en raison de ses origines transylvaniennes et de son allure immédiatement reconnaissable. Cette image lui colle à la peau : l’homme n’a pas l’air d’être là pour plaire. Il a l’air d’être là pour gagner quelque chose, même quand personne ne sait exactement quoi.

En 1970, il remporte Roland-Garros en double avec Ilie Năstase. Avec la Roumanie, il dispute trois finales de Coupe Davis contre les États-Unis. Il joue pendant des années sur le circuit, accumule les matchs, apprend les coulisses.

Mais les chiffres racontent vite la limite de sa carrière sportive.

Ion Țiriac ne devient pas riche grâce aux prize money. Le tennis de son époque ne ressemble pas à celui d’aujourd’hui. Les dotations sont plus faibles, les contrats personnels beaucoup moins développés, la mondialisation du sport encore incomplète.

Le vrai bénéfice de sa carrière est ailleurs.

Le tennis lui donne accès au monde.

Pour un sportif roumain sous régime communiste, voyager est déjà un privilège. Țiriac voit l’Europe de l’Ouest. Il voit les États-Unis. Il voit les hôtels, les sponsors, les marques, les banques, les tournois bien organisés, les agents, les propriétaires, les deals qui se discutent à table plus qu’au vestiaire.

Autour du court, il y a une économie.

Et cette économie est souvent plus intéressante que le match lui-même.

Après sa carrière de joueur, il ne quitte donc pas le tennis. Il change de place.

Il devient coach, agent, manager, organisateur, conseiller. Ce genre de rôle est moins visible qu’une victoire en finale, mais il donne accès à quelque chose de précieux : les coulisses de la valeur.

Țiriac accompagne plusieurs grands noms : Ilie Năstase, Guillermo Vilas, Henri Leconte, Mary Joe Fernández, Goran Ivanišević, Marat Safin. Mais le dossier qui le fait vraiment entrer dans une autre dimension s’appelle Boris Becker.

En 1985, Becker a 17 ans. Il arrive à Wimbledon avec un visage d’adolescent, un service violent et une audace qui ne ressemble pas à son âge. Il gagne le tournoi. Il devient le plus jeune vainqueur masculin de l’histoire de Wimbledon.

Derrière le phénomène, il y a Țiriac.

Il ne se contente pas d’accompagner un champion. Il comprend que Becker est une marque avant même que le mot soit utilisé partout dans le sport. Il faut le protéger, le vendre, le placer, le structurer. Gérer un jeune prodige, ce n’est pas seulement organiser ses entraînements. C’est construire une carrière, sélectionner les bons contrats, tenir les parasites à distance, transformer un résultat sportif en trajectoire commerciale.

Le Hall of Fame rappelle que Becker gagne cinq titres du Grand Chelem sous sa tutelle.

C’est une étape décisive.

À ce moment-là, Țiriac n’est plus l’ancien joueur un peu rugueux dont on se souvient en double. Il devient l’homme derrière les champions. Celui qui comprend la valeur d’un talent avant que le marché ne l’ait totalement intégrée.

En 1989, le communisme tombe en Roumanie.

Pour beaucoup, le pays est un chaos administratif et économique. Les règles changent. Les institutions doivent être reconstruites. Les entreprises privées émergent dans un paysage où presque tout manque : banques, assurances, crédit, immobilier moderne, distribution, services.

Ion Țiriac regarde ce moment avec des yeux d’entrepreneur.

Il a voyagé. Il a vu les marchés occidentaux. Il sait à quoi ressemble une banque privée. Il sait comment fonctionne un sponsor. Il sait ce que vaut une licence. Il a appris à négocier avec des joueurs, des marques, des organisateurs, des fédérations.

Surtout, il comprend que la Roumanie post-communiste n’a pas seulement besoin d’idées. Elle a besoin d’infrastructures économiques.

En 1990, il fonde Banca Țiriac, souvent présentée comme la première banque privée de la Roumanie après la chute du communisme.

Cette décision change tout.

Un ancien joueur de tennis ne se contente plus de gérer des athlètes. Il entre dans la finance, au moment précis où un pays entier doit apprendre à utiliser le crédit, l’épargne, l’assurance et les services privés.

C’est difficile d’imaginer un meilleur timing.

La banque devient plus tard UniCredit Țiriac Bank. En 2015, Țiriac vend sa participation à UniCredit. Entre-temps, il a utilisé cette première brique pour construire beaucoup plus large.

Le Țiriac Group se développe dans l’automobile, l’assurance, le leasing, l’immobilier, l’aviation privée, l’énergie, les services de sécurité, les médias. Le groupe distribue des voitures, développe des projets immobiliers, exploite des services financiers, construit une présence dans des secteurs très concrets de l’économie roumaine.

Quand on pense aux sportifs milliardaires, on pense souvent à des baskets, des campagnes publicitaires, des documentaires Netflix, des contrats de sponsoring, des stades remplis.

Țiriac, lui, devient riche avec des banques, de l’assurance, des concessions automobiles, des immeubles, des licences, des participations.

Des choses beaucoup moins sexy qu’un passing-shot en finale.

Mais beaucoup plus puissantes sur trente ans.

En 2007, il devient le premier Roumain à entrer dans la liste Forbes des milliardaires. L’image est forte : un ancien joueur de tennis et de hockey, né dans la Roumanie d’avant-guerre, passé par le sport communiste, les circuits internationaux et le management de champions, devient l’un des symboles du capitalisme roumain post-1989.

Ce n’est pas juste une réussite personnelle.

C’est aussi le portrait d’un homme qui a compris un basculement de régime plus vite que beaucoup d’autres.

La plupart des sportifs construisent leur fortune dans la continuité de leur carrière.

Țiriac construit la sienne dans une rupture historique.

Et quand il revient au tennis comme propriétaire, il ne revient pas par nostalgie.

En 2009, il prend le contrôle du Madrid Open.

Le tournoi existe déjà, mais Țiriac veut en faire un événement plus grand. Sous son impulsion, Madrid devient un tournoi combiné, hommes et femmes, installé à la Caja Mágica. Le tournoi gagne en visibilité, en ambition, en poids dans le calendrier.

Il y a aussi l’épisode de la terre battue bleue.

En 2012, Madrid abandonne temporairement l’ocre traditionnel pour une surface bleue. L’idée est simple : rendre la balle plus visible à la télévision, moderniser le spectacle, différencier le tournoi.

Sur le papier, c’est du pur Țiriac.

Prendre un actif traditionnel, toucher à ses codes, provoquer, tester, essayer de créer une singularité commerciale.

Sur le court, les joueurs détestent.

Rafael Nadal et Novak Djokovic se plaignent de la surface. Les critiques s’accumulent. L’expérience s’arrête rapidement. Madrid revient à la terre battue rouge.

On pourrait lire cet épisode comme un échec.

En réalité, il raconte surtout la méthode Țiriac : il préfère parfois se tromper en propriétaire que rester immobile en gestionnaire.

Ce trait est important.

Il ne traite pas le sport comme un musée. Il le traite comme un actif vivant. Un actif que l’on peut repositionner, moderniser, vendre plus cher, quitte à agacer les puristes.

Et c’est exactement ce qui se passe.

En décembre 2021, IMG annonce un accord pour acquérir le Mutua Madrid Open auprès de Super Slam Ltd et de ses affiliés. En avril 2022, IMG annonce avoir finalisé l’achat du tournoi.

Les montants officiels ne sont pas rendus publics dans les communiqués. Plusieurs médias évoquent une transaction à plusieurs centaines de millions d’euros. Le chiffre exact importe moins que la logique : Țiriac a pris un tournoi, l’a développé, l’a rendu plus précieux, puis l’a cédé à un acteur mondial du sport et de l’événementiel.

Repérer un actif. Entrer tôt ou au bon moment. Structurer.

Faire grandir.

Revendre ou conserver selon le cycle.

Cette mécanique est beaucoup plus froide qu’un conte de fées sportif. Elle explique pourtant mieux sa fortune que n’importe quelle anecdote.

Țiriac n’a pas cherché à devenir une icône.

Il a cherché à devenir propriétaire.

C’est là que son histoire tranche avec celle de nombreux athlètes.

Le sportif classique gagne grâce à sa performance. Il vend son temps, son corps, son image, parfois sa signature. Tant qu’il joue, la machine tourne. Quand il s’arrête, il doit convertir la célébrité en autre chose.

Țiriac n’a jamais eu une célébrité planétaire comparable à celle des géants modernes. Il n’avait donc pas le luxe de monétiser un mythe mondial.

Il a construit autrement.

Il a transformé son réseau en opportunités. Son expérience de joueur en expertise. Son rôle de manager en accès aux deals. Sa connaissance de l’Ouest en avantage compétitif dans une Roumanie qui rouvrait ses portes.

Il a aussi compris une chose simple, que beaucoup découvrent trop tard : dans le sport comme dans le business, les revenus visibles ne sont pas toujours les plus intéressants.

Le salaire se voit.

Le contrat se commente.

Le sponsoring fait une belle photo.

La propriété, elle, travaille en silence.

Une banque ne fait pas rêver un enfant de 12 ans devant Roland-Garros. Une compagnie d’assurance ne finit pas en poster dans une chambre. Un portefeuille immobilier ne provoque pas une standing ovation.

Mais ce sont souvent ces actifs-là qui fabriquent les fortunes les plus solides.

C’est ce qui rend le cas Țiriac presque dérangeant.

Il rappelle que le sport ne récompense pas seulement les plus grands champions. Il récompense parfois ceux qui comprennent mieux que les autres où circule vraiment l’argent.

Ion Țiriac a gagné Roland-Garros en double.

Il a joué aux Jeux olympiques d’hiver en hockey.

Il a conduit Boris Becker vers le sommet.

Il a créé une banque dans une Roumanie qui découvrait l’économie privée.

Il a bâti un groupe dans l’automobile, l’immobilier, l’assurance et les services financiers.

Il a possédé un tournoi Masters 1000.

Il l’a revendu à un géant mondial.

Et il a fini avec une fortune estimée à plusieurs milliards de dollars.

Ce parcours n’est pas celui d’un champion qui devient riche grâce à sa gloire.

C’est celui d’un homme qui a utilisé le sport comme une formation accélérée au capitalisme.

Il a appris à repérer les talents avant les autres.

Il a appris à négocier avec des gens plus puissants que lui.

Il a appris à voyager entre les systèmes.

Il a appris à lire les moments où un marché s’ouvre.

Puis il a appliqué ces compétences ailleurs, sur des terrains beaucoup plus rentables qu’un court de tennis.

La leçon est assez brutale.

Être très bon dans le sport peut te rendre célèbre.

Comprendre l’économie autour du sport peut te rendre riche.

Posséder les actifs qui entourent le sport peut te rendre milliardaire.

Ion Țiriac n’a jamais été la plus grande star de son époque.

Mais il a compris une chose que beaucoup de stars n’ont comprise que bien plus tard : le match le plus important ne se joue pas toujours sur le terrain.

Il se joue parfois après.

Dans la salle où l’on signe.

À la semaine prochaine pour l’épisode 4 sur Lebron James 👀

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