Bienvenue dans le carnet de bord d'une Française au Royaume-Uni depuis 15 ans. Votre dose de conseils, humour et réconfort - chaque samedi.
C’est la saison des installations de nouveaux expats. Mais qui dit arrivées, dit aussi départs.
Une de mes amies ici – elle aussi française, elle aussi mariée à un Anglais, elle aussi jeune maman – vient de rentrer vivre en France après huit années passées à Bristol.
Après 15 ans ici, je croyais m’être faite aux départs des autres. En fait, pas tant que ça. C’est toujours une grande tristesse quand les gens à qui on s’est attachés s'éloignent géographiquement.
Le contrecoup cette fois-ci est probablement aussi dû au fait que, incroyablement, ça ne m’était plus arrivé depuis 2019. À Londres, on « fêtait » des départs chaque année. À Bristol, ceux que j’ai rencontrés sont le plus souvent ici depuis de nombreuses années et peuvent être considérés comme immigrés, plus qu’expatriés.
Il faut ajouter à ça que la dernière fois que quelqu’un déménageait, celle qui partait, c’était moi.
Il y a exactement six ans, j’étais dans les préparatifs, les cartons et les aurevoirs pour déplacer notre vie de Londres à Bristol. Une transition géographique, professionnelle et personnelle puisque nous nous apprêtions également à devenir parents. On avait la tête dans le guidon et pas le temps de s’arrêter faire le deuil de dix ans dans la capitale. Ça nous a très sûrement aidés à aller de l’avant sans se retourner.
Les départs d’amis expats se comptent au-delà des doigts de deux mains : dans ma vingtaine, il y a eu le retour au bercail de ceux venus en Angleterre quelques années pour améliorer leur anglais; en début de trentaine, ceux préparant leur retour dans l’Hexagone à l’annonce du Brexit, puis juste après, ceux faisant le choix de construire leur vie de famille en dehors de la capitale - comme nous - pour sauver les meubles avant l’arrivée d’un membre supplémentaire.
Chaque départ m’a fait réfléchir quant à la place que tiennent les Français du UK dans ma vie, comment gérer les liens à distance, ainsi que la façon dont j’aborde dorénavant les nouveaux départs. Aujourd’hui, je vous partage mes réflexions sur le sujet.
Cette édition est dédiée à mon amie Élodie à qui je souhaite dire « milles merci » : merci de m’avoir fait une place dans ton cercle bristolien, merci pour nos catch-ups du mercredi, merci pour les babysittings d’urgence, merci d’avoir partagé ton cœur sensible avec moi, et surtout, d’avoir encouragé mes projets - dont celui d’écrire – et d’avoir été l’une de mes premières abonnées❤️
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Le temps et l’expérience pourraient banaliser les départs des autres quand on vit à l’étranger. Pourtant, à moins de se forger un cœur de pierre, ça n’en reste pas moins éprouvant de voir quelqu’un faisant partie des petites joies du quotidien, des éléments fédérateurs d’un groupe et d’un réseau intime de soutien, poursuivre sa route ailleurs.
Lors de mes débuts en Grande-Bretagne, il existait un accord implicite entre Français. Une alliance forte laissant pourtant transparaître

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