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Fausto Giudice · Aug 19, 2026

De quel État parlons-nous lorsqu’il est incapable de protéger son peuple ?

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Fausto Giudice · Fausto Giudice

Union palestinienne d’Amérique latine (UPAL), 19 août 2026

Ce qui s’est passé à Qusra ne doit pas être réduit à un débat sur un drapeau hissé ici ou là.

Un citoyen palestinien, qui possède également la nationalité américaine, est revenu exprès des USA dans son village pour protéger sa maison et ses biens. Face à l’absence d’une protection palestinienne effective, il a décidé de hisser le drapeau des USA.

Ce n’est pas un motif de critique. Au contraire : ce qui doit nous indigner, ce n’est pas le drapeau qu’il a hissé, mais la réalité qui l’a conduit à le faire.

Car, après plus de trois décennies d’Oslo et un nombre incalculable de déclarations, d’accords, de conférences et de résolutions internationales, nous sommes toujours confrontés à la même question :

De quel État parlons-nous lorsque cet État est incapable de protéger un citoyen à l’intérieur même de sa propre maison ?

La Palestine bénéficie de la reconnaissance internationale d’une large majorité des pays du monde. Elle a le statut d’État observateur non membre aux Nations unies et est membre de nombreuses organisations internationales.

Et pourtant, toute cette reconnaissance semble rester sur le papier lorsqu’il s’agit de protéger les Palestiniens sur le terrain.

Où est la souveraineté ?

Où est la protection ?

Où est l’État lorsqu’un Palestinien est menacé sur sa propre terre ?

Où est-il lorsqu’un citoyen est contraint de s’appuyer sur une autre nationalité et sur le drapeau d’un autre État pour obtenir la protection que, en principe, son propre État devrait lui assurer ?

Et il y a quelque chose d’encore plus humiliant : qu’un policier palestinien puisse être soumis à des fouilles, à une surveillance ou à des restrictions imposées par une force militaire étrangère, alors que le discours officiel prétend que cette force n’exerce aucune autorité sur l’État palestinien.

Cela n’est pas la souveraineté. C’est exactement le contraire de la souveraineté.

Nous devons le dire clairement : plus de trente ans se sont écoulés depuis Oslo et, pourtant, ce processus n’a pas produit un État palestinien souverain.

Il n’a pas mis fin à l’occupation.

Il n’a pas garanti la liberté du peuple palestinien.

Il n’a pas arrêté l’expansion des colonies.

Et il n’a pas créé de mécanismes capables d’assurer une protection effective aux Palestiniens.

C’est pourquoi, lorsque Mahmoud Abbas parle de souveraineté, d’État et de droit international, il est nécessaire de confronter ces paroles à la réalité.

Car un État qui ne peut pas protéger son peuple, qui ne contrôle pas ses frontières, qui n’exerce pas un contrôle total sur son territoire et dont les citoyens restent soumis à une occupation militaire ne peut pas présenter la souveraineté comme si elle était une réalité établie.

La réalité contredit les discours.

Qusra le démontre une fois de plus.

Le problème n’est pas qu’un Palestinien ait hissé le drapeau usaméricain.

Le problème est que la Palestine reste incapable de garantir que le drapeau palestinien, à lui seul, suffise à protéger celles et ceux qui vivent sous lui.

Nous ne pouvons pas normaliser cette situation ni la traiter comme si elle était naturelle.

Le peuple palestinien n’a pas besoin d’une souveraineté sur le papier, ni d’une reconnaissance qui ne se traduise pas en droits, ni d’accords qui maintiennent indéfiniment la réalité de l’occupation.

Il a besoin de quelque chose de beaucoup plus simple et, en même temps, de beaucoup plus profond :

la liberté, la dignité, la sécurité, la justice et le droit réel de décider de son propre avenir.

Un Palestinien doit pouvoir vivre dans sa maison sans avoir besoin du drapeau d’un autre État pour se sentir en sécurité.

Il doit pouvoir marcher sur sa terre sans avoir à demander la permission à une puissance occupante.

Il doit pouvoir choisir librement ses représentants et construire ses institutions sur la base d’une véritable souveraineté nationale.

Il doit pouvoir décider de son avenir, comme n’importe quel autre peuple dans le monde.

Après des décennies d’occupation et un processus d’Oslo qui promettait une solution mais qui a fini par se transformer en une structure politique dépourvue de souveraineté effective, il ne suffit plus d’administrer l’absence de liberté.

La Palestine a besoin de liberté.

Et nous devons le dire sans ambiguïté :

Il n’y a pas de paix sans justice.

Il n’y a pas de justice sans liberté.

Il n’y a pas d’État sans souveraineté réelle.

Ce qui s’est passé à Qusra n’est pas un acte honteux de la part du Palestinien qui a hissé le drapeau usaméricain.

La véritable honte est qu’après plus de trois décennies, la Palestine n’ait toujours pas la capacité de le protéger.

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Read the original on faustotounsi.substack.com

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