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Clara Delétraz I Newsletter ENSEMBLE(S) · Apr 21, 2025

ENSEMBLE(S) : joyeuses Pâques... mais Pas que

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Clara Delétraz I Newsletter ENSEMBLE(S) · Clara Delétraz I Newsletter ENSEMBLE(S)

Temps de lecture : 10 minutes environ

Chers amis, chers inconnus,

Bien qu’athée (agnostique plutôt), je me fends d’une missive pour souhaiter de joyeuses Pâque(s) à… Tous les “PAS …QUE” !

Ce jeu de mot n’est pas de moi mais de la toujours très juste et inspirante Delphine Horvilleur, rabbin, interrogée sur France Inter en 2018.

On est tous faits de plusieurs strates d’identités : culturelles, religieuses, sociales, professionnelles, familiales etc.

Et tous, à un moment ou à un autre de notre vie, avons une part de nous qui a été niée, écartée, moquée, exclue.

Ces blessures identitaires, on y répond souvent de deux façons :

👉 soit on les tait, on les planque, on les enfouit.

👉 soit on a envie de les hurler, de les faire exister haut et fort.

Jusqu’à oublier parfois qu’on n’est PAS QUE ça.

Ce sont ces identités blessées qui peuvent parfois devenir meurtrières dont parle Amin Maalouf dans Les identités meurtrières que je suis en train de lire en ce moment (et que je vous recommande).

💥 L’idée principale du livre : Identité blessée + Instrumentalisation = cocktail explosif

Ce n’est pas l’identité en soi qui tue, c’est son instrumentalisation. —> Quand on dit à quelqu’un : "Tu es d’abord musulman / juif / chrétien / noir / français / blanc / homme / femme etc.", on rétrécit sa complexité.

Et c’est comme ça que naissent les identités meurtrières : exclusives, défensives, radicalisées.

C’est aussi l’instrumentalisation de ces identités blessées qui est à la source de la spirale de #polarisation, du “nous contre eux” dans laquelle on est en ce moment.

Bien sûr, toutes les blessures n’ont pas le même poids :

  • Certaines sont personnelles.

  • D’autres sont structurelles (nourries par la précarité, le racisme, le patriarcat, les discriminations systémiques).

Nous ne sommes donc pas tous blessés dans le même rapport au pouvoir.

Mais ce que je trouve intéressant, c’est ce qu’il y a d’universel dans ce vécu commun

↔️ on est tous des “pas que” et à un endroit, on sait tous ce que ça fait d’être réduit à une seule facette de soi, jugée, niée, mal comprise, écartée.

C’est peut-être là que peut naître une forme d’empathie plus vaste, non sélective.

Alors à tous nos “pas que…” Je vous souhaite qu’ils soient nombreux !

Clara

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Les 2 Fridas, Frida Kahlo

Prenez 5 minutes pour répondre à ces 3 questions.

1. Quelles sont les facettes de vous qu’on voit tout de suite ?
Celles qu’on vous attribue spontanément : votre genre, profession, lieu d’origine, religion, statut social, rôle dans la famille… Écrivez-les.

Puis ajoutez : … mais pas que.

2. Quelles facettes de vous sont invisibles, niées, blessées ?
Celles qui se voient moins, celles que vous cachez ou que vous avez dû mettre sous silence. Des douleurs, des talents, des origines, des passions, des colères…

3. La dernière fois qu’on vous a réduit à une seule chose, c’était quand ? Et qu’est-ce que ça vous a fait ?

Je vous propose un petit défi pour sortir de nos bulles d’empathie sélective.

👉 Choisissez une personne dans votre entourage — un parent, ami, collègue, voisin, un inconnu même — que vous avez peut-être déjà mis dans une case.
Et demandez-vous :

Qu’est-ce que je ne vois pas chez lui ou elle ? Quelles facettes de cette personne sont peut-être ignorées, ou blessées ?

Et si vous êtes chauds, demandez-lui à l’occasion : si on te disait ‘tu n’es pas que ça’, tu voudrais que ce soit à propos de quoi ? Qu’est-ce que peu de gens savent de toi, et que tu aimerais qu’on voit davantage ?

Ce n’est pas grand-chose.
Mais ce sont dans ces micros espaces, micro “failles”, que naît l’empathie non sélective.
Celle qui nous rappelle qu’on est tous des "pas que".

Ces 15 derniers jours, j’ai eu la chance de me balader à :

  • à Lyon aux JEDI (Journées de l'Immersif), la grand messe annuelle des professionnels des expériences immersives… Pour faire une conférence immersive sur cette question ENSEMBLE(S), mission impossible ? J’ai rencontré des gens incroyables qui ont créé des expériences artistiques dingues.

  • à Bruxelles à la fondation du Roi Baudoin pour faire vivre à 40 personnes l’expérience collective de dialogue transformant (2h30) que j’ai créée —> "PARLER ENSEMBLE(S)"

Le but de cette expérience collective ? (Re)Trouver l’envie d’avancer ENSEMBLE(S), même quand on n’appartient pas aux mêmes ensembles d’identités, opinions, parcours, métiers…

Comment ?
En ouvrant un espace et un moment qui n’existe nulle part ailleurs : une faille spatio-temporelle, dans laquelle des réalités parallèles peuvent se rencontrer.

Dans cette faille, des participants aux perspectives différentes sur un ou plusieurs sujets sont "matchés" pour dialoguer, dans un cadre sécurisé et sincère, où toutes les voix ont leur place et peuvent être vraiment entendues.

L'ambition ? Si les résultats se confirment, qu'un million de Français vivent cette expérience dans les mois et années à venir…

Les premiers résultats sont plus qu’encourageants. Dans les prochaines semaines, je continue à la tester et déployer dans différents contextes : dans 2 grosses entreprises sur des sujets complexes passionnants, auprès de professionnels du cinema, dans un village du sud de la France, à la Climate House à Paris les 14 mai et 25 juin (si ça vous dit d’en être à la Climate House faites moi signe)

Je vous en dis plus très vite !

À seulement 25 ans, Hugo a de quoi tous nous inspirer ! Il est parti un an en exploration pour répondre à cette question : à quoi ça tient l’art de faire communauté ? Il a plongé 1 an en immersion dans 11 communautés.
- Il a passé un mois avec les moines de l'île de Lérins,
- Il s'est immergé chez les Samis, le dernier peuple autochtone d'Europe,
- Ou encore dans une école dans la forêt,
Et bien d'autres aventures…
Il a cherché à vivre des expériences et comprendre en profondeur comment retrouver le sens du "Nous" et renouer avec la puissance du collectif.
Dans Faire Tribu, il partage un récit de ces immersions et de ses principaux apprentissages. Il en a ressorti 10 ingrédients / principes clefs.

À lire ! Et si vous l’invitez à faire une conférence dans votre boîte, il viendra avec un vrai… feu de camp 🔥

Si je simplifie, sa réponse est : ce n’est pas la politique qui polarise, c’est l’identité.

Il montre que la politique moderne n’est plus une affaire de débats d’idées ou de choix rationnels. C’est une affaire d’identité.

On ne vote plus pour un programme : on vote pour un camp, une tribu, une vision de soi.

Et donc, ce n’est pas “je pense ça donc je suis démocrate/républicain-de gauche, de droite…”
Mais plutôt : “Je suis démocrate/républicain-de gauche, de droite, donc je pense ça.”

Les positions viennent après l’identité.

Dans le focus de cette édition, retrouvez un résumé des principales analyses d’Ezra mais surtout les solutions qu’il propose. Et qui résonnent sacrément avec ce que j’essaie de faire avec ENSEMBLE(S).

C'est parti !

Sortir de nos bulles et combattre la fracturation de la société est un vaste sujet qui nous touche tous et toutes personnellement.
J’imagine que vous aussi vous avez plein de choses à me partager à ce sujet.
Et ça tombe bien car je rêve que cet espace devienne un véritable lieu de partage et de co-construction de mon futur livre et film.

Alors si ça vous tente, pour contribuer vous pouvez :

  • Écrire en commentaire vos retours d’expériences, vos ressources ou vos réactions. (Vous pouvez aussi le faire par mail à anywaysclara@gmail.com, j’essaie vraiment de répondre à tout le monde).

  • Liker la newsletter (toujours un plaisir de recevoir une petite notification 💙).

  • Partager cette newsletter autour de vous, c’est comme ça qu’on éveille les consciences et qu’on fait grandir le mouvement.

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Mercis par milliers 🙏

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